Le côté obscur des Lumières (Rousseau vs têtes de fion)



  • Alors là les enfants, on s’attaque à du lourd, un énorme mythe de notre société laïque : la philosophie des Lumières. J’vais pas faire long, cette présentation est davantage un amas d’arguments qu’une présentation qui se suffirait à elle-même, donc comme le dirait n’importe quel professeur compétent : PARTICIPEZ OU J’VOUS LATTE LES COUILLES !

    1.) Les lumières, késésécenséhêtre ?

    Basiquement, les Lumières désignent un mouvement intellectuel s’étalant de la fin du XVIIème à la fin du XVIIIème siècle. Ce mouvement intellectuel est caractérisé par le rejet de l’obscurantisme, de la superstition et de l’irrationalité. Alors bien sûr, les Lumières vont principalement s’en prendre à deux institutions censées se baser sur de l’obscurantisme et de l’irrationalité : le système politique et la religion. Représentées par de célèbres philosophes comme Diderot, Hume, Buffon, et d’autres moins intéressants comme Voltaire ou Spinoza (attaque sournoise qui supprime le bouclier de la cible et fait 200 points de dommage).

    Bon okay, on a tous étudié ça à l’école ; Voltaire, Diderot et Rousseau, défenseurs de la liberté et de la rationalité, combattant main dans la main contre l’obscurantisme religieux et le despotisme de l’époque. Révolutionnaires dans l’âme, les penseurs des Lumières ont fait passer l’Europe de l’ère monarchique à l’ère démocratique, de l’obscurantisme à la rationalité. En bref, ils ont éclairé le monde en nous montrant la lumière, et ce au péril de leur vie et de leur liberté !

    Mais comme je l’ai dit, ceci est un mythe !

    2.) Ce qu’ont vraiment été les Lumières

    Qu’on se le dise tout de suite, l’image des encyclopédistes risquant la prison (ayant même été emprisonnés pour certains) est totalement romancée. La réalité historique est bien différente. Regardons Diderot par exemple, emprisonné à Vincennes pour ses écrits très virulents envers la religion ; ben en réalité, le type n’a passé que trois mois dans une prison dorée avec aucune autre condamnation (pas d’amende, rien du tout). Ah et quand on dit prison, ça veut dire ça :

    text alternatif
    N’importe qui aurait été traumatisé par cet horrible endroit ! Y’a même des rois qui y ont été emprisonnés, rendez-vous compte de l’humiliation !

    Des peines de prison bidons avec à la clef l’image de martyre, prônant la liberté et enfermé pour cela… Quel traumatisme pour le pauvre Diderot… En réalité, si les écrits philosophiques de l’époque étaient officiellement condamnés et interdits, officieusement, ils continuaient à s’imprimer et à se vendre comme si de rien était. Prenez l’Emile par exemple (écrit en 1762 par Jiji Rousseau), interdit et brûlé en France… Ben ça ne l’a pas empêché d’être un best-seller et d’être lu par absolument tout le monde. La répression étatique et religieuse était souvent très molle, on interdisait un livre, mais on le laissait vendre ; l’Encyclopédie continuait d’être imprimée à Paris après sa suppression légale. La censure de l’époque était donc très relative, parce qu’à cette période, on n’attribuait aucune portée pratique et politique aux écrits et aux discours philosophiques.

    Pour ce qui est des débats enflammés entre les philosophes, notamment la hargne qu’il y a eu entre Voltaire et Rousseau, ben ça aussi cey du pipeau. Faut se replacer dans le contexte historique de l’époque : les philosophes étaient tous parisiens, ils se connaissaient tous et se rencontraient dans les salons huppés de la capitale. Alors oui il y avait de nombreux débats, mais il s’agissait davantage de disputes rhétoriques que de débats politiques. Prenons les premiers écrits de Rousseau, sur les sciences et les arts, où Jiji dénonçait l’aspect malsain des sciences et de la société dans son ensemble. Eh bien sachez que pour écrire tout ça, il s’est grandement fait aider par son ami Diderot qui dans ses propres ouvrages, défendait la thèse opposée. Cela ne posait aucun problème à un philosophe comme Diderot car les écrits philosophiques de l’époque étaient pensés et conçus comme purement discursifs, sans signification ni portée réelle et concrète. Pour faire simple, les débats entre les philosophes n’étaient que de simples disputes de salon (ce pourquoi la répression à l’égard des textes athées était si faible), et l’on prenait les discours d’un Rousseau pour un amas de paradoxes bien écrits. Les philosophes de l’époque (excepté Rousseau, et on y reviendra plus tard) n’étaient donc que des causeurs, des « marchands de satire ou de louanges et surtout les bouffons d’une aristocratie dégénérée » ainsi que le dit George Sorel.

    Gardons toujours cela en tête : prendre les philosophes des Lumières pour des individus politiquement engagés est une grave erreur d’interprétation. Ils avaient de l’influence auprès de l’aristocratie et des puissants (notamment Voltaire qui fréquentait l’empereur de Prusse), et l’athéisme qu’ils ont défendu a eu des conséquences réelles sur l’Europe. Mais ces philosophes n’avaient pas pour ambition de changer la société ni même la volonté de la changer. Voltaire profitait de sa situation ultra confortable, tout comme Diderot, Holbach et autres têtes de fion. Mais quelqu’un avait compris que s’ils ne prenaient pas au sérieux leurs écrits, ces derniers avait quand même de l’influence sur la vie concrète des gens, et ce quelqu’un, vous le connaissez !

    3.) Ce que les Lumières défendaient véritablement

    Pour ne pas changer, on va parler de la princesse Helvète. Jiji était très différent des autres penseurs des Lumières, car il ne venait pas du même milieu social qu’eux. Bien qu’ayant côtoyé les salons parisiens et les philosophes qui s’y trouvaient, Jiji en a vite été dégoûté. Religieux dans l’âme, il ne pouvait continuer de parler avec des individus dépourvus de religion. Il dira même à l’encontre de son ami Diderot « Je n’entends point qu’on puisse être vertueux sans religion : j’eus longtemps cette opinion trompeuse, dont je suis trop désabusé ». De plus, il était profondément écoeuré par l’amas de richesses et de parures des grands bourgeois de l’époque. Il voulait être le premier à appliquer ses principes philosophiques. C’est ainsi qu’il s’habillait comme un homme du peuple au milieu de la noblesse qu’il fréquentait, qu’il refusa ostensiblement une pension octroyée par le roi de France en personne, qu’il préféra vivre d’un métier sous-payé (copiste) plutôt que de vivre de ses revenus d’écrivain ou d’une rente confortable… Bon okay, il a abandonné ses cinq gosses tout en écrivant un bouquin sur la manière idéale d’élever un enfant, mais il a pris la peine de le confesser dans ses écrits autobiographiques, donc voilà, pas la peine de le pointer du doigt ! (tu vois Bino, j’te laisserai pas ce plaisir è_é)

    Rousseau critiquait violemment les individus qu’il fréquentait, notamment les philosophes des Lumières qu’il considérait comme la pire des saloperies. La critique faite par les philosophes n’est encore, aux yeux de Rousseau, qu’une expression du mal social. Loin d’en être l’ennemie, elle en est le produit le plus élaboré et le plus empoisonné ; elle travaille activement pour le pire. Rousseau a certes fait cause commune avec les Philosophes en combattant le fanatisme ignorant et malsain de la société, mais il a rapidement découvert que les Philosophes ne menaient ce combat sans arrière pensée. Les Philosophes ne sont que des aristocrates qui profitent du monde tel qu’il est, et « ils ne contestent les valeurs illusoires que pour mieux s’installer dans l’absence de toute valeur et jouir plus à leur aise de leurs privilèges et de leurs soupers fins. Ils n’ont arraché les masques que pour congédier tous les scrupules. Car les fausses valeurs qu’ils dénonçaient, la religion, les convention du bien et du mal, constituaient une gêne pour leurs plaisirs » (Starobinski)

    Le projet réel des Lumières est donc de mettre un terme à l’ordre sociétal tel qu’il est établi au XVIIIème siècle, pour enfin prendre le pouvoir, un pouvoir sans limites et sans entraves. En supprimant l’ordre religieux et la morale qui l’accompagne, en délégitimant le pouvoir monarchique, les Philosophes ont assuré le passage de la société française vers l’ère de la démocratie de marché, où rien ne peut être considéré comme sacré et inviolable. Cette démocratie a permis de légitimer la prise de pouvoir des bourgeois, l’exploitation des masses laborieuses (avec des conditions de travail inhumaines), l’accroissement de la misère sociale… Les Lumières ont légitimé le capitalisme industriel naissant, elles ont tué Dieu (ainsi que le disait un célèbre moustachu allemand), ont fait de l’homme la mesure de lui-même, et ont justifié ce qui apparaissait autrefois comme injustifiable. Les Lumières ont finalement laissé le citoyen seul face à l’appétit féroce de la bourgeoisie, qui ne s’est pas privée pour exploiter, souvent jusqu’à la mort, ceux qui n’avaient pas les moyens de se défendre ; obligés de s’entasser dans des usines insalubres, de vivre dans des taudis, d’accepter des conditions de travail misérables pour des salaires insuffisants… Tiens, ça rappelle les pays d’Asie aujourd’hui :siffle:

    Et vous, que pensez-vous des Lumières ?


  • Le Club des Jeunes

    Dès que j’ai vu le titre j’ai cliqué direct, et je te like avant d’avoir lu. 🤗


  • Le Club des Jeunes

    ESPECE D’ENFOIREE CARTPUTE SPINOU IL EST PAS INNINTERRESSANT !! !! !! !!
    NIOHFEFEOH#EJIEF!!!§§,?ejffhHFHBEOFHE??!!



  • MUHAHAHAHAHA, Sa Majesté des Putes a encore frappé 🕶


  • Le Club des Jeunes

    @Prostipute

    Bon okay, il a abandonné ses cinq gosses tout en écrivant un bouquin sur la manière idéale d’élever un enfant, mais il a pris la peine de le confesser dans ses écrits autobiographiques, donc voilà, pas la peine de le pointer du doigt ! (tu vois Bino, j’te laisserai pas ce plaisir è_é)

    Mécébon je le savais !! Je suis pas Voltaire non plus !


  • Le Club des Jeunes

    Je le savais que c’était des crapules. è_é Ça se voit sur leur tronche de charognes !
    Quand tu fais Littéraire tu as beaucoup de Français entre la Seconde et la Première, alors bien-sûr tu peux pas rater Voltaire, étrangement dorloté par ces profs indignes. Mais quand tu en as fini avec le Français, et que tu pénètre dans les 8 heures hebdomadaires de philosophie en Terminal, l’ombre des Lumière t’es enfin visible.
    L’éclipse du soleil, les bourgeois et leurs horreurs, et que dire de la Révolution française.

    On pense beaucoup au Contrat Social, bible des Jacobins, mais si la Révolution française était réellement rousseauiste, elle se serait passée bien autrement. Il faudrait en parler d’ailleurs, de cette révolution historique que l’on célèbre sans se douter des abominations qu’elle a causé. Les pauvres ont subi en masse, il y a eu des génocides de gens alors simples, juste parce qu’ils n’étaient pas pro-révolutionnaires. PIRE, TOUT ceux qui étaient opposants à cette ordre chaotique et aux décisions prises durant la Terreur étaient massacrés, guillotinés, parfois avec toute leur famille. Un massacre épouvantable. Une histoire connue : le meurtre de Marat, assassiné dans sa baignoire par une dame opposante mais surtout épuisée de ces meurtres en masse, de toutes ces personnes envoyées à la guillotine que cet crapule de Marat nourrissait abondamment. Cette dame, on lui a donné une image négative, mais encore faut-il voir vraiment pourquoi.

    La Lumière aussi couvre et aveugle.



  • L’épisode de la Terreur est ce qu’il est : un épisode, c’est-à-dire violent mais bref. Il n’a fait que rendre visible et ostensible ce qui allait se passer par la suite de manière structurelle et quasi-invisible dans la société : un ordre arbitraire qui ravage la société pour le plaisir de quelques uns. Ouaip, sacrée période que celle-là. Dans un autre registre, il y a la décapitation du roi et de sa famille. Quand on pense que moins d’un siècle avant le roi était divinisé et qu’il n’aurait jamais été question de renverser les fondements de la société. Je kiffe ces révolutions sanglantes où tout devient possible, mais où le résultat est toujours décevant (cf la révolution de Russie et le grand Vladimir Ilitch Lénine). Imagine si on en venait à un point où la décapitation de nos élites politiques devenait envisageable :wiiii: