Traumatismes, phobies, troubles



  • Hello les Rebooteux,

    J’étais chez mon frère l’autre jour, et j’ai durement réalisé l’impact du vécu de mon frère sur son quotidien, impact que je ne pensais pas aussi énorme.
    Mon frère a été agressé plusieurs fois, notamment dans les transports en commun. C’était toujours pour une histoire de vol, parfois en bande, parfois à l’arme blanche… Bref, des expériences assez traumatisantes qui expliquent que, depuis qu’il a quitté le lycée, il refuse catégoriquement de prendre les transports en commun. S’il se déplace, c’est en voiture, sinon, il ne se déplace pas.
    C’est une réaction que j’ai toujours trouvée totalement compréhensible. Après autant d’agression, il est difficile de ne pas se sentir cible permanente.
    Alors voilà, dans son entourage, c’est un fait. Si on va à Paris en transports en commun, même si c’est pour faire un truc qui rockerait son world, il ne viendra pas. Tout le monde l’accepte et le comprend. Et évidemment, on aimerait qu’un jour, il parvienne à surmonter ça.

    Je pensais que le soucis s’arrêtait là, qu’il bloquait devant les transports et c’était tout. Mais le week-end dernier, j’étais, comme je le disais, chez lui. Il a reçu un texto l’avertissant qu’on venait de livrer au point relais un paquet qu’il avait commandé. Dans ce paquet, un jeu de société auquel nous voulions justement jouer. Le point relais se trouvant dans la résidence, banco, on y va ensemble, ça nous fait prendre un peu l’air. Il fait beau, les oiseaux chantent, tout est parfait.
    Il y a juste le parc de la résidence à traverser. Aller-retour, sans compter le temps passé au magasin, 5 minutes. Et à chaque fois qu’on croisait quelqu’un, il était flippé. Du genre à passer de l’autre côté de sa meuf pour ne pas croiser directement la mama de 50 piges, du genre à accélérer le pas en voyant un gars un peu baraqué, du genre pas tranquille. Flippé, limite terrorisé, quoi. C’est la première fois que je le vois comme ça, clairement mal, avec un besoin de rentrer au plus vite, et le soulagement sur son visage une fois refermée la porte de son appartement.
    Ça m’a choquée. Je ne pensais pas qu’il avait été traumatisé à ce point, et encore moins que 10-15 ans plus tard, c’était toujours aussi prenant.

    Et je me suis sentie super démunie. Je lui ai demandé s’il était allé voir un psy, il ne se sent pas prêt à le faire. Pourtant, je me dis que ça l’aiderait tellement. Il est totalement acculé par ses peurs, ça fait mal au coeur.

    Donc, mes questions sont les suivantes :
    Avez-vous déjà vécu une situation similaire, ou connaissez vous quelqu’un qui l’a vécu ? Quelles solutions avez-vous trouvées ? Des exercices ou des conseils pour aider à surmonter au moins un peu ce genre de choses ?



  • Comment il fait dans la vie de tous les jours ? Il travaille ?

    Sinon pour répondre aux questions j’ai jamais vécu quelque chose de semblable, le seul mec à m’avoir agressé physiquement fait aujourd’hui partie de ma famille mais ça c’est une autre histoire et c’est réglé :sleep:

    Mon frère s’est fait agressé et voler sa montre dans le métro quand il avait genre 16-17 ans, et ça l’a suffisamment marqué pour qu’il ne sorte plus le soir durant au moins les 5 années suivantes.
    Mais il a surmonté son appréhension tout seul avec le temps, et il a depuis énormément gagné en confiance, aujourd’hui il a plus aucun souci. C’était un jeune réservé et solitaire, qui ne se confiait pas, du coup on a aucune idée avec mes parents de comment il a géré le truc tout seul, mais il l’a bien géré.

    Ton frère a une réaction quand même totalement démesurée, la seule chose que je lui conseillerais c’est d’essayer de surmonter sa peur en faisant des petites promenades en s’éloignant de plus en plus de chez lui, mais bon je suis pas psy. Il devrait voir quelqu’un et en parler, ça doit sérieusement lui gâcher la vie.



  • Punaise c’est sûrement le message le plus long que j’ai jamais posté ça.



  • @ptitbordel a dit dans Traumatismes, phobies, troubles :

    Punaise c’est sûrement le message le plus long que j’ai jamais posté ça.

    Pour le plaisir :
    :pave2:



  • :ahah:



  • @ptitbordel a dit dans Traumatismes, phobies, troubles :

    Comment il fait dans la vie de tous les jours ? Il travaille ?

    Sinon pour répondre aux questions j’ai jamais vécu quelque chose de semblable, le seul mec à m’avoir agressé physiquement fait aujourd’hui partie de ma famille mais ça c’est une autre histoire et c’est réglé :sleep:

    Mon frère s’est fait agressé et voler sa montre dans le métro quand il avait genre 16-17 ans, et ça l’a suffisamment marqué pour qu’il ne sorte plus le soir durant au moins les 5 années suivantes.
    Mais il a surmonté son appréhension tout seul avec le temps, et il a depuis énormément gagné en confiance, aujourd’hui il a plus aucun souci. C’était un jeune réservé et solitaire, qui ne se confiait pas, du coup on a aucune idée avec mes parents de comment il a géré le truc tout seul, mais il l’a bien géré.

    Ton frère a une réaction quand même totalement démesurée, la seule chose que je lui conseillerais c’est d’essayer de surmonter sa peur en faisant des petites promenades en s’éloignant de plus en plus de chez lui, mais bon je suis pas psy. Il devrait voir quelqu’un et en parler, ça doit sérieusement lui gâcher la vie.

    Il travaille oui, mais dans sa vie professionnelle, il n’a accepté de jobs qu’uniquement s’il lui était possible d’y aller en voiture. Après, il n’est pas renfermé ou quoi que ce soit dans sa vie quotidienne. C’est juste qu’il ne réussit plus à se réapproprier la voie publique, j’ai envie de dire. Et je pense que si nous ne l’avions pas accompagné cet après-midi là, il ne serait pas allé chercher son truc.

    Sa réaction, je pense, a été exacerbée par autre chose : le fait qu’il a été élevé dans l’idée qu’il ne valait rien (merci papa :love:), et qu’il n’a donc, de base, qu’une confiance en lui-même très limitée, voire, il y a quelques années, inexistante. Donc si par-dessus, tu te fais agresser quatre fois, et à chaque fois de façon assez violente (Ca n’a jamais été des vols à l’arrachée, y’a toujours eu une confrontation. Une fois, ils ont pointé un couteau sur lui, on pris sa carte d’ID et lui ont dit que s’il mouftait, ils viendraient le finir chez lui), c’est sûr que ça laisse des séquelles.

    Après, comme je le disais, je ne pensais pas que c’était toujours à ce point-là. Je pense que ça lui ferait un bien fou d’aller consulter un psy, mais je ne peux pas l’obliger…



  • Déjà si à la base il avait pas confiance en lui ça devait forcément se voir, pas étonnant que se soit un aimant à agressions.
    Les mecs qui font ça savent très bien cibler leurs victimes potentielles.
    Comme tu dis il faut qu’il se réapproprie la voie publique, mais oui tu peux pas le forcer à aller voir quelqu’un qui pourra l’aider.

    Et lui proposer des sorties avec sa copine et toi, un peu comme la petite course que vous avez fait ? Vraiment vite fait et pas loin, juste pour le confronter à sa peur et pisser contre le vent comme dirait Joey Tribbiani ?

    C’est le frère qu’on a vu chez toi ? Effectivement à le voir on se doute pas un instant qu’il est traumatisé comme ça dehors, ça se voit absolument pas.


  • Admin

    Avec @Yorgat, en allant au Hellfest en 2012, on a assisté à un accident de la route très lourd qui a fait deux morts, + un veuf qui a vu sa femme mourir devant lui. Je n’ai pensé qu’à ça pendant plusieurs jours, pendant et après le fest, et je ne pouvais plus m’arrêter mettre de l’essence sans chercher une voiture qui m’arriverait dessus.

    Et un an plus tard, j’ai fait une petite dépression pendant environ 3 semaines, pendant laquelle j’étais en flip total dès que je prenais la voiture. A chaque voiture qui arrivait en face, à chaque virage, j’imaginais un accident arriver, c’était invivable, surtout que je devais conduire très régulièrement.
    D’ailleurs, pour ceux qui étaient là, ça a commencé juste avant le comto en Ardèche, et j’ai très mal dormi ce week-end là car j’entendais les crissements de pneus des voitures dans le virage pendant que vous faisiez l’after dehors.

    Au final, ça ne s’est arrêté que parce que mon ex m’a largué et que j’ai changé de préoccupations… J’y repense de temps en temps mais pas à ce point.



  • @Ao

    J’hesite à repondre franchement à ton post d’ouverture, mais ça me parait absolument indispensable que ton frere aille voir un psy. C’est franchement pas un aussi grand pas à faire pour lui. Il va voir son generaliste, et lui demande de lui recommander un psy. Mais les traumas, ça part pas tout seul, non traités ça reste une plaie beante qui peut devenir de plus en plus profonde avec le temps.
    Donc c’est pas juste en mettant le nez dehors qu’il “guerira”.



  • Idéalement et dans un premier temps c’est même un psycho TCC qu’il faut essayer de trouver, mais faut vraiment que la personne soit prête à franchir le pas. Ensuite ça peut-être intéressant de commencer à faire un travail psychothérapeutique voire analytique, selon la personnalité du patient.

    Bon, c’est facile de donner des conseils pour moi qui suis ochlophobique, mais ça ne me gêne pas au quotidien pour vivre normalement, juste dans certaines situations et à certaines occasions.
    J’ai peur des animaux morts aussi, mais je sais pas comment ça peut s’appeler (zoothanatophobie ?), et ça me gêne pas non plus dans mon quotidien.



  • @DrRictus a dit dans Traumatismes, phobies, troubles :

    @Ao

    J’hesite à repondre franchement à ton post d’ouverture, mais ça me parait absolument indispensable que ton frere aille voir un psy. C’est franchement pas un aussi grand pas à faire pour lui. Il va voir son generaliste, et lui demande de lui recommander un psy. Mais les traumas, ça part pas tout seul, non traités ça reste une plaie beante qui peut devenir de plus en plus profonde avec le temps.
    Donc c’est pas juste en mettant le nez dehors qu’il “guerira”.

    Évidemment que le psy est la meilleure solution, mais je rejoins complètement @Chibi sur la question. S’il n’est pas volontaire pour le faire, ça ne sert à rien. Il va se braquer, et ça ne fera qu’empirer les choses car, après, il ne voudra plus jamais travailler avec un psy.
    Dans un premier temps, moi, ce que j’ai envie de faire, c’est de lui montrer qu’un psy, ce n’est pas un big deal. D’essayer de lui donner confiance en ce qu’un travail avec un psy peut accomplir, mais sans trop insister non plus pour ne pas être envahissante. Ça va prendre du temps, mais clairement, moi c’est par là que je veux l’orienter.

    @Chibi C’est quoi un psycho TCC ?



  • @Ao, les TCC sont les thérapies cognitivo-comportementales, c’est-à-dire une méthodo qui travaille directement sur les causes du comportement pathologique.
    Donc en cas de phobie, le psycho va travailler par différentes techniques de mises en situation et de verbalisation sur la phobie, en faisant prendre conscience de ce qui peut causer ces peurs irraisonnées, les affronter et réintroduire du normal à la place du pathologique.

    Concrêtement, pour moi qui suis plutôt de la branche psychopatho/psychanalyse, ça ne fait que déplacer le symptôme, donc la TCC n’est pas suffisante, mais elle me semble indispensable, au moins dans un premier temps, dans ce genre de situation pour mettre la personne en confiance sur ses capacités de réadaptation.


  • Team

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  • -_-


  • Team

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  • Alors -2 !


  • Team

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  • C’est toi qu’a commencé -_-



  • @Suspi a dit dans Traumatismes, phobies, troubles :

    Avec @Yorgat, en allant au Hellfest en 2012, on a assisté à un accident de la route très lourd qui a fait deux morts, + un veuf qui a vu sa femme mourir devant lui. Je n’ai pensé qu’à ça pendant plusieurs jours, pendant et après le fest, et je ne pouvais plus m’arrêter mettre de l’essence sans chercher une voiture qui m’arriverait dessus.

    Et un an plus tard, j’ai fait une petite dépression pendant environ 3 semaines, pendant laquelle j’étais en flip total dès que je prenais la voiture. A chaque voiture qui arrivait en face, à chaque virage, j’imaginais un accident arriver, c’était invivable, surtout que je devais conduire très régulièrement.
    D’ailleurs, pour ceux qui étaient là, ça a commencé juste avant le comto en Ardèche, et j’ai très mal dormi ce week-end là car j’entendais les crissements de pneus des voitures dans le virage pendant que vous faisiez l’after dehors.

    Au final, ça ne s’est arrêté que parce que mon ex m’a largué et que j’ai changé de préoccupations… J’y repense de temps en temps mais pas à ce point.

    Tu penses que ce truc t’as vraiment marqué ou alors c’était une accumulation de stress et frustrations ? T’en as déjà causé à un psy ?


  • Banni

    j’ai développé de la phobie sociale y a 4/5 ans, suite à un ptit passage à vide. Je ne pouvais plus sortir, ni voir des gens, la foule, le bruit sans me taper des crises d’angoisses + journées entières à dormir. A la fin je faisais plus que ça.

    Je me suis fait internée trois semaines, j’ai vu des psychiatres, pris des médocs pendant des mois . Pas vraiment de progrès. un zombie.

    Après je ne comprends pas ce qui s’est passé dans ma tête. J’ai tout largué d’un coup. J’ai démissionné de mon taf, largué mon mec, coupé les ponts avec mes amis, stoppé le psy, les médocs et je suis retourné chez ma mère.

    je me suis délester de tout ce qui m’empêchait d’aller mieux.

    Je me suis inscrite sur un forum de discussion, forcée à sortir tous les jours pour faire le tour du quartier, acheter du pain. Et quand je me suis sentie un peu mieux, je me suis inscrite dans une salle de sport. (par contre jamais sans mes écouteurs)

    Et puis la reprise du taf, les sorties… ça a été progressif.

    bon je suis toujours une personne évitante, je fatigue vite dans les relations sociales mais y a du mieux.

    Peut être que pour se débarrasser de certaines choses (drogues, peur, etc…) , la première étape c’est de le vouloir vraiment :hum:

    sinon j’ai peur du noir et du vide



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