Si le piratage est un cancer, que penser des (in)actions des géants du Net sur nos démocraties ?


  • Admin

    Alors que le monde de la Culture, de la création et des technologies se focalise toujours sur le piratage, il met bien moins de moyens pour lutter contre un problème qui nous concerne tous : l’incapacité des États à demander des comptes aux géants du Net, notamment lorsqu’il s’agit de transparence et de traitement de l’information.

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    Lors des rencontres du Cinéma de Dijon, Françoise Nyssen, actuelle ministre de la Culture et co-directrice de la maison d’édition Actes Sud, a jugé que la lutte contre le piratage était une « priorité absolue », cette pratique étant une « arme de destruction massive de la valeur ». Un cancer, même, selon Xavier Rigault, le co-président de l’Union des producteurs de cinéma (UPC).

    Mais derrière ces mots forts se cache une réalité bien plus complexe. Notamment, celle de l’incapacité française à répondre aux évolutions technologiques, surtout lorsqu’il s’agit du domaine culturel, dont la presse, qui dépend du même ministère.

    Protéger la création sans tuer l’innovation : une impossibilité française

    Nous ne reviendrons pas ici sur la longue histoire de la lutte contre le piratage à la française, de DADVSI à Hadopi en passant par ses combats annexes comme la redevance copie privée et autres luttes perdues que représentent le rachat de Deezer ou l’état dans lequel se trouve « la pépite » Dailymotion.

    La défense des ayants droit et de leurs intérêts (privés) a malheureusement toujours été un objectif supérieur à celui de l’adaptation du monde de la culture aux défis posés par les nouvelles technologies. Ainsi, pendant que naissait la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, et que l’on se demandait s’il fallait ou non couper l’accès aux « pirates » présumés, une entreprise de location de DVD devenait un géant mondial de la vidéo à la demande par abonnement : Netflix.

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    Et lorsque des initiatives locales comme Vodkaster ou Chill ont vu le jour, que sont-elles devenues ? Des succès accompagnés par un gouvernement vantant la French Tech, accompagnés à l’international ? Non. Le premier a tout simplement cessé son activité MovieSwap avant de déposer le bilan et d’être récupéré par Télérama. Le second, qui était en négociation avec Orange, n’a tout simplement jamais vu le jour.

    Que dire de Canalplay, Netflix à la française du géant Vivendi, qui visait le million d’abonnés en 2014… et qui a finalement été réintégré comme une simple composante de l’option Cinéma-Séries des nouvelles offres de Canal en 2016.

    Agiter sans cesse le chiffon rouge du piratage et invoquer un cancer est ainsi une manière assez simple d’éviter de faire le bilan des erreurs passées ou de se demander si nous ne sommes pas en train de les recommencer. Mais aussi d’avoir à regarder la vérité en face, et de voir où sont les véritables problèmes.

    La création, c’est aussi la presse

    On aimerait d’ailleurs que la ministre de la Culture s’exprime de manière tout aussi audible sur une autre forme de cancer, qui touche son domaine et qui, cette fois, porte atteinte jusqu’aux fondements de nos démocraties : celui qui atteint la presse d’information, notamment en ligne.

    Ici, le problème n’est pas à chercher du côté des vilains internautes, pirates en puissance et adeptes du tout gratuit, mais de ces plateformes qui contrôlent de manière croissante notre accès à l’information et nos échanges. Ce, de manière assez défaillante, et sans que jamais personne ne vienne réellement leur demander de rendre des comptes.

    Ainsi, alors que l’on célèbre un peu partout l’Open Data, on combat assez peu le manque de transparence dont ces sociétés font preuve, même lorsque cela concerne l’accès à l’information du citoyen. Le mal est là depuis des années, à travers des services comme Google Actualités et autres flux d’actualités de Facebook. Mais pendant longtemps, rares sont ceux qui sont venus contester la situation.

    La distribution de la presse, protégée dans le monde physique par la loi Bichet de 1947, a ainsi été mise progressivement dans les mains d’entreprises américaines peu transparentes, auxquelles personne n’ose vraiment s’attaquer. Comme dans un bon vieux roman de science-fiction où des mega-corporations mondialisées écrasent les états.

    L’information à l’ère de la page vue à tout prix

    Il faut dire que cette situation a plutôt profité à certains médias « partenaires » de ces géants américains, trop contents de pouvoir jouer de leurs règles afin de maximiser leur audience.

    Comme ces astuces qui permettent assez facilement de tromper ces algorithmes à l’intelligence supérieure en modifiant sans cesse la date de publication des articles pour apparaître plus souvent en tête des résultats. Ou en « campant » assez tôt les noms supposés du prochain Samsung Galaxy / iPhone afin d’attirer du trafic sur fond de rumeurs.

    Oui, en 2017, à l’heure du machine learning et de la voiture autonome, la distribution de l’information, élément vital à la vigueur de notre démocratie, en est encore là.

    […]

    Source et suite (article en accès libre) : nextinpact.com


    Je pas le temps (et il faut bien le dire pas le courage) de faire une intro et de poser une problématique, aussi je vous pose le début de l’article tel quel. Le sujet me paraissant intéressant et d’actualité.


  • Admin

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    Y’a encore du boulot :lecid:



  • Oh putain j’arrive je tombe sur le plus beau graphique du forum, et avant tout le monde (fière).

    Sinon pour le sujet initial, j’ai dû déjà entendre parler de choses comme ça, et savoir que c’est si peu dans les préoccupations politiques peut susciter l’inquiétude. Le pouvoir de l’argent est tellement obèse que le cancer peut pas s’émanciper assez dans son organisme sans se fatiguer.

    La manipulation de l’information est un abus, et un abus condamnable il me semble.



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