19 février → 20 février Ligue des champions - 1/8e de finale aller ⚽

Les ballets



  • Un petit mot sur la finale du prix de Lausanne à laquelle j’ai assisté samedi dernier (pour la quatrième fois consécutive, c’est mon péché mignon… 🙂 )

    A la différence de l’an dernier il n’y avait pas un super favori. L’an dernier, il y avait Shale Wagman, puis tous les autres, et la finale avait été conforme à cette évidence. Cette année, plusieurs favoris se sont dessinés pendant la semaine qui a précédé la finale. Il faut savoir que le prix de Lausanne a cette particularité unique qui veut que pendant la semaine qui précède la finale les candidats assistent à des cours de danse classique et contemporaine, ( et quels profs on leur donne ! Cette année, la professeure de danse classique était Mademoiselle Elisabeth Platel, la directrice de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris en personne… excusez du peu !), et ils répètent les variations qu’ils ont décidé de présenter avec bien souvent le créateur de la variation lui même. Tous les participants à ce concours disent que c’est une expérience extraordinaire pour eux que de vivre cette semaine à Lausanne.

    La finale de cette année a été d’un niveau exceptionnel. Je suis toujours étonné, et admiratif, devant des gamines et gamins capables de produire à leur âge ce qu’ils font. La partie classique (chacun présente une variation classique, puis une variation contemporaine) a été globalement époustouflante. La partie contemporaine, quant à elle, a été beaucoup plus sélective et elle a permis de se forger une opinion. Pour ma part, je suis assez fier de mon pronostic : après la fin de la compétition, pendant que le jury délibérait, j’avais dit à l’ami danseur qui m’accompagnait, “je pense que ça jouera entre elle et lui, et je crois qu’elle sera la première et lui le deuxième”. Bingo ! Ce fut exactement le résultat ! Je suis trop fort ! :ahah:

    Mademoiselle Mackenrie Brown (USA) a emporté le prix du public, le prix de l’interprétation contemporaine et le premier prix. Un carton ! Mon Dieu, le regard qu’elle avait !, le don de soi total, absolu était dans ses yeux, c’était renversant ! Comme l’a dit Noureev, la danse est une technique mais elle est aussi, et peut être avant tout, un regard. Quel regard avait cette jeune fille ! Ce regard d’une intensité incroyable a certainement contribué à son triomphe lors de cette édition.

    La voici dans ses variations classiques et contemporaine lors de cette finale.


    Le deuxième a été Gabriel Figueredo du Brésil. Plusieurs commentateurs de danse lui promettaient la victoire, il a fait deuxième. Ce gamin allie une technique hors pair à un physique étrange, un physique de héron qui lui donne une grâce et en même temps une fragilité qui lui confèrent un charisme très particulier. Le public l’a beaucoup aimé. A propos de sa variation classique, une polémique se développe cependant aujourd’hui à cause de son “Six o’clock” de la trente deuxième seconde. "Un six o’clock chez un garçon - quand la jambe monte à la hauteur de l’oreille - C’est d’un vulgaire ! :lecid: " Parfois, les amateurs de danse me font très peur et j’ai la ferme intention de ne jamais leur ressembler, de toujours rester le branleur que je suis en cette matière…

    La capture d’écran du “Six o’clock” en question…

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    Pour sa variation contemporaine, Gabriel Figueredo avait choisi le très casse gueule “Chroma” de Waine McGregor. C’est casse gueule car si cette variation n’est pas interprétée avec une profondeur d’âme, elle est parfaitement soporifique (pour ne pas dire carrément chiante ! :mrgreen: ) ! Comme Shale Wagman, qui avait choisi la même l’année dernière, il a emballé ce “Chroma” avec un talent et une intensité qui l’ont propulsé au sommet. Il aurait pu faire premier, mais bon, il y avait le regard de la lumineuse Mackenzie… ❤

    Voici Gabriel Figueredo dans ses variations classique et contemporaine :


    Et puis bien sur… :ahah:

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