La philosophie et les philosophes



  • Alors pour commencer j’aimerai dire quelque chose:

    C’EST un-eu HONTE !!
    SHAME ON YOU !
    COMMENT peut-on OMETTRE un sujet aussi IMPORTANT que VASTE ??
    Puisque c’est comme ça je mets une image ki fé peur SANS LE SPOIL:
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    Voilà, je suis calmée.

    ¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪¸¸.•¨•♫♪

    ✫ La philosophie, et les philosophes ✫ (‘v’_)

    J’ai vu qu’il n’y avait pas de session pour la philo’, alors je me suis dis que ça serait toujours cool de dédier un sujet pour ça.

    Je vous propose, ici, de parler de philosophie (et des philosophes). Est-ce que ça vous parle ? Quand avez-vous connu ça ? Quand cela vous a intéressé ? Quelle image vous avez de cela ? Est-ce que vous aimez ? Pourquoi ? Avez-vous des préférences en matière de pensées, de penseurs, de livres… ?, ou même: Qu’est-ce que la philosophie pour VOUS, ça vous apporte quoi ? Vous pouvez faire part de ce que vous voulez, plus ou moins, en rapport avec la philo’, trucs débiles inclus ! text alternatif

    Par contre ce n’est pas un pôle de débats divers ! Si vous voulez réfléchir sur un sujet en particulier c’est où vous voulez mais pas là. text alternatif

    Comme vous l’aurez souligné, je hais la philo’.
    C’est quelque chose de passionnel qui frôle l’inexplicable, dès que ça parle philosophie, que des gens en parlent, que je vois des livres, un rayon entier consacré à la philosophie, je tourne les yeux et la tête vers la source, je veux y aller, m’incruster, venir, lire, voir, toucher…
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    Quelque part j’ai toujours été attiré par ça, inconsciemment, j’ai longtemps aimé cette façon de raisonner… Ça m’aurait surement plu dès l’enfance si ce n’était pas aussi ardu… Entre la Première et la Terminal, j’ai découvert ça pour de bon et ça m’avait PLU, arrivée en Terminal, j’étais … mitigée… d’un côté j’aimais toujours, mais d’un autre je me sentais restreinte, trahie… Puis j’ai compris et accepté la chose, et c’était un peu ma motivation principale pour me lever et aller au lycée. J’avais des cours tous les jours et ce n’était quand même pas assez. Puis le prof était très bien, gentil et humble, et il voyait que ça me plaisait, et en était ravie…
    text alternatif
    Je ne supportais pas quand les gens utilisaient cette matière comme un moyen de passer pour plus brillants qu’ils ne l’étaient, je voyais leur sophisme emplis de quiproquos et de souillure de vantardise, je le sentais. Les autres non, ils les manipulaient, et je les détestais…
    Je n’aime pas quand on fait ça avec la philosophie…
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    Et je n’aime pas quand on utilise mal les réflexions des philosophes.

    Parce qu’avec la philosophie, j’admire beaucoup de philosophes,
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    vraiment beaucoup et pour des raisons communes comme très divergentes.
    Et je n’aime pas quand on les comprend mal, voire qu’on déforme leur propos devant tout le monde, surtout quand on se croit supérieur… Ils ont consacrés leur temps, leur force et leur vie pour nous permettre de ne jamais se sentir seul dans nos questionnements, pour qu’on ne soit jamais abandonné. Même quand on est au plus bas du mal-être, la philosophie a de quoi pour nous consoler et nous reconstruire. Des philosophes ont même risqué leur vie pour la philosophie et la recherche de la vérité… ce n’est pas pour des vieilles parlotes hautaines. C’est pour nous aider, et pas juste n’aider qu’eux-même, pour nous aider à ne pas lâcher, à ne pas détruire, à ne pas se soumettre, à ne pas ignorer nos erreurs et nos faiblesses, à ne pas être faible… C’est pour NOUS TOUS.

    La philosophie est un art inclassable, mais c’est aussi une chose que l’on peut partager quand on l’aime. ‘u’



  • Comme vous avez l’air de détester la philo’ au point de la fuir comme la peste (ou les pestes qui sont des personnes peut agréables), je vais mettre des citations. :smiling_imp:
    En fait j’aime pas les citations car elles sortes souvent une phrase du contexte et peut (comme celle que je vais vous donner) prendre une mauvaise interprétation. Pire, on ne sait pas forcément d’où elles sortes, et on ne peut vraiment certifier qu’elle nous vient bien de cet auteur.

    Aujourd’hui je vais commencer simple avec une phrase connue mais incomprise:
    L’amour a ses raisons, que la raison ignore.
    Écrite par Blaise Pascal dans ses Pensées, qui est en fait un livre regroupant des réflexions qui devait former une oeuvre sur l’Apologie du christianisme (= /= Eglise = cancer). L’oeuvre en projet n’a donc jamais pu se finir (pour cause de décès, je pense que c’est une bonne excuse pour pas finir son taf), mais on a tout de même conservé par mal de ces réflexions, réunies dans les Pensées, qui ressemble plus à un puzzle qu’à autre chose (au moins ça ressemble à “quelque chose”).

    Par Amour, ce que Blaise entend, ce n’est pas vos trucs niais et crad’ de galoches mais plutôt la foi, une passion dévouée au divin. En autre il défendait la foi, qui n’avait pas a être justifiée ou guider par la raison rationnelle, car c’est une chose du cœur (on touche pas au cœur è_é). Et prouver l’existence de Dieu par la raison c’est de la vanité humaine, les passions doivent coexister avec la raison, aucune des deux ne doit dominer l’autre.



  • C’est pas la petite Thérèse qui avait été punie par la sœur pour avoir répondu “Dieu est amour” au lieu de répondre texto ce qu’il y avait de noté sur ses livres de cathé ?



  • NB : c’est parce que tu évoques foi et amour et tout et tout que je pense à ça…


  • Admin

    J’avai lu le monde de Sophie en terminale. J’avais bien aimé. :trollface:



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  • Admin

    Sinon pour revenir sur les expressions sorties de leur contexte celle de Sartre « l’enfer c’est les autres » à fait couler pas mal d’encre et reste souvent très mal comprise et mal interprétée.



  • @ratonhnhakéton a dit dans La philosophie et les philosophes :

    Sinon pour revenir sur les expressions sorties de leur contexte celle de Sartre « l’enfer c’est les autres » à fait couler pas mal d’encre et reste souvent très mal comprise et mal interprétée.

    Je crois que même dans le bouquin “la Philosophie pour les nuls” il y a une explication erronée.

    Sinon un autre truc que j’aime pas, c’est quand on réduit les philosophes aux phrases connes qu’ils auraient pu écrire. Alors oui il y a réellement eu des philosophes qui ont tenus des propos perturbants, genre des propos haineux dont le plus commun est la misogynie. Mais on se doute qu’ils ne peuvent pas avoir toujours raison, et ça sert à rien d’aller leur faire le reproche puisqu’ils sont morts.
    Je veux dire, si on réduit les penseurs à ce genre de mots, jamais on arrivera à leur donner un intérêt. Alors qu’à côté ils ont sûrement dit des choses qui nous inspireraient.


  • Admin

    Nietzsche et Schopy étaient pas mauvais en misogynie. On devrait ouvrir un topic pour y mettre des extraits et aphorismes choisis.



  • @ratonhnhakéton a dit dans La philosophie et les philosophes :

    Nietzsche et Schopy étaient pas mauvais en misogynie. On devrait ouvrir un topic pour y mettre des extraits et aphorismes choisis.

    Ouais c’est trop con. :cry:
    Aristote aussi en a dit mais bon … Aristote quoi 0_1510923528107_9046bff8-3f11-48a2-8fb1-35f93ec576c3-image.png
    Perso’ j’en fais peu de cas, comme Rousseau ou même Spinoza qui se contredit dans ses idées en ayant dit ces trucs si mainstream (si casual :man_facepalming_tone1: ), mais quand t’en parles à certains ils en veulent tellement aux philosophes d’avoir dit ça que c’est dur de leur faire apprécier leur pensée, ils ont une image des penseurs qui est celle du vieux con pseudo-intelligent qui ramène saglle dans des cercles phallocrates (je sais, c’est précis). Je les comprend, mais c’est pour ça que j’aime pas qu’on réduise les penseurs à ça.

    Un topic de maximes et d’expressions neuneu ? Bonne idée ! Je te laisse soin de l’ouvrir. <u<


  • Admin

    Je fais ça quand je serai chez moi, j’ai déjà quelques idées.



  • @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    La philosophie est un art inclassable, mais c’est aussi une chose que l’on peut partager quand on l’aime. ‘u’

    J’suis aussi passé par la case passionné de philo, mais contrairement à toha, je suis passé à autre chose, quelque chose de plus… juste et pertinent dirais-je, mais c’est bien subjectif : les sciences sociales.

    A la fac, j’avais un cours de philo avec une vraie philosophe, et un soir j’ai discuté avec elle sur un sujet que sociologues et philosophes s’arrachent : la religion et le rapport à la mort. Ce soir là, j’ai compris que nous ne parlions pas le même langage, c’est à peine si nous parlions de la même chose. Les arguments de la philosophe se heurtaient violemment à ce que j’estime être la réalité sociale de la religion et du rapport à la mort. Mes camarades étaient d’ailleurs bien partagés, les uns étaient réceptifs au paradigme philosophique, d’autres l’étaient pour le paradigme sociologique.

    J’ai compris une chose évidente depuis : bien que les sciences sociales aient une parenté (et une dette) certaine avec la philo, elles sont parvenues à la transcender. Aujourd’hui, lire un philosophe ne représente plus pour moha qu’un intérêt très limité. Les philosophes ont l’air de parler de la Terre tout en étant dans la Lune ; tandis que les sciences sociales sont plus terre-à-terre, plus empiriques, plus rigoureuses, plus “réalistes”…

    Le champ philosophique a perdu en influence, et n’est aujourd’hui plus aussi légitime qu’il l’était autrefois. Les sciences sociales ont, à mon sens, un angle d’approche plus pertinent pour expliquer la société. L’on voit même des philosophes récents comme Beauvoir ou Foucault (le terme “récent” étant très relatif j’en conviens) se rapprocher des sciences sociales pour pouvoir porter un discours écoutable et écouté.

    Les philosophes m’ont apporté beaucoup (notamment ceux qui se révèlent parents des sciences sociales, comme Rousseau ou Marx), mais ce n’est rien en comparaison de ce que les sociologues comme Durkheim ou Bourdieu m’ont appris. Après chacun possède sa propre sensibilité.



  • @prostipute C’est bien ce qu’il me semblait, la philosophie est surtout quelque chose de personnel. Personne n’a la même approche et ne l’utilise pas dans les mêmes intérêts. Et peut-être que cela a toujours été un sujet personnel dans le fond…

    Tu l’as bien souligné, on doit beaucoup de choses à la philosophie (elle a fait tous ces gosses pour les alloc’). Mais en elle-même on est plus que susceptible de lui trouver que peu d’intérêt, et ça je le comprend bien, je n’y échappe pas. De nos jours, avec les avancées de malade qu’on a pris, lire des gens qui font des suppositions sur nos origines, nos vies, nos conditions, notre devenir, ça peut passer comme dépassé, voire absurde. Cependant ils ne laissaient pas grand monde indifférents, parmi les lecteurs de leur temps. Leurs idées étaient révolutionnaires, perçues comme brillantes pour certains, inacceptables pour d’autres, voire condamnables. Les conséquences ont été considérables (même s’ils sont loin d’être l’unique cause de tout ce qu’il s’est déroulé).
    Et pourtant, est-ce que la philosophie est désormais inutile ? Est-ce que tous leurs dires peuvent être prises comme acquises dans nos mœurs, notre société ? Est-ce qu’on a accordé une bonne place à la philosophie et son utilité ?

    On est tous pris d’un point de vue propre. Tu es plus attaché à la sociologie que d’autres, qui ne sont pas tous sensibilisés à cela malgré son intérêt réel et actuel ; d’autres se marrent quand ils lisent de la philosophie de l’histoire (Hegel… au hasard… ). C’est sûr que les philosophes étaient maladroits par moment (et pour certains cas maladroit c’est gentil). Suffit de voir la vision que les philosophes ont portés sur les femmes (je sais c’est mainstream), et ce qu’il s’est déroulé depuis le XXème siècle, et avec De Beauvoir ça commençait déjà à perdre pas mal de son intérêt propre (tu l’as très bien dit, elle s’est appuyée sur d’autres domaines). Les penseurs d’antan restent des GENS de leur temps, imparfaits (comme dirait Descartes-les-jambes :trollface:). Ils voulaient sûrement apporter leur grain de sel à la science tout en nourrissant de la spiritualité (plus ou moins en fonction), mais ça ce n’est plus d’actualité.
    Avec ça, la philosophie était surtout une matière pratiquée par les savants lettrés. Des gens de milieux humbles comme le fameux et fabuleux Jiji Rousseau étaient très exceptionnels, autrement c’était surtout des nobles et des fils de notaire.

    Ce que je veux dire c’est que l’on a gardé une image peu flatteuse. Depuis que les écrivains post-Lumières continuaient à planter de la métaphysique alakon par-ci et là, la philo’ s’est mise à traîner les pattes. PIRE ! C’est carrément devenu un repère à vieux cons qui aiment parler pour rien dire SAUF POUR FAIRE LEURS INTÉRESSANTS.
    C’est CA la philosophie ?
    SÉRIEUSEMENT ?
    Quand je vois des têtes de bites comme Enthoven enseigner des dogmes philosophiques en les déformant ou en les jugeant à leur sauce, se croyant 1000 fois plus ingénieux que des têtes qui ont pensé toutes leur vie sans avoir besoin d’une cuillère en or dans le clapet, c’est ingérable !
    Aujourd’hui la philosophie fait surtout office d’Histoire de la philosophie. On raconte les penseurs et leurs pensée, dans leur temps. Pourtant, je n’ai pas l’impression que ça puisse se réduire à ça, ni que c’est réduit à ça. Actuellement il y a encore des tas de gens qui s’intéressent à la philosophie, notamment une bonne foulée d’amateurs plus ou moins crédibles (un peu comme les fan cancéreux d’Undertale), certains ont des penseurs fétiches qui les inspirent (comme toi, Prosti’, et le vendeur de pendules :trollface:). Puis NON, la philo’ ce n’est pas UNIQUEMENT une version biaisée de sciences récentes comme la psycho’. C’est aussi de la réflexion, réflexion de soi et de son monde, un développement d’un esprit critique, et un art de vivre et de sagesse.

    J’ai moi aussi eu des contacts avec des étudiants en philosophie, et ai aussi bénéficié de quelques cours.
    C’est très littéraire comme domaine, et les étudiants se doivent d’être très informés sur leur temps, en lisant des ouvrages de domaines divers (biologie, anthropologie, sociologie, psychologie, linguistique,…). La philosophie ne s’enferme pas dans sa chambre comme un emo de 13 ans, elle s’incruste bien n’importe où. On peut philosopher sur les jeux-vidéos si ça nous chante. D’ailleurs je ne connais pas de domaine qui se contente de lui-même. La socio’ s’appuie bien sur des données tirées d’ailleurs, non ?
    Moi aussi j’ai eu affaire à des gens avec des visions différentes de la mienne, et les profs de philo’ restent principalement dans de la philo’ sûrement car ils y sont plus à l’aise, mais ils ne devraient pas rester fermés du reste. Certains profs sont même farfelus, j’en ai vu, mais pour moi ça réside dans leur caractère, et le caractère d’un prof est un fléau au delà de sa matière (= c’est qu’un support, pas l’incarnation de la Vérité). Après je ne sais pas à quel genre de prof tu as eu affaire, Prosti’, mais j’ai rarement vu (pour ne pas dire jamais) des profs de philo’ ne pas parler d’autre chose que de philo’. Des sociologues, on en citait à perpette dans mes cours de philo’.

    Moi aussi je considère que certains débats philosophiques sont inutiles aujourd’hui, en dehors de leurs domaines respectifs (s’ils en ont). Et - avec ça - certaines croyances ne sont plus admissibles dans le monde des sciences. MAIS DIABLE ! Outre que la philosophie n’a rien d’une science, c’est une matière à part qui se résume à elle-même. Et aussi un sacré touriste. Comme je l’ai dit au début, c’est très personnel et on ne l’utilise pas tous de la même façon. Certains l’utilisent même mal. Beaucoup s’inspirent de la philosophie pour des raisons personnelles, et c’est de toute façon beaucoup employer comme un art de vivre.
    Pour moi, la philosophie n’est pas matière à débat mais à réflexion. On ne combat pas les idées de l’autre sans raison, on réfléchit ensemble à une solution. Et c’est pas mal pourquoi on en glisse un peu partout (social, politique,…). Par exemple, comme c’est bientôt NoWeL, Locke n’a pas attaqué les réflexions cartésiennes pour faire le Kévin mais parce qu’à leur époque il y avait un vrai souci de définition de l’Homme, et que Dédé était tout plein de failles. Lolo’ a bien remis les choses en place. Voilà pourquoi j’ai du mal avec cette idée de philosophies concurrentes façon OM-PSG, même si j’ai eu cette sensation.

    En bref de nos jour on n’a pas de raison de traiter la philo’ comme on le faisait 400 ans avant, on ne doit pas oublier que les choses ont évoluées entre les types en peignoirs qui pouvaient crever d’un rhume, et nous, mais on n’a pas plus de raison de laisser traîner la philo’ avec une image déformée. Il est tout aussi dommage que l’on est à rabaisser la philo’ à ses penseurs les plus populaires, ou à une matière inaccessibles, brumeuse et élitiste. Si la philo’ c’est se griffer entre vieux fumeurs de pipe (no homophobe) sur des sujets et des dogmes qui ne sont plus à jour, désolée mais pour moi ce n’est pas de la philosophie.
    En outre, certains écrits de philosophes sont encore actuels. Les idées de Marx sont encore utilisées, comme certaines de Rousseau et d’autres encore, qui sont même des sources inspirantes pour les thérapeutes par exemple. La philo’ c’est pas juste de la politique et du social saupoudrée de théologie chelou, il y a aussi des réflexions qui garderaient de leurs pertinences aujourd’hui.

    Voilà pourquoi je lui trouve encore de la valeur.



  • @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    En bref de nos jour on n’a pas de raison de traiter la philo’ comme on le faisait 400 ans avant, on ne doit pas oublier que les choses ont évoluées entre les types en peignoirs qui pouvaient crever d’un rhume, et nous, mais on n’a pas plus de raison de laisser traîner la philo’ avec une image déformée. Il est tout aussi dommage que l’on est à rabaisser la philo’ à ses penseurs les plus populaires, ou à une matière inaccessibles, brumeuse et élitiste. Si la philo’ c’est se griffer entre vieux fumeurs de pipe (no homophobe) sur des sujets et des dogmes qui ne sont plus à jour, désolée mais pour moi ce n’est pas de la philosophie.

    Tu vas probablement pas aimer ce que je vais dire, mais j’estime que si la philosophie a cette réputation d’être un domaine élitiste, illisible et incompréhensible, c’est en bonne partie à cause de philosophes comme Kant. On peut lire du Voltaire (beurk), du Machiavel (ça c’était un putain de génie), du Jiji, du Hobbes, du Diderot ou encore du Hume sans se prendre la tête et en étant un simple profane. Un philosophe (un scientifique aussi) se doit de paraître le plus clair et le plus compréhensible possible pour ses lecteurs. Or, utiliser un jargon élitiste à tout va (sans que cela soit nécessaire ou justifié), des tournures de phrase volontairement alambiquées… Dessert complètement la discipline et les propos tenus. J’vais pas faire ma pute, on a le même soucis dans les sciences sociales, avec quelques connards qui s’amusent à rendre leurs textes illisibles sous prétexte que ça fait élitiste et profond (cf Bourdieu).

    @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    En outre, certains écrits de philosophes sont encore actuels. Les idées de Marx sont encore utilisées, comme certaines de Rousseau et d’autres encore, qui sont même des sources inspirantes pour les thérapeutes par exemple. La philo’ c’est pas juste de la politique et du social saupoudrée de théologie chelou, il y a aussi des réflexions qui garderaient de leurs pertinences aujourd’hui.

    Certains écrits sont encore actuels ? Je veux ouais ! Thin y’a des glands qui comprennent rien à ce qui se passe dans leur vie (en politique par exemple), ô combien la lecture de Machiavel pourrait les éclairer… Ceux qui s’interrogent sur leur rapport à la religion n’ont qu’à lire la profession de foi du vicaire savoyard de Jiji. Ceux qui s’interrogent sur la peine de mort et les prisons n’ont qu’à lire surveiller et punir de Foucault. Ceux qui veulent être détendus dans leur vie n’ont qu’à lire Epictète ou Sénèque au lieu de lire des conneries sur le développement personnel… Et franchement, juste pour le fun, faut s’amuser à lire quelques extraits de livre de développement personnel, ben ça raconte à peu près la même chose que ce que disaient les stoïciens… en (beaucoup) moins bien…

    @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    On raconte les penseurs et leurs pensée, dans leur temps. Pourtant, je n’ai pas l’impression que ça puisse se réduire à ça, ni que c’est réduit à ça. Actuellement il y a encore des tas de gens qui s’intéressent à la philosophie, notamment une bonne foulée d’amateurs

    C’est un mode d’enseignement qui ne me pose guère problème, on a le même en socio. Pour bien philosopher, connaître l’histoire de la philosophie est indispensable. Enseigner l’histoire de la philo, c’est donner les outils aux étudiants pour pouvoir philosopher, mais le fait de philosopher est laissé à la discrétion de chacun. Après en socio, on doit PRATIQUER, c’est-à-dire faire des enquêtes, recherches, discussions… Ce qui me semble-t-il, est bien différent de la philo. Et puis tu t’adresses à un passionné d’histoire, donc t’attends pas à ce que je minimise l’importance de cette approche, faut pas pousser hein !

    @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    La philosophie ne s’enferme pas dans sa chambre comme un emo de 13 ans, elle s’incruste bien n’importe où. On peut philosopher sur les jeux-vidéos si ça nous chante. D’ailleurs je ne connais pas de domaine qui se contente de lui-même. La socio’ s’appuie bien sur des données tirées d’ailleurs, non ?

    En principe on peut philosopher sur tout, tout comme la sociologie peut parler de tout… Mais dans les faits, certains sujets sont des terrains de chasse gardés. Un sociologue qui parle d’économie n’a aucune légitimité, sous-entendu il n’a aucune compétence. Ca vaut également dans les deux sens, un biologiste qui tenterait d’expliquer un comportement social par la biologie (et c’est déjà arrivé), crois moha que les sociologues se jetteraient sur lui comme le feraient les employés du KFC sur un poulet. Ce n’est même pas une histoire de justesse des propos ou de pertinence, c’est juste une question de « laisser-passer ». Le philosophe qui pour parler de la société, varie ses angles de réflexion, se documente, source ses propos… ne cesse-t-il pas d’être un philosophe pour devenir de plus en plus un sociologue/psychologue/historien critique ? Un excellent exemple est Norbert Elias, philosophe de profession, il n’a jamais été admis de son vivant comme un sociologue ; mais l’histoire l’a finalement retenu comme sociologue plus que comme philosophe. Les philosophes, en jouant sur le terrain de jeu d’autres disciplines, se font soit refoulés, soit happés, mais ils ne s’imposent pas. Les différents champs sont en concurrence pour s’approprier certains sujets, c’est une lutte perpétuelle, et ça évolue sans arrêt. Néanmoins, j’estime qu’il est plus qu’important de varier ses approches et ne pas se contenter de son domaine d’étude. Un sociologue a tout à gagner à s’inspirer des philosophes (et inversement), c’était d’ailleurs un regret de nombre de mes profs, que la grande majorité des élèves n’ait AUCUNE connaissance philosophique… A mon grand regret moha aussi… Sérieux, tu leur parles de Rousseau, et y sont même pas foutus de dire en quoha consiste sa philosophie, c’est grave ! Ils se privent de connaissances qui leur seraient utiles pour leur travail.

    @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    Voilà pourquoi j’ai du mal avec cette idée de philosophies concurrentes façon OM-PSG, même si j’ai eu cette sensation.

    Je pense qu’au contraire les écoles de pensée se constituent ainsi, pour le meilleur comme pour le pire. Un champ de réflexion (le cartésianisme par exemple) ne se constitue et ne se conçoit que vis-à-vis des autres champs qui lui font concurrence pour « la parole vraie », c’est-à-dire pour dominer le champ philosophique. Je ne parle pas ici d’une volonté explicite des philosophes, mais de la manière dont fonctionne ce que nous autres sociologues appelons un « champ » (un espace de luttes pour la domination). La vérité est un enjeu de lutte, et c’est, me semble-t-il, le moteur de toutes les disputes. Mais comme le rappelle mon Bourdieu chéri «  Ce n’est pas parce que l’on pourrait découvrir que celui qui a découvert la vérité avait intérêt à le faire que cette découverte s’en trouverait tant soit peu diminuée »



  • Tu vas probablement pas aimer ce que je vais dire, mais j’estime que si la philosophie a cette réputation d’être un domaine élitiste, illisible et incompréhensible, c’est en bonne partie à cause de philosophes comme Kant. On peut lire du Voltaire (beurk), du Machiavel (ça c’était un putain de génie), du Jiji, du Hobbes, du Diderot ou encore du Hume sans se prendre la tête et en étant un simple profane. Un philosophe (un scientifique aussi) se doit de paraître le plus clair et le plus compréhensible possible pour ses lecteurs. Or, utiliser un jargon élitiste à tout va (sans que cela soit nécessaire ou justifié), des tournures de phrase volontairement alambiquées… Dessert complètement la discipline et les propos tenus. J’vais pas faire ma pute, on a le même soucis dans les sciences sociales, avec quelques connards qui s’amusent à rendre leurs textes illisibles sous prétexte que ça fait élitiste et profond (cf Bourdieu).

    Oui on voit cette contrainte dans beaucoup d’études, même en art. Certains aiment bien privatiser leur culture avec des vocabulaires complexes et des tournures tordues.
    Je ne nie aucunement cette réalité.
    Pour Kant, je suppose que tu as surtout eu affaire aux versions traduites. Et les traductions ont tendances à beaucoup changer d’un livre à l’autre. J’ai déjà lu des traductions différentes (en français) d’un même livre et les mots, comme les tournures, tout en restant fidèles à l’idée de base n’était pas de même simplicité.
    Je vais pas lister des philosophes connus qui ont dû écrire des choses imbitables, mais il faut aussi voir qu’à leur époque on ne s’exprimait pas pareil que maintenant, donc si leur façon de s’exprimer est assez bizarre, c’est pas exprès.
    Aussi sadiques soient-ils, peut-être qu’ils ont surtout un problème pour s’exprimer clairement, mais là soit c’est juste un mauvais écrivain, soit il a mal été traduit, soit c’est nous qui n’avons pas la même approche que d’autres.
    Je suis navrée mais des gens qui ont lu Kant j’en ai croisé, et plus d’un affirme l’avoir lu sans trop de difficultés. Et comme tu as dis que Hume était lisible, je t’affirme que j’ai jamais autant galéré sur un autre livre que le sien. Certains me disent aussi qu’ils ne comprennent pas l’Ethique, d’autres si, moi incluse, etc. Niveau compréhension, il y a une certaine subjectivité, et la plupart des auteurs sont traduits par d’autres pecnots.

    Certains emploient des moyens pour passer comme plus savants qu’ils ne le sont, c’est même trop courant aujourd’hui, mais les philosophes, outre leur jargon (du genre “substance”) cherchent à exprimer au mieux leurs pensées, même s’il n’est pas rare qu’on soit mené à relire des paragraphes pour les comprendre. C’est un livre de réflexion, pas Toto à la plage. Les philosophes ont la réptation d’être trop compliqué, et comme tu l’as toi-même affirmé, il y a quand-même des ouvrages qui sont accessibles.
    Cependant, si on a trop de mal à comprendre un penseur, on peut se sentir bête et exclus, et on ne devrait pas avoir ce sentiment parce qu’il est normal de ne pas toujours se comprendre. Après il existe toujours des livres et autres supports qui vulgarisent la philosophie, comme ils vulgarisent d’autres thématiques.

    Je l’ai dit déjà, pendant de longs siècles la philosophie n’était abordée que par une poignée de lettrés, et aujourd’hui on a rendue la philosophie - comme beaucoup d’autres choses - plus accessible. Ça n’efface pas les vieux cons qui aiment jouer les savants avec un jargon imbitable, et curieusement la philo’ s’en plaint. Avec quoi on défonçait les sophistes ? Et les lettrés élitistes que même Rousseau critiquait, espérant que l’humain ne soit pas mis après la science ? La philosophie nécessite une certaine maîtrise de connaissances, ainsi que d’un parler, ce qui la rend si peu accessible, mais accepter ses limites et son ignorance est aussi au cœur de la philosophie (Pascal, Socrate, Rousseau,…).

    Certains écrits sont encore actuels ? Je veux ouais ! Thin y’a des glands qui comprennent rien à ce qui se passe dans leur vie (en politique par exemple), ô combien la lecture de Machiavel pourrait les éclairer… Ceux qui s’interrogent sur leur rapport à la religion n’ont qu’à lire la profession de foi du vicaire savoyard de Jiji. Ceux qui s’interrogent sur la peine de mort et les prisons n’ont qu’à lire surveiller et punir de Foucault. Ceux qui veulent être détendus dans leur vie n’ont qu’à lire Epictète ou Sénèque au lieu de lire des conneries sur le développement personnel… Et franchement, juste pour le fun, faut s’amuser à lire quelques extraits de livre de développement personnel, ben ça raconte à peu près la même chose que ce que disaient les stoïciens… en (beaucoup) moins bien…

    :abba:
    On dirait que tu m’aguiche.
    J’ai bien fait de dire qu’ils n’étaient pas à jour sur notre monde actuel (ils tiraient pas le Tarot).
    Certains propos de philosophes, quand on les lis, ne nous semblent pas mort. Evidemment qu’il ne faut pas oublier qu’on est pas de la même époque, mais leurs bouquins n’ont pas été écris sur Pluton !! Je n’ai pas parlé de copier et coller leurs écris dans nos lois, ni d’adhérer à TOUT ce qu’ils disent, mais ils peuvent nous faire poser des questions sur nos propres conditions, comme ils l’ont fait avec la leur. Ils abordent des thèmes et des sujets qui fonctionnent encore aujourd’hui. On ne va pas éduquer nos larves avec Emile ou de l’éducation, qui a pourtant déjà bien nourrit ce domaine, mais si on les lit on peut constater qu’ils sont toujours percutant . On n’est pas forcé de passer par leurs bouquins, mais quand on voit notre monde, notre société, on peut s’interroger sur tout ça. Se poser des questions et comprendre, c’est philosopher. Aller chercher des informations dans diverses études, c’est accepter nos failles et nos ignorances, se savoir ignorant c’est philosopher, remettre en doute ce que l’on nous impose comme vrai c’est aussi philosopher. Je ne dis pas qu’il faut tout renverser ou douter de tout ! Je ne vais pas me mettre à délirer sur la platitude de la Terre, mais on est entourés d’idéologie, de façon d’agir, de jugements de valeurs, et certains nous trompe avec des discours. C’est sûr que la philosophie c’est pas le tout vrai, la chose parfaite, mais ça se fait encore et ça inspire encore.

    C’est un mode d’enseignement qui ne me pose guère problème, on a le même en socio. Pour bien philosopher, connaître l’histoire de la philosophie est indispensable. Enseigner l’histoire de la philo, c’est donner les outils aux étudiants pour pouvoir philosopher, mais le fait de philosopher est laissé à la discrétion de chacun. Après en socio, on doit PRATIQUER, c’est-à-dire faire des enquêtes, recherches, discussions… Ce qui me semble-t-il, est bien différent de la philo. Et puis tu t’adresses à un passionné d’histoire, donc t’attends pas à ce que je minimise l’importance de cette approche, faut pas pousser hein !

    Oui en philo’ ils lisent leur Kant et basta.
    Non, en philosophie on apprendre à aiguiser son esprit critique, on rédige des dissertations, on doit analyser et comprendre des textes (et pas que des textes de philo’), on observe l’actualité avec un œil philosophique tout en s’appuyant sur ce que les autres sciences actuelles rapportent. Je suis pas dans cette filière donc je ne pourrai pas te dire TOUT ce qui est fait, mais ils n’ont pas que de l’histoire de philo’.

    En principe on peut philosopher sur tout, tout comme la sociologie peut parler de tout… Mais dans les faits, certains sujets sont des terrains de chasse gardés. Un sociologue qui parle d’économie n’a aucune légitimité, sous-entendu il n’a aucune compétence. Ca vaut également dans les deux sens, un biologiste qui tenterait d’expliquer un comportement social par la biologie (et c’est déjà arrivé), crois moha que les sociologues se jetteraient sur lui comme le feraient les employés du KFC sur un poulet.

    Mais non c’est dégueu’ les poulets du KFC. :trollface:

    Je te crois. C’est évident qu’on ne peut pas tout maîtriser, et qu’on ne parlerai pas autant d’économie que l’économiste. Dans le cas de l’archéologie, on fait très souvent appelle à des spécialistes de toutes sortes, que ça soit des géologues, des biologiques, des zooarchéologues, des chimistes… Dans les domaines scientifiques, quels qu’ils soient, on a toujours tendance à inviter des spécialistes de divers zones, au moins pour un meilleur appuie dans la recherche. Si le biologiste se jette sur ceux qui parlent bio’ sans s’y connaître comme lui, c’est soit qu’il a effectivement repéré quelque chose qui ne colle pas, soit qu’il est extrêmement prétentieux du haut de sa place de biologiste certifié, et là on ne peut généraliser son cas. On ne peut pas complètement séparer les diverses sciences.

    Ce n’est même pas une histoire de justesse des propos ou de pertinence, c’est juste une question de « laisser-passer ».

    Oui, et si l’autre n’aime pas qu’on marche sur ses plates-bandes il peut mettre des antivol.
    C’est normal de sourcer ses propos, il peut pas dire n’importe quoi, ni plagier, au risque de se faire crever ses pneus. Cependant si des sujets sont si peu discutables sans avoir un diplôme c’est la mentalité de certains, je suis consciente que dans les sciences, certains préfèrent garder leur savoir pour eux, au lieux de vulgariser pour le grand nombre, et pour moi c’est juste n’importe quoi d’agir comme ça.

    Le philosophe qui pour parler de la société, varie ses angles de réflexion, se documente, source ses propos… ne cesse-t-il pas d’être un philosophe pour devenir de plus en plus un sociologue/psychologue/historien critique ? Un excellent exemple est Norbert Elias, philosophe de profession, il n’a jamais été admis de son vivant comme un sociologue ; mais l’histoire l’a finalement retenu comme sociologue plus que comme philosophe. Les philosophes, en jouant sur le terrain de jeu d’autres disciplines, se font soit refoulés, soit happés, mais ils ne s’imposent pas.

    Pas forcément (bon, je n’ai pas lu le Norbert).
    C’est pas parce-que tu te documentes ailleurs que tu ne philosophes plus, ça peut aussi être le moyen de mieux philosopher, sans tomber à côté de la plaque. Certains ont même fait le chemin inverse, comme Bergson qui était d’abord physicien. Par l’étude physique du temps et de la durée il s’est tournée vers la philo’ (déjà perçue comme ringarde et inférieure à la physique) et à donné des réflexions sur le temps et la durée (et sans tomber dans de la métaphysique).
    Les philosophes se consacrent souvent à un nombre très limité de disciplines (parce qu’on ne peut tout maîtriser), mais gardent leur position de philosophes. Certains quittent la philo’, je ne le nie pas, mais l’inverse est tout aussi là. C’est pour ça que je dis que la philosophie se glisse partout, elle ne se contente pas d’elle-même, mais elle ne se fait pas oublier non plus. Elle ne s’accapare pas les sujets, elle en parle sous un angle philosophique.

    Les différents champs sont en concurrence pour s’approprier certains sujets, c’est une lutte perpétuelle, et ça évolue sans arrêt.

    Karl Marx confirmed.

    Néanmoins, j’estime qu’il est plus qu’important de varier ses approches et ne pas se contenter de son domaine d’étude. Un sociologue a tout à gagner à s’inspirer des philosophes (et inversement), c’était d’ailleurs un regret de nombre de mes profs, que la grande majorité des élèves n’ait AUCUNE connaissance philosophique… A mon grand regret moha aussi… Sérieux, tu leur parles de Rousseau, et y sont même pas foutus de dire en quoha consiste sa philosophie, c’est grave ! Ils se privent de connaissances qui leur seraient utiles pour leur travail.

    C’est exactement ce que je veux dire. Si certains veulent se limiter à leur domaine, c’est leur problème. On peut trouver dans la philosophie des réflexion qui peuvent dénoncer ou rappeler des choses qui puissent être utiles pour divers domaines, comme l’éthique en biologie ou les valeurs sociales et culturelles.

    Je pense qu’au contraire les écoles de pensée se constituent ainsi, pour le meilleur comme pour le pire. Un champ de réflexion (le cartésianisme par exemple) ne se constitue et ne se conçoit que vis-à-vis des autres champs qui lui font concurrence pour « la parole vraie », c’est-à-dire pour dominer le champ philosophique. Je ne parle pas ici d’une volonté explicite des philosophes, mais de la manière dont fonctionne ce que nous autres sociologues appelons un « champ » (un espace de luttes pour la domination). La vérité est un enjeu de lutte, et c’est, me semble-t-il, le moteur de toutes les disputes. Mais comme le rappelle mon Bourdieu chéri «  Ce n’est pas parce que l’on pourrait découvrir que celui qui a découvert la vérité avait intérêt à le faire que cette découverte s’en trouverait tant soit peu diminuée »

    Il y a du vrai. C’est sûr que les plus belliqueux se complaisent à casser les idées de l’autre pour affirmer sa vérité. Hors ce qui intéresse la science c’est d’atteindre au plus près la vérité, objectif hérité de la philosophie.
    Certains ont cru au cartésianisme (et s’il y en a encore on leur fera un Téléthon) parce qu’ils adhéraient aux pensées de Dédé, mais ils n’étaient pas pour autant philosophes. Juste pro-cartésiens.
    Certains philosophes ne visaient même pas la vérité (le savoir complet) dans leur réflexion, mais se devaient uniquement d’être juste dans leur réflexion, et non pas vraisemblables comme les sophistes.
    Il ne faut pas zapper que philosophie, ça veut littéralement dire amour de la sagesse.



  • @beanobecher a dit dans La philosophie et les philosophes :

    Je suis navrée mais des gens qui ont lu Kant j’en ai croisé, et plus d’un affirme l’avoir lu sans trop de difficultés. Et comme tu as dis que Hume était lisible, je t’affirme que j’ai jamais autant galéré sur un autre livre que le sien. Certains me disent aussi qu’ils ne comprennent pas l’Ethique, d’autres si, moi incluse, etc. Niveau compréhension, il y a une certaine subjectivité, et la plupart des auteurs sont traduits par d’autres pecnots.

    « Péquenaud », et le terme scientifique est « habitant rural » ! Après si t’as eu des difficultés avec Hume et pas avec Kant, ma foi, tu dois avoir raison, tout cela est bien subjectif…

    On dirait que tu m’aguiche.

    Certaines sont sensibles aux fleurs, d’autres à la musique, d’autres encore aux compliments, toha c’est aux philosophes… Je prends note, lister les stoïciens devrait me rendre irrésistible :wagner:

    remettre en doute ce que l’on nous impose comme vrai c’est aussi philosopher. Je ne dis pas qu’il faut tout renverser ou douter de tout ! Je ne vais pas me mettre à délirer sur la platitude de la Terre, mais on est entourés d’idéologie, de façon d’agir, de jugements de valeurs, et certains nous trompe avec des discours. C’est sûr que la philosophie c’est pas le tout vrai, la chose parfaite, mais ça se fait encore et ça inspire encore.

    Toha je suis sûr que t’aimerais Bourdieu ! Prendre conscience de ce qui pour les autres va de soi (tellement évident qu’on ne l’interroge même pas), c’est déjà un pas en avant vers le savoir et une plus grande liberté. Se rendre compte qu’on a des chaînes, c’est se mettre en position de s’en défaire, car on ne peut pas combatte ce qu’on ne soupçonne pas d’exister (les déterminismes sociaux par exemple).

    Non, en philosophie on apprendre à aiguiser son esprit critique, on rédige des dissertations, on doit analyser et comprendre des textes (et pas que des textes de philo’), on observe l’actualité avec un œil philosophique tout en s’appuyant sur ce que les autres sciences actuelles rapportent. Je suis pas dans cette filière donc je ne pourrai pas te dire TOUT ce qui est fait, mais ils n’ont pas que de l’histoire de philo’.

    Ouhlala, tout doux ! Ce que j’ai voulu dire, c’est que comme en philo, les sociologues observent l’actualité, ils rédigent des analyses sur le monde social, ils aiguisent leur œil critique… Mais ce qui différencie leur discipline de la philo, c’est qu’il est nécessaire de « pratiquer ». Par pratiquer, j’entends devoir collecter des informations directement, aller choper des statistiques ou même les produire soi-même, aller faire des entretiens avec les gens qu’on étudie, les retranscrire, les analyser… Bref, le sociologue a comme nécessité de se baser sur des matériaux empiriques, il doit apporter ses sources et ses preuves, sans quoha son travail sera jugé comme trop discursif, c’est-à-dire tenant plus de la philosophie que de la science.

    Mais non c’est dégueu’ les poulets du KFC. :trollface:

    HEIN ? COMMENT ? C’EST PAS POSSIBLE ! Quelqu’un qui n’aime pas le poulet du colonel ! :panic:

    Je te crois. C’est évident qu’on ne peut pas tout maîtriser, et qu’on ne parlerai pas autant d’économie que l’économiste. Dans le cas de l’archéologie, on fait très souvent appelle à des spécialistes de toutes sortes, que ça soit des géologues, des biologiques, des zooarchéologues, des chimistes… Dans les domaines scientifiques, quels qu’ils soient, on a toujours tendance à inviter des spécialistes de divers zones, au moins pour un meilleur appuie dans la recherche. Si le biologiste se jette sur ceux qui parlent bio’ sans s’y connaître comme lui, c’est soit qu’il a effectivement repéré quelque chose qui ne colle pas, soit qu’il est extrêmement prétentieux du haut de sa place de biologiste certifié, et là on ne peut généraliser son cas. On ne peut pas complètement séparer les diverses sciences.

    Ce que j’ai omis d’ajouter, c’est qu’il est toujours bon que des « profanes » viennent rappeler aux spécialistes, souvent trop renfermés dans leur spécialité et pas assez ouverts sur les autres domaines, que la réalité est plurielle. C’est pour ça que jeuggle contre les découvertes des biologistes ou des neurologues concernant la « nature humaine » et ses incidences sur le comportements humains. Tant qu’on reste dans le paradigme biologiste, ces théories semblent justes ; mais si l’on élargit son champ de vision, si l’on fait intervenir les sciences sociales, l’on vient remettre en cause des choses qui sans cela paraitraient évidentes. Il est nécessaire (et presque impossible comme je l’ai dit) de rappeler au monde que ce que disent les spécialistes d’un domaine peut être erroné et fallacieux. Alors oui, un profane qui vient donner des leçons à un spécialiste, ça peut paraître hautain ou prétentieux, ça l’est même sûrement, mais une démarche critiquable n’influe pas sur la pertinence de l’information elle-même, enfin en théorie.

    C’est pas parce-que tu te documentes ailleurs que tu ne philosophes plus, ça peut aussi être le moyen de mieux philosopher, sans tomber à côté de la plaque. Certains ont même fait le chemin inverse, comme Bergson qui était d’abord physicien. Par l’étude physique du temps et de la durée il s’est tournée vers la philo’ (déjà perçue comme ringarde et inférieure à la physique) et à donné des réflexions sur le temps et la durée (et sans tomber dans de la métaphysique).

    J’ignorais ça pour Bergson, c’est toujours bon à savoir ! Mais tu remarqueras que Bergson est connu et reconnu comme philosophe plus que comme physicien.

    C’est pour ça que je dis que la philosophie se glisse partout, elle ne se contente pas d’elle-même, mais elle ne se fait pas oublier non plus. Elle ne s’accapare pas les sujets, elle en parle sous un angle philosophique.

    Elle n’impose pas son discours, elle ne s’approprie plus rien. Au XVIIème et XVIIIème siècle, la philosophie s’est accaparée l’éducation, autrefois domaine religieux (me semble-t-il). La philosophie, pour exister en tant que discipline à part entière, ne peut se contenter de parler de certains sujets, il faut qu’elle se les approprie !

    Il ne faut pas zapper que philosophie, ça veut littéralement dire amour de la sagesse.

    Et le parti nazi était social-démocrate, comme quoha les noms peuvent être trompeurs :cochon:



  • @prostipute a dit dans La philosophie et les philosophes :

    « Péquenaud », et le terme scientifique est « habitant rural » ! Après si t’as eu des difficultés avec Hume et pas avec Kant, ma foi, tu dois avoir raison, tout cela est bien subjectif…

    :sob: Maintenant tu fais du français (tu enseignes des cours de français).

    Certaines sont sensibles aux fleurs, d’autres à la musique, d’autres encore aux compliments, toha c’est aux philosophes… Je prends note, lister les stoïciens devrait me rendre irrésistible :wagner:

    :cry: The bitch knows !! :crryy:
    Mais pourquoi diable des stoïciens ? è_è

    Toha je suis sûr que t’aimerais Bourdieu !

    Il a l’air gentil le meussieu, vévouar. o🎈('u’o)

    Prendre conscience de ce qui pour les autres va de soi (tellement évident qu’on ne l’interroge même pas), c’est déjà un pas en avant vers le savoir et une plus grande liberté. Se rendre compte qu’on a des chaînes, c’est se mettre en position de s’en défaire, car on ne peut pas combatte ce qu’on ne soupçonne pas d’exister (les déterminismes sociaux par exemple).

    Prendre conscience de ce qui va de soi pour les autres sans se poser de question ? Je pensais qu’en philo’ on faisait l’inverse (se poser des questions sur ce qui nous semble normal ou injugeable).

    Ouhlala, tout doux ! Ce que j’ai voulu dire, c’est que comme en philo, les sociologues observent l’actualité, ils rédigent des analyses sur le monde social, ils aiguisent leur œil critique… Mais ce qui différencie leur discipline de la philo, c’est qu’il est nécessaire de « pratiquer ». Par pratiquer, j’entends devoir collecter des informations directement, aller choper des statistiques ou même les produire soi-même, aller faire des entretiens avec les gens qu’on étudie, les retranscrire, les analyser… Bref, le sociologue a comme nécessité de se baser sur des matériaux empiriques, il doit apporter ses sources et ses preuves, sans quoha son travail sera jugé comme trop discursif, c’est-à-dire tenant plus de la philosophie que de la science.

    Aaaanh oki. :angel: Et ça a l’air bien.

    HEIN ? COMMENT ? C’EST PAS POSSIBLE ! Quelqu’un qui n’aime pas le poulet du colonel ! :panic:

    C’est vrai ils sont bizarres je trouve. :cry:

    Ce que j’ai omis d’ajouter, c’est qu’il est toujours bon que des « profanes » viennent rappeler aux spécialistes, souvent trop renfermés dans leur spécialité et pas assez ouverts sur les autres domaines, que la réalité est plurielle.

    Oui voilà, j’avais dû y faire allusion, enfin les sciences ne peuvent rester fermées sur un seul domaine.

    C’est pour ça que jeuggle contre les découvertes des biologistes ou des neurologues concernant la « nature humaine » et ses incidences sur le comportements humains. Tant qu’on reste dans le paradigme biologiste, ces théories semblent justes ; mais si l’on élargit son champ de vision, si l’on fait intervenir les sciences sociales, l’on vient remettre en cause des choses qui sans cela paraitraient évidentes. Il est nécessaire (et presque impossible comme je l’ai dit) de rappeler au monde que ce que disent les spécialistes d’un domaine peut être erroné et fallacieux. Alors oui, un profane qui vient donner des leçons à un spécialiste, ça peut paraître hautain ou prétentieux, ça l’est même sûrement, mais une démarche critiquable n’influe pas sur la pertinence de l’information elle-même, enfin en théorie.

    Les neurologues sont si peu intéressés aux phénomènes sociaux ?
    Mais je suis d’accord que les profanes ne doivent pas être mis en dehors de toussa, c’est discriminant en plus. :cry:

    J’ignorais ça pour Bergson, c’est toujours bon à savoir ! Mais tu remarqueras que Bergson est connu et reconnu comme philosophe plus que comme physicien.

    Tutafeh. Il a abordé des réflexions philosophiques, il s’y plaisait bien. B)

    Elle n’impose pas son discours, elle ne s’approprie plus rien. Au XVIIème et XVIIIème siècle, la philosophie s’est accaparée l’éducation, autrefois domaine religieux (me semble-t-il). La philosophie, pour exister en tant que discipline à part entière, ne peut se contenter de parler de certains sujets, il faut qu’elle se les approprie !

    C’est ça que je trouve bizarre. La philosophie s’est accaparée l’éducation dans ses réflexions. La philosophie a abordé la question de l’éducation, je vois pas de projets de conquêtes intellectuels avec des raids, elle a voulu y mettre de son grain de sel, mais il y a une différence entre pratiquer la philosophie et éduquer. (en plus Rousseau il a jeté ses gosses kelkepar) Les philosophes eux-même ne sont même pas tutafeh d’accord sur leur rôle. Un autre sujet qu’ils ont toujours bien aimé: la politique. Certains, surtout les types chelou de l’Antiquité, disait que la philosophie devait être une base primordiale pour gouverner, mais on en a vu d’autres après qui disaient clairement que les philosophes ne pouvaient être chefs d’Etat. Ils ont plus donné à la politique qu’ils n’ont pris. La philo’ vient un peu partout, remet en question les choses, veut se rendre utile, et même si elle a ses sujets fétiches et que par moment elle a pu - comme tu dis - s’accaparer un domaine, dans d’autres cas elle a plutôt été accaparée. On a utilisé des réflexions philosophiques pour la politique, pour le domaine morale, le traitement de l’autre, l’esclavage, le travail, le droit de propriété, la culture etc.
    Aussi c’est peut-être que les penseurs ne traitent pas de la même manière la philosophie, certains lui donne plus d’importance que d’autres, certains lui en donne même trop, certains l’utilisent juste mal…

    Il ne faut pas zapper que philosophie, ça veut littéralement dire amour de la sagesse.

    Et le parti nazi était social-démocrate, comme quoha les noms peuvent être trompeurs :cochon:

    T_T Ok, tiens:
    0_1512656188722_52cefda7-0c38-42a5-a32f-e0d06d752ea8-image.png
    Bah la philosophie c’est une choses, les philosophes c’en est une autre.



  • Tu laisses Rousseau en dehors de tout ça, on mêle pas les Suisses à nos affaires è_é



  • @prostipute a dit dans La philosophie et les philosophes :

    Tu laisses Rousseau en dehors de tout ça, on mêle pas les Suisses à nos affaires è_é

    Les Suisses ne se mêlent jamais aux autres. :trollface:
    J’ai hâte de ton topic sur Jiji. :spring:



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