Comment l’idée d’égalité hommes/animaux fait son chemin dans le débat public


  • Admin

    Quelque part entre 30  millions d’amis et Martin Luther King, l’antispécisme veut devenir LE mouvement des droits civiques des années 2010. Voici sa stratégie.

    text alternatif

    Saucisse est un chien. Baladé de famille cruelle en famille cruelle, Saucisse est surtout
    le personnage principal du Teckel, nouveau film du réalisateur Todd Solondz. Malgré sa gentillesse et son enthousiasme sans faille, il se retrouve toujours en position de victime. Comme l’explique une mère bobo (Julie Delpy) à son fils malade, «un chien n’est pas un être humain. La nature ne s’en soucie pas. C’est triste mais c’est comme ça». Cette phrase sur l’inégalité de traitement entre l’homme et l’animal n’aurait sans doute choqué personne, il y a quelques années. Pourtant, on vous conseille d’y aller mollo aujourd’hui: la défense des animaux est passée de hobby pour vieille actrice acariâtre à combat pour blogueur engagé.

    D’ailleurs, il ne s’agit plus seulement de s’opposer à la chasse aux phoques mais de revoir la hiérarchie même des espèces. C’est l’antispécisme, philosophie selon laquelle tous les êtres vivants doivent être traités avec les mêmes égards. Humains et rats au même niveau. La cause n’a certes réuni que sept cents personnes pour une manif à Genève en août, à l’occasion de la Journée mondiale pour la fin du spécisme, mais elle infuse largement le débat public: le 18 octobre, vingt-trois intellectuels dont le psychiatre Boris Cyrulnik et le moine bouddhiste Matthieu Ricard signaient un manifeste dans Le Monde pour la création d’un «secrétariat à la cause animale» dans lequel ils appelaient les hommes à engager d’autres rapports avec le monde animal et demandaient le renforcement des contrôles pour lutter contre la maltraitance. Une préoccupation qu’on retrouve dans de nombreux essais sortis récemment: Révolutions animales (éd. Les Liens qui Libèrent), Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka qui vient d’être traduit en français (éd. de l’Alma) et bien sûr Antispéciste d’Aymeric Caron (éd. Don Quichotte). Et même dans un roman, Règne animal (éd. Gallimard), en bonne place sur la liste du Goncourt. À mi-chemin entre 30 millions d’amis et Martin Luther King, le l’antispécisme veut devenir LE mouvement des droits civiques des années 2010. On vous explique sa stratégie.

    Le pouvoir du moment présent

    Bien avant le véganisme et les bars à jus, Pythagore, entre deux triangles rectangles, refusait les banquets/grillades et même d’enfiler une toge en laine par respect pour la vie animale. Pour Renan Larue, professeur à l’université de Santa Barbara (1) : «Les arguments de Pythagore font aujourd’hui partie du débat public. La réflexion sur notre lien à l’animal est en passe de devenir l’idée majeure du XXIe siècle.» En partie grâce aux chevaux de Troie que sont le véganisme et le végétarisme, appétissantes portes d’entrées vers l’antispécisme. Car il est recommandé d’arrêter le bacon avant de donner le droit de vote aux cochons (ce qui ne pourra pas empirer la situation). Selon un sondage réalisé pour TerraEco en janvier 2016, 3 % des Français sont déjà végétariens et 10 % envisageraient de le devenir. Alors que nos connaissances sur les animaux, leur intelligence et leur sensibilité n’ont jamais été aussi avancées, «le grand public est prêt à de nouvelles approches. Il est plus sensible aux avancées des chercheurs», explique le primatologue Frans de Waal qui vient de publier un ouvrage passionnant (2), sur l’intelligence animale.

    Mais la vraie nouveauté, c’est la stratégie militante, plus offensive que jamais. Chez les antispécistes, l’association L214 (à ne pas confondre avec des gouttes homéopathiques) est sur toutes les lèvres. C’est à ce collectif lyonnais que l’on doit ces vidéos trashs de poussins broyés ou de bœufs saignés en caméra cachée dans les abattoirs, qui envahissent depuis quelques mois votre feed Facebook. «Ces images qui retournent le bide font appel à notre émotion, reconnaît Brigitte Gothière, co-fondratrice. Ça nous permet d’être mieux entendus sur ces arguments rationnels que l’on essaie de faire entendre depuis des années.» Les images, obtenues grâce à des lanceurs d’alerte présents sur le terrain, sont d’une rare violence mais leur succès est incontestable. «Avec nos premières actions,
    plus pédagogiques, on n’avait aucun retour. Aujourd’hui, nos vidéos sont médiatisées et contraignent les politiques à réagir», se félicite cette pasionaria de la cause animale.

    «Dans ce mouvement de libération animale, on retrouve la nostalgie des grandes utopies de la fin du XXe siècle, commente le philosophe Francis Wolff (3). Sauf qu’ici, c’est l’animal qui est le nouveau prolétaire et l’homme qui est le bourreau.» Et comme pour toutes les utopies, il fallait un gourou. En France, le nom d’Aymeric Caron, et son essai tombé à point nommé, revient sans cesse. Si les spécialistes interrogés sont nombreux à regretter un livre «faible», voire «certaines incompréhensions», tous lui reconnaissent le mérite d’avoir publicisé le terme et mis en avant la distinction entre spécisme et antispécisme.

    […]

    Source et suite : http://www.slate.fr/story/132380/egalite-homme-animaux-antispecisme-debat-public-arguments


    Et vous ? Vous êtes spécistes ou antispécistes ?



  • Si respecter les animaux pouvait déboucher sur les respect des humains entre eux, c’est ça qui serait “chouette”.

    Je sais pas, ça me paraît affolant que ce soit pas une évidence de respecter les êtres vivants, sans pour autant vouloir ne pas tenir compte des chaînes alimentaires.

    L’ Agriculture raisonnée (cultures végétales et animaux) ça fait quand même longtemps que c’est “sur le papier” une meilleure façon de produire de la nourriture.

    Pour autant, je ne souhaite pas qu’on arrive à une reconnaissance légale de l’animal égale à celle de l’humain.

    Et à dire vrai, je serai triste de constater qu’on respecte plus les animaux que son voisin. Ce qu’il m’arrive assez souvent d’observer malheureusement.

    Je ne sais donc pas si je suis speciste ou antispéciste ???



  • @printemps ^ pareil.


  • Admin

    Pas moi. Je serais pour qu’on reconnaisse les animaux comme égaux aux humains. Absolument rien ne justifie de ne pas le faire.



  • @ratonhnhakéton Au nom de la santé de tous, on extermine les moustiques transmettant le chikungunya, la dengue et autres joyeusetés tropicales.
    Si on se met à considérer que le moustique est l’égal de l’homme, est-ce qu’on ne va pas être tentés de ne plus les exterminer (vu qu’on n’extermine pas les humains malades et contagieux) ?



  • @oranginita sauf que si on éradiquait réellement les moustiques on bouleverserait tout un écosystème… (même les moustiques ont leur utilité)
    https://www.consoglobe.com/si-les-moustiques-nexistaient-pas-cg

    Il faut savoir que sur les 3.500 espèces de moustiques existantes, seules 200 piquent et la moitié exclusivement des oiseaux, ce qui rétrécit déjà le champ de moustiques piqueurs d’humains. On retrouve aussi toutes ces espèces de moustiques sur tous les continents, à part en Antarctique.

    Si on devait éradiquer le moustique, l’impact écologique serait plus grand sur la toundra arctique, car la région abrite de nombreuses espèces de moustiques nourricières pour les animaux vivants du nord du Canada jusqu’en Russie.

    Les moustiques se déplacent en essaims dans cette région, dans laquelle les caribous tentent de leur échapper en se déplaçant à leur tour. Néanmoins, les moustiques contribuent indirectement à nourrir cet animal qui lui-même nourrit les loups. Le moindre changement de trajet d’un caribou et c’est l’écosystème de la région qui est bouleversé. Le moustique est aussi l’aliment principal des oiseaux migrateurs, lors de leur passage dans la toundra. Si ceux-ci devaient manquer, Bruce Harrisson, entomologiste au Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles en Caroline du nord, estime que le nombre d’oiseaux chuterait de plus de 50 %.



  • Je me demande comment on réagirait si l’humain n’était pas la seule espèce intelligente sur Terre, et qu’il y avait une autre espèce légèrement plus évoluée qui se permettrais de nous faire ce que nous on fait aux animaux.

    Genre ils élimineraient une partie de notre population pour éradiquer une maladie qui les touche eux.



  • @froggy Certes. Toutefois ça n’est pas un contre-argument (j’ai pas trop compris pourquoi ton post commençait par “sauf que”, je vois pas trop le rapport avec ma question…).


  • Admin

    @oranginita a dit dans Comment l’idée d’égalité hommes/animaux fait son chemin dans le débat public :

    @ratonhnhakéton Au nom de la santé de tous, on extermine les moustiques transmettant le chikungunya, la dengue et autres joyeusetés tropicales.
    Si on se met à considérer que le moustique est l’égal de l’homme, est-ce qu’on ne va pas être tentés de ne plus les exterminer (vu qu’on n’extermine pas les humains malades et contagieux) ?

    Ton post montre pourtant bien l’égalité entre les deux espèces puisque chacune d’attaque à l’autre avec les armes dont elle dispose…



  • Les animaux comme les humains sont traités comme … ché pas … des TRUCS pour faire marcher son commerce… Une entreprise ça embauche comme j’achèterai un stock de sopalin… Le moins cher mais comme je le veut, et l’autre osef c’est un objet. Telle personne m’est inutile, je la licencie, tel animal est malade, je le jette dans la broyeuse.

    On commence à faire de gros projets archéologiques pour retrouver la tombe du dénommé Respect: bénévoles acceptés.



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