"Payer" des indics avec de la drogue, légitime et efficace selon l'ex-super flic niçois Michel Neyret


  • Banni

    Prélever de la drogue sur des saisies pour récompenser des informateurs: l’ex-grand flic Michel Neyret a assumé, mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris cette pratique illégale, longtemps tolérée, mais en minimisant son ampleur.

    Après quatre jours difficiles où Neyret a dû répondre à sa mise en cause pour corruption, l’ancien patron de l’antigang lyonnais a retrouvé ce mardi de sa superbe pour défendre une pratique qu’il légitime au nom de l’efficacité. “J’assume totalement cette démarche illégale”, a lancé, un brin provocateur, Michel Neyret, racontant comment deux de ses indics, infiltrés dans des réseaux de trafiquants, lui ont permis début 2010 de réaliser trois importantes saisies de plus d’une tonne de cannabis chacune.

    “J’étais obsédé par les résultats. Ma démarche était de faire tourner mon service avec des informations opérationnelles” et “les primes allouées aux informateurs étaient insuffisantes pour les fidéliser”, a-t-il justifié.

    Longtemps tolérée, cette pratique serait en perte de vitesse, selon des policiers. “On ne peut pas certifier que le système a disparu. Mais le fait que l’on poursuive systématiquement des policiers, lorsque ces pratiques sont connues, depuis la mise en place d’un barème de rémunération des indicateurs de police, a certainement contribué à changer les comportements”, ont-ils assuré.


    “Les quantités évoquées au travers des conversations téléphoniques dépassent largement quelques centaines de grammes, il s’agit plutôt de dizaines de kg”, a souligné dans son ordonnance le juge d’instruction, pour qui “la finalité” de l’action de Neyret aurait été “une satisfaction égocentrique”.

    “C’était une vision personnelle, une mission. Je veux bien admettre un aveuglement mais je voulais marquer une empreinte sur le banditisme à Lyon”, a justifié l’ex-grand flic à la barre, semblant donner raison au magistrat.

    L’ancien patron de la PJ niçoise et numéro deux de la PJ de Lyon est soupçonné d’avoir détourné du cannabis saisi par la police, avant son placement sous scellés ou sa destruction, afin de rémunérer des “indics”.

    Poursuivi pour “transport, détention, offre et cession de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la commission de ces faits et détournement d’objets placés sous scellés”, il encourt dix ans de prison.

    Trois de ses ex-subordonnés, Jean-Paul Marty, enquêteur aux “stups” de Lyon, Christophe Gavat, ex-chef de l’antenne grenobloise de la PJ et son adjoint, Gilles Guillotin, comparaissent à ses côtés, soupçonnés de l’avoir aidé en prélevant de la drogue dans des scellés.

    http://www.nicematin.com/justice/payer-des-indics-avec-de-la-drogue-legitime-et-efficace-selon-lex-super-flic-nicois-michel-neyret-48471



  • Pas facile de se faire une opinion sur où doit s’arrêter l’efficacité dans la lutte contre le grand banditisme.

    Il n’empêche, le type a l’air carré dans sa défense, il ne tente pas d’esquiver, il pose les questions dérangeantes sans détour, ne cherchant pas à diminuer sa responsabilité. Manifestement, il n’aurait jamais pu faire un bon politique ! :lol:


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