Rousseau, dit "la princesse Helvète"



  • « Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m’a jeté, c’est ce dont on ne peut juger qu’après m’avoir lu »

    La première de mes qualités ? L’humilité !

    text alternatif

    Pour les plus demeurés qui ne m’auraient pas reconnu, je suis Rousseau, Jean-Jacques Rousseau, le roha de la philosophie, le maître incontesté de la raison, le plus grand penseur de l’histoire. Après moult présentations de décérébrés mentaux que l’on ose appeler philosophes, il s’avère temps de présenter le meilleur de la profession : moha. Comme il y a énormément à dire sur mes travaux et qu’on n’a pas que ça à foutre, on va tâcher de faire court mais pas trop quand même, parce que si mes congénères ne méritent que quelques paragraphes empilés les uns sur les autres, ce n’est certainement pas mon cas ! Je vais donc passer en revue les différents thèmes qui ont fait de moha une légende, alors accrochez-vous, car à l’inverse d’un certain Kant qui a tenté de me détrôner, mes mots sont simples mais mes pensées profondes.

    I.) L’homme est naturellement bon

    Si les lycéens boutonneux ont retenu une chose de leurs cours de philo, c’est bien celle-ci. On a coutume d’opposer ma proposition à « l’homme est un loup pour l’homme » de Hobbes, ce vieil imbécile n’avait rien compris à l’état de nature. Dans mon discours sur l’inégalité parmi les hommes, j’explique ce qu’est cet état de nature dont tout le monde parle sans véritablement le définir : un état hypothétique qui n’a probablement jamais existé, un état où aucune norme sociale ne vient influer sur la vie naturelle des hommes. Alors si je me suis cassé le fion à parler d’un truc qui n’a jamais existé, c’est simplement pour mieux comprendre l’état qui en a dérivé : le nôtre. J’ai ainsi mis en avant une vérité pas si évidente que ça : la violence n’est pas naturelle, car elle implique une volonté de domination, donc une relation sociale Prendre la violence pour un comportement naturel, c’est prendre un comportement socialement acquis pour origine, le social pour l’originel, c’est donc se tromper :

    « Il paraît d’abord que les hommes dans cet état de nature n’ayant entre eux aucune sorte de relation morale, ni de devoirs connus, ne pouvaient être ni bons ni méchants, et n’avaient ni vices ni vertus »

    Ah on la connaît moins cette phrase hein ? Elle retranscrit pourtant mieux la conception que j’ai de l’état de nature que « l’homme est naturellement bon », formule trompeuse et trop naïve pour décrire une pensée aussi complexe que la mienne. Mais alors qu’est-ce que la nature de l’homme ? Eh bien je dirais que l’homme est un être naturellement dénaturable, donc virtuellement socialisable. En pratique, même aux confins des terres les plus reculés de notre planète, l’homme grandit toujours au sein d’une société. Enfant, l’homme ne peut subvenir à ses besoins, la nature l’a conçu pour être dépendant des autres, mais vivre avec autrui suppose toujours un lien social comprenant règles, interdits, sentiments… L’homme vit en société partout où il se trouve, alors peut-on parler de comportement naturel lorsque l’état dans lequel l’homme se développe ne l’est pas ?

    II.) L’éducation

    « Croyant savoir ce qu’on a lu, on se croit dispensé de l’apprendre »

    Tout comme l’a dit le vieux chnoque (un dénommé Locke), l’enfant naît sans rien connaître, il ne connaît même pas ses capacités naturelles : il ne sait pas coordonner ses mouvements, il ne sait pas utiliser ses muscles pour se maintenir en équilibre (assis ou debout), il ne sait pas distinguer une personne d’une autre… Locke avait déjà souligné que l’enfant découvrait ses capacités et apprenait à les utiliser au cours de sa vie. Mais le vieux avait omis de signaler un détail d’importance : l’influence de l’environnement social, c’est-à-dire de la société. La société va déterminer le développement de l’enfant, et ce dernier ne se limite pas aux connaissances ou aux capacités corporelles. Ce que les rationalistes, les empiristes et les Philosophes des Lumières ont oublié, c’est que l’homme n’est pas un être purement rationnel, mais fait également de sentiments et de passions. Les programmes pédagogiques de l’époque, obnubilés par l’éducation de la raison, omettaient systématiquement l’éducation des sentiments. Voulant faire de l’enfant un adulte aussi rapidement que possible, les programmes pédagogiques ne pensaient qu’à remplir la tête des enfants de connaissances en tout genre : théories littéraires, religion, géométrie, théorèmes mathématiques… En oubliant que ces savoirs ne convenaient pas nécessairement à des enfants.

    On en vient à l’un des plus grands reproches qui m’a été fait : vouloir rendre les enfants ignorants et stupides. Est-ce être cultivé que de réciter des connaissances que l’on ne comprend pas ou que l’on comprend mal ? Est-ce être intelligent que de connaître des théorèmes mathématiques sans savoir à quoha ils peuvent bien servir ? Tout savoir qui n’est d’aucune utilité à un enfant ne mérite pas de lui être enseigné, car l’enfant est plus un être sensible qu’un être rationnel. Un enfant apprend davantage en pratiquant et en ressentant qu’en accumulant des savoirs théoriques qui lui échappent. Qu’est-ce qu’un enfant peut comprendre à la religion quand nous autres adultes avons du mal à saisir la notion même de Dieu ? L’enfant doit apprendre de lui-même les savoirs qui sont à sa portée, apprendre de ses chutes et de ses erreurs : veut-il nager dans un lac en plein hiver ? Laissez le donc, les conséquences de son attitude le marqueront infiniment plus que n’importe quelle interdiction, menace ou explication de votre part. Ne vous faites jamais craindre d’un enfant, sous peine d’éveiller en lui des sentiments qui gâteraient son âme ; qu’un enfant ne se soumette pas à votre autorité mais à la force des choses, qu’il comprenne de lui-même ses faiblesses et ses limites, les dangers du monde et les conséquences de ses actes. Casse-t-il la fenêtre de sa chambre sous un coup de colère ? Ne le grondez pas, laissez le dormir une nuit désagréable et froide dans sa chambre, et il comprendra de lui-même l’intérêt à préserver son environnement. Ne donnez jamais à ses interrogation la moindre réponse, mais amenez le à la découvrir lui-même. Le maître mot du projet pédagogique que je porte est de ne pas imposer la raison à un enfant, mais de stimuler ses interrogations et le guider vers la découverte des connaissances.

    En bornant l’enfant aux connaissances qui sont à sa portée, en utilisant son esprit plus que votre autorité, vous éduquerez son âme et son coeur. Il vous sera inutile de le surveiller, car il ne fait pas les choses pour vous plaire, mais parce qu’elles lui sont utiles et agréables. Vous éduquerez ainsi un enfant honnête et réfléchi, plutôt qu’un enfant cachottier et vénal. Le vieux chnoque n’avait pas compris que les enfants n’étaient pas des hommes, qu’il n’était pas dans leur nature d’être posés et disciplinés pendant des heures sur des bancs d’école comme peuvent l’être les adultes. Les enfants doivent découvrir pour apprendre, et naon pas apprendre pour découvrir ; car il est préférable qu’un enfant sache peu de choses mais les sache réellement, plutôt qu’il connaisse beaucoup sans en comprendre grand-chose.

    « Souviens toi que l’'ignorance n’a jamais fait de mal, que l’erreur seule est funeste ; et qu’on ne s’égare point parce qu’on ne sait pas, mais parce qu’on croit savoir »

    III.) L’interdépendance entre l’homme et la société

    « Il faut étudier la société par les hommes, et les hommes par la société »

    Une chose qui m’a rendu célèbre, c’est ma conception révolutionnaire de l’homme. Pour faire simple, avant moha, on pensait l’homme comme un individu, comme un JE ; la société elle-même était conçue comme un agrégat de JE liés par des lois et des conventions. Merci Descartes et Locke… Cette conception de l’homme et de la société rend le lien unilatéral : l’homme est à l’origine de la société, cette dernière se résumant aux individus qui la composent.

    Mais cette conception individualiste ne me plaisait pas, se contenter d’expliquer l’homme par l’homme ne rendait pas compte des réalités. L’homme est à l’origine de la société, tout comme la société est à l’origine de ce qu’est l’homme. L’homme n’est pas une unité numérique qui ne se comprend qu’à partir de lui-même et des autres individus, il est une unité fractionnaire, qui ne s’explique et ne se comprend qu’à partir de l’entier, c’est-à-dire de la société. La fable de Robinson Crusoé en est un exemple parfait : isolé de tout, Robinson n’est pas seul pour autant, car toute la société l’accompagne : ses valeurs, la division journalière du temps, les devoirs à s’imposer, la mentalité… L’homme incorpore les normes et la culture de sa société ; son maintien, sa manière de marcher, de manger… sont propres à la société dans laquelle il a grandi. L’homme est façonné par la société, et à l’image de celle-ci. Ainsi, je n’explique pas l’homme par Dieu (c’était déjà has been à mon époque), je ne l’explique pas naon plus par lui-même (ce qui est totalement con quand on y pense), mais je l’explique par son environnement social. Révolutionnaire naon ? L’homme est le produit de sa socialisation, et naon plus seulement de son interaction avec la nature. Transposé aux problématiques du XXIème siècle, cela donne: ce qui fait qu’un individu devienne un délinquant n’est pas sa mauvaise nature ou ses mauvais choix, mais ce sont ses conditions d’existence qui l’ont conduit sur cette voie. Combattre la délinquance en combattant les délinquants est donc inutile, car on n’attaque pas la cause du problème, mais uniquement les conséquences de celui-ci. Comme quoha même aujourd’hui, les gens n’ont rien compris.

    IV.) Mea-culpa

    « J’aime mieux être un homme à paradoxes qu’homme à préjugés »

    Si certains d’entre vous m’ont lu, ils auront sûrement des choses à redire quant à cette présentation, comme quoha je n’ai pas vraiment dit telle chose… Il est vrai ! Il m’arrive souvent de dire une chose et son contraire dans le même bouquin. Par exemple, j’explique d’un côté que certaines passions comme la pitié ou l’amour de soi sont naturelles, et de l’autre je précise que ces passions ne naissent que si elles sont stimulées et entretenues par la suite. La réalité n’est jamais saisissable si l’on pense de manière binaire (vrai/faux, blanc/noir…), et notre langue s’avère bien imparfaite pour traduire une pensée aussi clairvoyante et complexe que la mienne.



  • Bah nous en français, on nous sortait surtout la phrase : “L’homme est naturellement bon, c’est la société qui le pervertit”. Avec ce complément, ça permet déjà de mieux appréhender la pensée rousseauiste (si si, ce mot existe).

    T’as oublié de mentionner son côté sado-maso qu’il aime bien nous conter dans ses mémoires. :siffle:

    Je te rappelle que t’es censé rédiger ton chapitre pour ta thèse, pas faire un topic de vulgarisation sur Rousseau !


  • Le Club des Jeunes

    GYAAA LE TOPIC DE JIJI !! !! !! !! :happy-10: :cryhappy: :multistar:

    AHEM.
    Bon, je commente avant même d’avoir fini d’avoir lu ton intro’, parce-que Jiji, c’est CELUI qui m’a donné LE goût de la philo’. Lui et pas Dédé ou SplatoOn.
    Il est si excellent que mon prof de philo’, visiblement rousseauiste, m’a laissé de nombreux bons souvenirs de la philosophie, notamment une leçon entière sur Le Boss de G’nèv’, ou Princesse Helvète qui lui va fort bien aussi.

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    La première fois que j’ai connu ce genius, c’était avant que mon prof de philo’ en parle. En fait, ma mère m’avait d’avance donné Le Contrat Social pour avoir une petite culture philosophique pour le bac, et le bac uniquement, sans se douter qu’elle allait faire de moi un monstre (quoique vu que c’est ma reum on peut dire qu’elle a déjà sévi). Mais arrêtons de parler de mom’, Jiji n’aime pas ça. u_u Jiji, il a la classe jusqu’à l’os, et peu de philosophes ont ce même rayonnement.

    Le Contrat Social, souvent réécrit en DU Contrat Social, est un livre qui n’a rien d’ordinaire. Je me souviens, en le lisant, être très étonnée de lire des idées révolutionnaires (pour son temps) qui ressemblait ni plus ni moins à notre France APRES la Révolution française. A ce moment là, je ne me doutais pas que son ouvrage avait réellement eu un impact majeur sur la Révolution française et ce qui a suivit (même si Rousseau n’approuverait probablement pas les milliards de massacres qui ont encourus).
    Je vais pas spoiler ce livre, mais il débute avec la meilleure des punchline: “L’Homme est né libre et partout il est dans les fers.”

    Ce type a soulevé des tas de questions comme la perversion de la société, qui rend les Hommes haineux entre-eux, l’éducation, l’élitisme etc, quand on lit tout ça à 16 ans on est complètement prit, j’avais jamais vu un type plus badass que ça IRL. C’était génial, enfin un philosophe qui disait cash ce qu’il fallait voir ! :wiiii:

    Par contre il y a un truc que je tiens à souligner: même s’il a vraiment et énormément montré le fait, ce n’est pas le premier philosophe a avoir rappelé que l’Homme n’est pas un être rationnel. Il y avait avant lui déjà, Pascal et Spinoza. u_u Et si t’y touches j’envoie chez toi une armée de croque-mitaines.



  • Pascal et Spinoza ? Ouh nom dediou…

    “Ne pas s’énerver, rester calme, penser à des petits poneys tout doux”

    Pour ma pomme j’ai été initié à la philo par Machiavel, et bien que je ne manquais pas de profs machiavéliques, aucun ne m’a laissé de bons souvenirs… Pour ce qui est de Jiji, c’est vrai qu’il n’est pas le premier à dire que l’homme n’est pas pure rationalité, mais l’idée qu’il se fait de l’homme est quand même plus évoluée et plus classe que celle de Jean-René Pascal. Bon en même temps, y’a un siècle d’écart, mais quand même. L’homme non-rationnel de Rousseau repose sur une analyse presque sociologique de l’homme ; tandis que les deux religieux que t’as osé citer donnent à leur affirmation un côté beaucoup plus religieux et naturaliste (enfin me semble-t-il). Je connais très peu Bacuch, alors si t’avais la gentillesse de m’éclairer, ce serait… j’allais dire sympa, mais parler de Bacuch n’est pas gentil du tout… Alors disons : utile :yeux:

    Le contrat social était badass, mais j’ai trouvé l’Emile largement plus couillu. La phrase d’intro y est tout aussi sublime que celle du contrat : “Tout dégénère entre les mains de l’homme. Il ne veut rien tel que l’a fait la nature, pas même l’homme”

    Egon ==> Ma thèse avance très bien ! Elle recule pas, c’est déjà ça :snob:


  • Le Club des Jeunes

    @prostipute a dit dans Rousseau, dit "la princesse Helvète" :

    Pascal et Spinoza ? Ouh nom dediou…

    “Ne pas s’énerver, rester calme, penser à des petits poneys tout doux”

    Pour ma pomme j’ai été initié à la philo par Machiavel, et bien que je ne manquais pas de profs machiavéliques, aucun ne m’a laissé de bons souvenirs… Pour ce qui est de Jiji, c’est vrai qu’il n’est pas le premier à dire que l’homme n’est pas pure rationalité, mais l’idée qu’il se fait de l’homme est quand même plus évoluée et plus classe que celle de Jean-René Pascal. Bon en même temps, y’a un siècle d’écart, mais quand même. L’homme non-rationnel de Rousseau repose sur une analyse presque sociologique de l’homme ; tandis que les deux religieux que t’as osé citer donnent à leur affirmation un côté beaucoup plus religieux et naturaliste (enfin me semble-t-il). Je connais très peu Bacuch, alors si t’avais la gentillesse de m’éclairer, ce serait… j’allais dire sympa, mais parler de Bacuch n’est pas gentil du tout… Alors disons : utile :yeux:

    Le contrat social était badass, mais j’ai trouvé l’Emile largement plus couillu. La phrase d’intro y est tout aussi sublime que celle du contrat : “Tout dégénère entre les mains de l’homme. Il ne veut rien tel que l’a fait la nature, pas même l’homme”

    Egon ==> Ma thèse avance très bien ! Elle recule pas, c’est déjà ça :snob:

    x’D Ma thèse recule pas. Mais vous, quoi. :’)

    A l’inverse j’ai presque jamais connu Machiavel, juste qu’il avait des idées franchement sordides, parfois.

    Ah oui Pascal reste hélas dans le religieux, je suis d’accord. Pas la peine de dire qu’il était tellement à fond dedans qu’il avait pour projet de faire une Apologie du christianisme.

    Ah tu connais pas Baruch ? 🤗 Je te ferai part de toute ma gentillesse pour te présenter le personnage (mais pas maintenant il neige :trollface: ).

    L’Emile c’est un big morceau :bave: bordel cette phrase est splendide. Il est fait de chocolat suisse.



  • Ouais, je connais tout sur Émile Louis moi aussi.


  • Le Club des Jeunes

    “L’Emile et une nuit” <- de @aurel



  • Cey l’histoire d’un pervers qui dit à qui veut bien l’entendre “je l’ai mis dans l’Emile”


  • Le Club des Jeunes

    En ce moment je lisais like zat le Discours sur l’origine et les fondements deefnfhquhfruibruehflemmetroplong.

    Et je suis tombée sur un fucking passage, le passage du coq à l’âne. Bon je pense qu’il a peut être sorti ça comme une supposition hypothétique, mais sortir que l’amour (donc l’union avec une personne avec une attachement particulier, une préférence, pour cette personne) était une invention social des femmes pour dominer les hommes. Bah oui ménon. Je veux bien croire que le mariage, les unions durables, est très modelé par un monde social, mais outre son truc de feumeu, l’amour comme union de deux personnes n’est pas le propre des hommes civils. 😥 Si les parents restent liés ensembles pour élever leur progéniture, c’est qu’il y a une raison, si les couples choisissent parfois de se lier ensemble durablement, c’est aussi parce qu’ils sont enclin à garder ce qui leur procure du positif. Une présence agréable.



  • @beanobecher a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    que l’amour (donc l’union avec une personne avec une attachement particulier, une préférence, pour cette personne) était une invention social des femmes pour dominer les hommes. Bah oui ménon. Je veux bien croire que le mariage, les unions durables, est très modelé par un monde social, mais outre son truc de feumeu, l’amour comme union de deux personnes n’est pas le propre des hommes civils

    Aka, j’me souviens bien de ce passage x)

    Y’en a un d’ailleurs qui résume bien la chose : “Sitôt que les hommes eurent commencé à s’apprécier mutuellement et que l’idée de la considération fut formée dans leur esprit, chacun prétendit y avoir droit”.

    En s’appréciant vient le lien social, les envies, les attentes, les craintes, les obligations, les interdits… L’Etat de nature n’est déjà plus, car une société vient de se créer. Ce que Rousseau semble dire Bino, cey que dès que du lien se crée entre deux individus, cela n’implique pas uniquement une “passion” mais aussi et irrévocablement du lien social. Si deux parents élèvent leur progéniture ensemble, c’est qu’il y a un lien qui les unit, et qui stipule lien suppose des attentes socialement définies.


  • Le Club des Jeunes

    Je vois, mais alors je me demande : l’Homme dit Sauvage pense à sa préservation, mais s’occuper des lardons c’est préserver l’espèce humaine ? Mais dans ce cas pour Rousseau est-ce que dans la nature supposée qu’il dépeint, la femme suffit pour s’occuper de la lave ?
    En fait j’ai un peu l’impression qu’il dit qu’il y a forcément du social chez les hommes dès qu’ils ne sont pas seuls. En autre on ne peut concevoir le genre humain sans tout phénomènes sociaux. :hum:



  • @beanobecher a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    En fait j’ai un peu l’impression qu’il dit qu’il y a forcément du social chez les hommes dès qu’ils ne sont pas seuls. En autre on ne peut concevoir le genre humain sans tout phénomènes sociaux. :hum:

    Cey là tout le génie du mec. Ses écrits sont profondément paradoxaux, et comme il aimait le dire lui-même “j’aime mieux être un homme à paradoxes qu’homme à préjugés”.

    Son Etat de nature n’est qu’une fiction qui permet de comprendre le complexe du social, car Rousseau savait qu’un nouveau-né ne peut subvenir à ses propres besoins, qu’il était dépendant de ses pairs (donc lien social). Cette fiction fait exprès fi de ce détail pour se concentrer sur l’essentiel. L’homme naturel n’a pas d’obligation envers ses semblables, il n’a aucun lien avec eux car il n’a pas BESOIN de ce lien.

    Pour l’histoire du lien unissant la mère à l’enfant, le discours de Rousseau a changé au fil de sa life. Tantôt cey naturel (l’histoire de la pitié naturelle), tantôt ça ne l’est pas (notamment dans l’Emile)… Ca reste un homme de son époque, et dès qu’il parle des femmes, ben sa réflexion régresse de quelques siècles par rapport à celle qu’il porte sur les hommes x)

    Si t’as compris qu’il y a forcément du social chez l’homme, c’est que t’as compris l’idée centrale de son bouquin. Cey pourquoi Rousseau est si fort, il avait compris ça un siècle et demi avant Durkheim !


  • Le Club des Jeunes

    :yeux: Genius ! Danke schön.



  • @beanobecher Je serai toujours là pour t’imposer mes vues :maggggg:


  • Le Club des Jeunes

    @prostipute a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    @beanobecher Je serai toujours là pour t’imposer mes vues :maggggg:

    :lovegirl: Que je m’ennuyerai sans touah.



  • @beanobecher Normal, tavu les cassos ici, tous des tanches. J’peux te dire que c’était chiant pendant les fêtes è_é


  • Le Club des Jeunes

    @prostipute a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    @beanobecher Normal, tavu les cassos ici, tous des tanches. J’peux te dire que c’était chiant pendant les fêtes è_é

    😂 C’est pas avec tout le monde que tu peux jouer à Pokémon avec des filouzophes.



  • Tu crois que Freud cey un poukémon psy ? Très dangereux à manipuler en tout cas, l’attaque “inconscient” peut vite se retourner contre soi !


  • Le Club des Jeunes

    @prostipute a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    Tu crois que Freud cey un poukémon psy ? Très dangereux à manipuler en tout cas, l’attaque “inconscient” peut vite se retourner contre soi !

    C’est le Hypnomade du lot même ! Dangereux comme pas possible, dans le sens super craignos qui enlève les gosses. Il hypnotise les gens pour en faire ce qu’il veut. Fopajouer avec ce truc.



  • @beanobecher a dit dans Rousseau, dit “la princesse Helvète” :

    Fopajouer avec ce truc.

    Ah paske maintenant que t’as dit ça, tu crois que j’vais rester bien sage, mes mains bien mises dans les poches ? J’ai plus qu’une envie, cey de tripatouiller Freud :caprice: