Interdire à ses enfants ce qu'on a fait



  • J’ouvre ce topic suite à un débat que j’avais avec ma coloc
    Je parlais du fait que j’avais trouvé hypocrite de la part de ma mère de m’engueuler pour avoir fumé des joints en soirée (quand j’avais 18 ans) alors qu’elle en fumait bien plus à mon âge
    Ma coloc me disait qu’à sa place elle aurait fait pareil et que quand on est parent on doit être responsable de ses enfants et ne pas les laisser reproduire nos bêtises

    Et vous de manière plus générale comment vous positionnez-vous (pas que par rapport à la drogue) ? Que vous ayez des enfants ou non pensez vous que c’est hypocrite ou vous partagez plutôt le point de vue de ma coloc ? 😉



  • Ici on a choisi d’éduquer ; pas interdire, pas autoriser.
    On apporte des connaissances et des compétences et elles choisissent, font et feront leur choix.
    Evidemment, cette prise autonomie est progressive.
    Faire des choix à 2 ans et à 5 et à 10 et à 13 ans etc jusqu’à 20 ans, ça recouvre pas les mêmes “domaines”.
    .
    Ici rapport aux drogues (légales et illégales) par exemple, on préfère briefer sécurité routière et expliquer les mécanismes d’addictions qui nécessitent de la vigilance, et qqs mises en garde particulière pour les produits craignos pas fiable.



  • J’ai pas d’enfants donc difficile à dire sans être dans le cas. Mais par contre quand je rapprochais ça à mes parenrs leur excuse c’était : justement on a fait l’erreur donc on parle avec expérience :lecid:

    Et oui c’est mieux de discuter, prévenir que interdire ça produit souvent l’effet contraire.



  • C’est aussi partir du principe qu’elles feront leurs erreurs, leurs conneries



  • @printemps a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    Ici on a choisi d’éduquer ; pas interdire, pas autoriser.
    On apporte des connaissances et des compétences et elles choisissent, font et feront leur choix.
    Evidemment, cette prise autonomie est progressive.
    Faire des choix à 2 ans et à 5 et à 10 et à 13 ans etc jusqu’à 20 ans, ça recouvre pas les mêmes “domaines”.
    .
    Ici rapport aux drogues (légales et illégales) par exemple, on préfère briefer sécurité routière et expliquer les mécanismes d’addictions qui nécessitent de la vigilance, et qqs mises en garde particulière pour les produits craignos pas fiable.

    Je suis tout à fait d’accord avec toi 🙂 Mon avis était qu’il vaut mieux prévenir des dangers de la drogue que de l’interdire



  • @lolly0608 a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    J’ai pas d’enfants donc difficile à dire sans être dans le cas. Mais par contre quand je rapprochais ça à mes parenrs leur excuse c’était : justement on a fait l’erreur donc on parle avec expérience :lecid:

    Et oui c’est mieux de discuter, prévenir que interdire ça produit souvent l’effet contraire.

    Oui mais on a souvent un avis sur comment on voudra faire quand on aura des enfants (si on en veut)

    Ahah oui cet argument insupportable 😉



  • Interdire un truc a quelqu’un ne sert souvent a rien car la personne peut le faire en cachette. Aussi, plus un truc est interdit,plus il attire.
    Le mieux est de conseiller, d’avertir sur les dangers et risque. Ainsi, la personne se méfie.
    Après c’est vrai que le meilleur prof est l’expérience. Parfois si l’enfant a envie d’essayer des trucs et se casser la gueule pour ne plus reprendre, il faut le laisser faire ou le suivre de près pour qu’il aille pas trop loin non plus lors de l’essai



  • @heureuse8 a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    Interdire un truc a quelqu’un ne sert souvent a rien car la personne peut le faire en cachette. Aussi, plus un truc est interdit,plus il attire.
    Le mieux est de conseiller, d’avertir sur les dangers et risque. Ainsi, la personne se méfie.
    Après c’est vrai que le meilleur prof est l’expérience. Parfois si l’enfant a envie d’essayer des trucs et se casser la gueule pour ne plus reprendre, il faut le laisser faire ou le suivre de près pour qu’il aille pas trop loin non plus lors de l’essai

    ça c’est très vrai aussi ^^ les parents ont beau interdire, tout ce que ça fait c’est que les ados le font en cachette ^^


  • Animateurs

    Moi ca ne me choque pas que des parents interdisent quelque chose basé sur leur expérience, parce que pour moi les parents sont justement la pour guider leurs enfants pour savoir ce qui est dangereux/illegal/mal vu en société. Ca donne des sortes de limites qui font qu’on sait clairement ce qui est a risque. Ca n’empeche pas chaque enfant de ne pas tenir compte de ces interdictions et de faire leur expérience par eux-meme, mais en connaissance de cause. L’autorité des parents est la a la fois pour guider l’enfant dans ses choix et ses découvertes, mais aussi pour limiter sa mise en danger. Par contre il faut évidemment que ces interdictions soient accompagnées d’explications, pour que l’enfant sache pourquoi c’est interdit.

    Apres je suppose que ca dépend de l’age de l’enfant, et de sa personnalité aussi. Par exemple quand j’étais gamine on me disait juste “il faut pas faire ca car c’est dangereux parce que si, ca…” et j’obeissait sans avoir besoin d’interdire les choses a proprement parler. Ce type de discours ne marchait pas sur mes freres et soeurs, qui n’en avaient rien a faire. Le seul truc qui marchait avec eux c’était l’interdiction ferme et la punition (et encore :lecidacouette: )

    Moi je trouve ca un peu hypocrite au contraire de dire qu’on va laisser ses enfants tout faire sans broncher, sur le pretexte qu’ils doivent faire leurs propres erreurs: on va pas laisser son enfant mettre sa vie en danger, ou devenir un crimininel, sans rien dire, juste pour qu’il soit libre de faire ses choix. Un parent a des bases a poser pour assurer la sécurité de son enfant, et selon l’expérience de chacun, on ne voit pas forcement les dangers/les limites au memes endroits.



  • @silmaril a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    Moi ca ne me choque pas que des parents interdisent quelque chose basé sur leur expérience, parce que pour moi les parents sont justement la pour guider leurs enfants pour savoir ce qui est dangereux/illegal/mal vu en société. Ca donne des sortes de limites qui font qu’on sait clairement ce qui est a risque. Ca n’empeche pas chaque enfant de ne pas tenir compte de ces interdictions et de faire leur expérience par eux-meme, mais en connaissance de cause. L’autorité des parents est la a la fois pour guider l’enfant dans ses choix et ses découvertes, mais aussi pour limiter sa mise en danger. Par contre il faut évidemment que ces interdictions soient accompagnées d’explications, pour que l’enfant sache pourquoi c’est interdit.

    Apres je suppose que ca dépend de l’age de l’enfant, et de sa personnalité aussi. Par exemple quand j’étais gamine on me disait juste “il faut pas faire ca car c’est dangereux parce que si, ca…” et j’obeissait sans avoir besoin d’interdire les choses a proprement parler. Ce type de discours ne marchait pas sur mes freres et soeurs, qui n’en avaient rien a faire. Le seul truc qui marchait avec eux c’était l’interdiction ferme et la punition (et encore :lecidacouette: )

    Moi je trouve ca un peu hypocrite au contraire de dire qu’on va laisser ses enfants tout faire sans broncher, sur le pretexte qu’ils doivent faire leurs propres erreurs: on va pas laisser son enfant mettre sa vie en danger, ou devenir un crimininel, sans rien dire, juste pour qu’il soit libre de faire ses choix. Un parent a des bases a poser pour assurer la sécurité de son enfant, et selon l’expérience de chacun, on ne voit pas forcement les dangers/les limites au memes endroits.

    Evidemment on ne va pas laisser son enfant devenir criminel ou se mettre en danger

    Mais par rapport à mon exemple, penses-tu que laisser un jeune ado (entre 16 et 18 ans par exemple) fumer un joint en soirée avec ses potes c’est le laisser mettre sa vie en danger ?
    Surtout quand tu l’as fait toi-même et que tu sais que ça peut facilement rester dans un cadre festif sans déborder


  • Le Club des Vieux

    @printemps a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    Ici on a choisi d’éduquer ; pas interdire, pas autoriser.
    On apporte des connaissances et des compétences et elles choisissent, font et feront leur choix.
    Evidemment, cette prise autonomie est progressive.
    Faire des choix à 2 ans et à 5 et à 10 et à 13 ans etc jusqu’à 20 ans, ça recouvre pas les mêmes “domaines”.
    .
    Ici rapport aux drogues (légales et illégales) par exemple, on préfère briefer sécurité routière et expliquer les mécanismes d’addictions qui nécessitent de la vigilance, et qqs mises en garde particulière pour les produits craignos pas fiable.

    C’est bien mieux ce système, ça ne sert à rien d’interdire bêtement, c’est souvent la faiblesse des parents ça. Interdire pour interdire. Ben ça donne envie d’outrepasser l’interdiction.


  • Animateurs

    @mrsrakoon Je sais pas, je suis peut-etre vieux jeu, mais moi ca m’aurait choquée que mes parents me disent “oui, vas-y, va fumer un truc illegal, c’est pas grave!”. Pour moi c’est comme autoriser un ado (mineur) a boire de l’alcool n’importe ou, avec n’importe qui, dans n’importe quelle quantité.

    Tout dépend de l’expérience qu’on en a, et moi, avec mon expérience, je ne considere pas que fumer des joints soit une pratique clairement “sans danger”, au meme titre que boire de l’alcool. Donc personnellement je pense qu’il sera de ma responsabilité de mettre en garde mes enfants contre les dangers de ces pratiques, et si besoin, l’interdire si mes enfants ne sont pas assez matures pour avoir un comportement responsable a ce niveau.



  • Parfois tu diras les risques a la personne en face et lui même dira que alors jamais il ne va s’y mettre.
    Mais en disant n’appuie jamais sur ce gros bouton rouge qui brille, il le fera


  • Animateurs

    @heureuse8 Ben oui, mais tout dépend de la personnalité de la personne. Il y a des personnes a qui tu enumere les risques ils vont te dire “je m’en fou” et le faire quand meme.

    C’est pour ca que je trouve que combiner explications avec interdiction ca permet que le message soit clair et net, et que l’enfant sache clairement ce que ses parents considerent comme adapté a leur age ou non, et pourquoi.



  • @silmaril a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    @mrsrakoon Je sais pas, je suis peut-etre vieux jeu, mais moi ca m’aurait choquée que mes parents me disent “oui, vas-y, va fumer un truc illegal, c’est pas grave!”. Pour moi c’est comme autoriser un ado (mineur) a boire de l’alcool n’importe ou, avec n’importe qui, dans n’importe quelle quantité.

    Tout dépend de l’expérience qu’on en a, et moi, avec mon expérience, je ne considere pas que fumer des joints soit une pratique clairement “sans danger”, au meme titre que boire de l’alcool. Donc personnellement je pense qu’il sera de ma responsabilité de mettre en garde mes enfants contre les dangers de ces pratiques, et si besoin, l’interdire si mes enfants ne sont pas assez matures pour avoir un comportement responsable a ce niveau.

    Justement de mon point de vue le plus intelligent c’est d’expliquer les dangers de la drogue en disant qu’il faut pas fumer avec des gens qu’on connait pas et qu’il faut que ça reste dans un cadre festif
    Pareil pour l’alcool on peut laisser boire son ado en le mettant en garde de savoir ce qu’il y a dans son verre et en le mettant également en garde sur les quantités et les jeux d’alcool

    Si on interdit, le jeune risque de le faire en cachette et sans en connaître les dangers
    Après pour l’alcool mon avis c’est qu’on apprend à se fixer des limites avec les cuites qu’on prend x)


  • Animateurs

    L’ironie c’est que je ne suis pas convaincue qu’interdire les choses soit plus efficace que simplement expliquer les risques, mais j’ai juste une vision du parent qui pour moi doit avoir un discours clair, et responsable. J’arrive pas a visualiser un parent qui dit a son ado “vas-y, va fumer/picoler, fais-toi plais!”, notamment quand cela concerne des trucs illegaux.

    Mais j’imagine que quand tu eleves un enfant, tu le connais suffisament pour voir a quel moment dans son education il est devenu assez mature pour prendre ce genre de decisions basées sur des explications, un peu comme disait @Printemps :hum:



  • Je precise que ça s’inscrit dans un global ; une éducation, je ne la vois pas comme plusieurs “points” à “traiter”.
    Cette façon de ne pas interdire ou ne pas autoriser implique que sur d’autres aspects de l’éducation on les laisse se responsabiliser. Ce qui passe forcément par des “conséquences désagréables” vécues du fait de choix antérieurs.
    Ça se passe en amont et pendant ce “point” aborder (le sujet du topic).
    .
    Mes filles savent que ce qui est obligatoire ne signifie pas qu’elles sont obligées de.
    Mais que ça signifie conséquences si pas effectué, réalisé.
    Idem pour ce qui est interdit. Rien n’interdit de passer outre. Mais elles doivent savoir / connaître les conséquences.
    .
    Ainsi, elles savent par exemple qu’elles peuvent voler dans un magasin si elles veulent, si l’envie leur prend.
    Elles savent aussi les conséquences.
    Elles pèsent donc le pour et le contre.
    Et préfèrent (pour l’instant ?) s’abstenir car ça fait beaucoup d’emmerdes pour pas grand chose.
    .
    Idem pour la ponctualité. Plus jeunes, elles ont souvent été en retard, “partout”.
    Aujourd’hui , elles sont toujours prêtes à l’heure, n’ont plus de flemmagite pour l’école (trop chiant de rattraper les cours).
    .
    Ni obliger, ni interdire, ni autoriser (dans le sens où certaines choses ne dépendent que d’elles mêmes et je n’ai pas mon mot à dire).
    .
    Ces exemples hors sujet pour préciser le “global”.



  • @silmaril a dit dans Interdire à ses enfants ce qu'on a fait :

    L’ironie c’est que je ne suis pas convaincue qu’interdire les choses soit plus efficace que simplement expliquer les risques, mais j’ai juste une vision du parent qui pour moi doit avoir un discours clair, et responsable. J’arrive pas a visualiser un parent qui dit a son ado “vas-y, va fumer/picoler, fais-toi plais!”, notamment quand cela concerne des trucs illegaux.

    Mais j’imagine que quand tu eleves un enfant, tu le connais suffisament pour voir a quel moment dans son education il est devenu assez mature pour prendre ce genre de decisions basées sur des explications, un peu comme disait @Printemps :hum:

    Quand j’étais ado, tous on buvait et fumait en soirée
    99 % des parents tenaient ce discours, leurs enfants le faisaient en cachette
    J’étais la seule à être honnête avec mes parents (mon meilleur ami aussi mais ses parents laissaient faire), quand j’ai dit à ma mère que j’avais fumé un joint, elle m’a engueulé, dit que j’étais irresponsable et pas digne de confiance et m’a interdit de le refaire
    Je trouvais ça très injuste et si dommage qu’elle ne se rende pas compte que si justement, grâce à ma franchise elle pouvait me faire confiance
    Au final j’ai continué à le faire mais j’ai plus eu envie de me confier à elle

    Je me suis toujours dit que si un jour j’ai un enfant qui agit comme je l’ai fait je devais pas répéter son erreur et instaurer une relation de confiance entre nous, c’est si rare
    Elle a juste gâché de nombreuses années à se battre avec moi en vain, et ça abîme une relation ce genre de choses

    D’où le fait que 98 % des ados mentent pour avoir la paix x)


  • Animateurs

    @mrsrakoon Je suis assez d’accord avec toi mais je pense qu’il y a des ages ou un enfant/ado a besoin de limites et de regles claires et bien definies, et un age ensuite ou il est suffisament mature pour se faire ses propres expériences. Pour moi, c’est le role d’un parent que de tenter d’identifier au mieux a quel moment ils peuvent laisser leur enfant faire ses choix/experiences par lui-meme. Ca dépend de la maturité de l’enfant, mais aussi de l’entourage qu’il a.

    Et a mon avis, de mon vécu, un parent ne devrait pas donner la benediction a un ado pour aller picoler/fumer des joints chez des gens, sans aucune supervision adulte, car il y a des risques, et parce que cela donne l’impression a l’enfant que ces pratiques sont banales et sans reel danger.



  • J’ajoute un truc qui me semble important : il nous semble (leur père et moi) impérieux qu’elles puissent se sentir suffisamment décontractées vis à vis de nous en cas de nécessité : consommation de produit qui nécessiterait un “appel au secours” qu’elles ne devront pas hésiter à passer (l’appel).
    Et on les brief aussi sur cet aspect.
    .
    Il y a donc la conso d’une part, mais le comportement lié à la conso aussi d’autre part (savoir gérer s’il y a conso).


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