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Sous l'oeil de la Hadopi, l’appétit des 8-14 ans pour « la fast culture »


  • Admin

    Que font les très jeunes sur les écrans ? C’est ce qu’a voulu savoir la Hadopi dans le cadre d’une étude qualitative publiée aujourd’hui. Le document, long de 85 pages, a pour objectif de sonder les pratiques des 8-14 ans, la génération dite des « smartphone native » dopée au streaming et à Facebook.

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    Cette étude menée avec l’institut June Marketing - MSM est l’une des nombreuses initiées par la rue de Texel dans le cadre de sa mission légale d’observation. Une soixantaine de jeunes ont été auditionnés au fil d’entretiens, nourris par des carnets quotidiens où ceux-ci répertoriaient leurs pratiques de consommation.

    L’étude fait des constats assez évidents, à savoir qu’un jeune va au fil des années, se tourner plus en plus vers des contenus dématérialisés. À partir de 10 ans, par exemple, ils « n’écoutent plus de CD ni ne regardent de DVD » préférant se gorger des vidéos des YouTubers, abandonnant tout autant les contenus destinés aux enfants pour des « artistes aux textes plus complexes ou plus transgressifs » tels Jul ou Booba. Bref, plus ils grandissent, plus la consommation se dématérialise, plutôt en faveur des accès payants pour les foyers CSP+ et les accès gratuits chez les CSP-.

    Appétence pour la fast culture, facile, gratuite, rapide

    Sur cette évolution, YouTube est considéré comme le principal canal de découverte. « YouTube façonne les usages et attentes des 8-14 ans en termes de gratuité et d’accès en streaming. Il détermine également le modèle de réussite « au nombre de vues » des artistes, à travers l’exemple des Youtubers, faisant passer au second plan la question des revenus générés par la création. »

    La génération réclame d’ailleurs des biens culturels numériques faciles d’accès, gratuits et rapides à consommer. Soit le modèle de la plateforme de Google, notamment. Voilà donc ouverte « l’ère de la fast culture » résume la Hadopi. Ces pratiques parfois compulsives ont aussi des effets sur la question de la valeur qui « ne réside plus tant dans l’œuvre et sa création que dans le service, la mise à disposition, et la praticité de la consommation ». Les salles de cinéma, les concerts, les livres papier et les jeux sur console restent les derniers bastions où la culture est encore valorisée.

    De l’illicite, sans le savoir

    Message de la Hadopi aux parents

    Sachant que plusieurs jeunes ont fait part de leurs craintes à l’égard de certains risques cyber, tels virus, l’exposition à des contenus inappropriés, le cyberharcèlement, etc., la Hadopi recommande aux parents de mieux valoriser le travail des créateurs, d’expliquer les enjeux financiers tout en accompagnant l’enfant pour l’aider à mieux tracer la frontière entre le licite et ce qui ne l’est pas.

    Au-delà, le document pourra surtout être utilisé pour remettre au chaud une mise à jour législative visant les sites de streaming illicite. Un sujet sur lequel la Hadopi travaille de longue date, d’autant qu’elle se retrouve face à un P2P tombé en désuétude pour cette génération en devenir.

    Suite et source : nextinpact.com