Le risque suicidaire ; on en parle ?



  • Un topic a déjà été ouvert au sujet du suicide, l’introduction étant un peu différente, je me permets d’ouvrir celui-ci en complément.

    Parler de la mort n’a jamais fait mourir personne (même si on la prononce trois fois, elle n’arrive pas toute seule)
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    je voulais qu’on puisse échanger ici ensemble.

    NB : en cas de doute, de besoin, de souhait, si vous sentez que vous avez besoin pour vous ou un de vos proches, n’hésitez surtout pas à par votre médecin traitant pour demander des conseils sur la possibilité de consulter un psychiatre, un psychologue, un psychanalyste, … ou discuter directement avec une personne à laquelle vous pensez quand vous entendez risque suicidaire. Au pire vous vous tromper et vous pourrez en rire plus tard, au mieux vous pouvez peut-être l’aider.

    Pour ouvrir le débat, je fais un petit récap’ (à compléter par tous au fil de la conversation, au travers de nos connaissances, expériences et questionnements) sur ce qu’est ou n’est pas le suicide.

    • A commencer par une idée reçue ; le suicidaire ne parle pas de ses intentions (une majorité d’entre nous doit déjà avoir entendu le « s’il dit qu’il va le faire, aucun risque, le VRAI ne dit RIEN » ou encore le « il parle de suicide pour se rendre intéressant »). ❌ C’est faux et archi faux !
      Il ne faut JAMAIS minimiser les intentions suicidaires d’une personne en souffrance psychique. La majorité des suicidaires ont parlé de leurs intentions avant la tentative.
    • Le suicide n’est pas une maladie ; c’est un comportement qui exprime un profond mal-être (un état dépressif aigu).
    • Le suicide n’est pas un acte de courage, et ce n’est pas non plus une action lâche. La personne suicidaire ne perçoit plus d’autres solutions pour résoudre sa problématique, pour elle c’est juste la seule issue possible.

    Comment accompagner une personne en souffrance psychique ?
    Pour moi, l’écoute est évidemment essentielle dans ces moments-là. Il est parfaitement inutile d’essayer de dissuader le suicidaire qu’il a tort, de le culpabiliser en lui disant qu’il fera du mal aux autres s’il mourait…
    La personne qui s’apprête à passer à l’acte ne sera pas en mesure d’entendre vos propositions.
    L’écoute peut permettre à l’autre d’entendre qu’il a besoin d’aide et d’accompagnement. On essaye ensemble de montrer qu’il y a peut-être d’autres solutions plutôt que la mort.

    Il y a encore beaucoup de choses à dire, à vous 🎙



  • @Chibi a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    • Le suicide n’est pas un acte de courage, et ce n’est pas non plus une action lâche. La personne suicidaire ne perçoit plus d’autres solutions pour résoudre sa problématique, pour elle c’est juste la seule issue possible.

    Personnellement je continuerai de considérer que c’est une acte de courage dans le sens où ce courage je le cherche depuis plus de 20 ans et que je sais que dès que je le trouverai je le saisirai

    @Chibi a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Comment accompagner une personne en souffrance psychique ?

    Je vois pas pourquoi il faudrait l’accompagner. Pour moi le droit de vouloir mourir devrait être respecté sans essayer de faire changer d’avis. On peut ne pas vouloir la même chose mais respecter l’envie de celui qui l’a.



  • @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Je vois pas pourquoi il faudrait l’accompagner. Pour moi le droit de vouloir mourir devrait être respecté sans essayer de faire changer d’avis. On peut ne pas vouloir la même chose mais respecter l’envie de celui qui l’a.

    Très juste débat éthique !
    Pour les professionnels de la santé (et non suicidaires) que le suicide soit un choix ou non (discutable de manière philosophique) le suicidaire ne cherche pas à mourir. Il cherche à ne plus souffrir ; auquel cas l’accompagnement prend tout son sens.



  • @Chibi a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Je vois pas pourquoi il faudrait l’accompagner. Pour moi le droit de vouloir mourir devrait être respecté sans essayer de faire changer d’avis. On peut ne pas vouloir la même chose mais respecter l’envie de celui qui l’a.

    Très juste débat éthique !
    Pour les professionnels de la santé (et non suicidaires) que le suicide soit un choix ou non (discutable de manière philosophique) le suicidaire ne cherche pas à mourir. Il cherche à ne plus souffrir.

    Euh …en ce qui me concerne le jour où je trouverai le courage de me suicider je ne le ferai pas pour ne plus souffrir (parce que je ne souffre pas) mais pour ne plus vivre car je n’y trouve aucun intérêt



  • @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @Chibi a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Je vois pas pourquoi il faudrait l’accompagner. Pour moi le droit de vouloir mourir devrait être respecté sans essayer de faire changer d’avis. On peut ne pas vouloir la même chose mais respecter l’envie de celui qui l’a.

    Très juste débat éthique !
    Pour les professionnels de la santé (et non suicidaires) que le suicide soit un choix ou non (discutable de manière philosophique) le suicidaire ne cherche pas à mourir. Il cherche à ne plus souffrir.

    Euh …en ce qui me concerne le jour où je trouverai le courage de me suicider je ne le ferai pas pour ne plus souffrir (parce que je ne souffre pas) mais pour ne plus vivre car je n’y trouve aucun intérêt

    Tu as toujours ressenti cette absence d’intérêt ou c’est récent?



  • @Eleha a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @Chibi a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    @nwanda a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Je vois pas pourquoi il faudrait l’accompagner. Pour moi le droit de vouloir mourir devrait être respecté sans essayer de faire changer d’avis. On peut ne pas vouloir la même chose mais respecter l’envie de celui qui l’a.

    Très juste débat éthique !
    Pour les professionnels de la santé (et non suicidaires) que le suicide soit un choix ou non (discutable de manière philosophique) le suicidaire ne cherche pas à mourir. Il cherche à ne plus souffrir.

    Euh …en ce qui me concerne le jour où je trouverai le courage de me suicider je ne le ferai pas pour ne plus souffrir (parce que je ne souffre pas) mais pour ne plus vivre car je n’y trouve aucun intérêt

    Tu as toujours ressenti cette absence d’intérêt ou c’est récent?

    toujours



  • J’ai envie de rajouter un point, que je n’ai pas voulu mettre dans l’intro par peur de faire un truc trop long.
    En ce qui concerne les personnes qui ont vécu le suicide ou la tentative d’autolyse d’une personne, pour qui il doit y avoir un fort sentiment de culpabilité, la toute-puissance qui nous constitue prend un violent coup (toute-puissance ébranlée qui est vécue aussi par les professionnels du soin) alors que parfois, c’est juste inévitable, même si on a fait tout ce qu’on pouvait (parce qu’on ne peut pas sauver tout le monde).



  • @Ratonhnhakéton tu mets le doigt sur quelque chose d’important ; le suicide actif (auquel on pense plus facilement) et le suicide passif comme pour ton père qui a choisi d’arrêter son traitement.

    Le suicide actif est probablement plus traumatisant pour les proches, mais ça n’enlève pas la violence du geste.
    Mais comme tu le soulignes tout dépend du contexte et de l’histoire personnelle de chacun.



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  • Ce qui m’interpelle dans ce que tu dis @nwanda c’est que tu prends toujours la problématique dans laquelle tu te trouves (je me permets parce que tu en parles régulièrement ici ou là) par le même bout : trouver le courage ou une solution pour en finir, mais sans en souffrir physiquement.
    Je rejoindrai un peu chibi, ce n’est peut être pas tant une volonté de mourir, mais plus un besoin de ne plus “rien ressentir”, qui est déjà un sentiment de mort en soi.

    Tu es dans une solution : passage à l’acte ou pas. Pour l’instant non, car tu n’en as pas le courage.
    Mais le courage de tenter de changer quelque chose en toi pour ressentir enfin (des émotions, du désir, des envies…) ?
    J’imagine que lorsqu’on ne ressent rien, cette perspective n’a aucun intérêt en soi … mais qu’as tu à perdre en fait à ne serait ce qu’essayer de chercher vraiment une échappatoire dans ce sens ?

    Juste une petite réflexion, sans aucun jugement sur ton propos ou tes ressentis, ou non ressenti d’ailleurs.



  • @Chibi tu as raison de commencer par démonter quelques préjugés sur la question, comme le fait qu’une personne qui passera à l’acte n’en parlera pas avant. D’ailleurs il peut même y avoir 10 TS avant et la dernière qui sera la bonne, et pas par accident.

    Perso je vois un peu le suicide comme une gangrène, notamment pour les survivants (l’entourage). Je pourrais développer, mais il y a aussi un accompagnement important à faire à ce niveau (en terme de prévention)



  • Le mal être d’une personne n’est pas toujours perceptible pour l’entourage et le passage à l’acte survient parfois sans même que l’intéressé y puisse quelque chose car quand on est en souffrance on ne raisonne plus…ceci est mon ressenti à moi :hum:



  • @Froggy a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Je rejoindrai un peu chibi, ce n’est peut être pas tant une volonté de mourir, mais plus un besoin de ne plus “rien ressentir”, qui est déjà un sentiment de mort en soi.

    Et je voudrais plus ressentir quoi? Non non c’est bien une volonté de mourir pour ma part.

    @Froggy a dit dans Fiche psycho - le risque suicidaire :

    Tu es dans une solution : passage à l’acte ou pas. Pour l’instant non, car tu n’en as pas le courage.
    Mais le courage de tenter de changer quelque chose en toi pour ressentir enfin (des émotions, du désir, des envies…) ?
    J’imagine que lorsqu’on ne ressent rien, cette perspective n’a aucun intérêt en soi … mais qu’as tu à perdre en fait à ne serait ce qu’essayer de chercher vraiment une échappatoire dans ce sens ?

    Je comprends rien à ce que tu dis mais si c’est “n’as-tu jamais essayé de changer pour trouver un intérêt à la vie?” Ma réponse est "evidemment qu’en 38 ans j’ai essayé mais me suis rendu compte que je jouais juste le rôle de quelqu’un de normal pour qui être en vie est une bonne chose. Mais en réalité, non il n’y a vraiment aucun intérêt à vivre pour moi



  • @nwanda probablement que je n’ai pas été très claire non plus. C’était juste un questionnement concernant ce que tu dis, et pas du tout une prétention de ma part de croire comprendre ce que tu ressens (ou ne ressens pas d’ailleurs) et encore moins de chercher à te convaincre de quoi que ce soit.

    J’imagine que tu as tourné cette question dans ta tête, mais parfois on est persuadé et convaincu d’avoir fait le tour de quelque chose, alors qu’en réalité on regarde toujours sous le même angle les choses. C’était juste le but de mon intervention te concernant en fait 🙂



  • @Ratonhnhakéton en France on y arrive tout doucement, mais ce n’est pas si facile de le mettre en place, en particulier pour des raisons éthiques.
    Le patient n’est pas le seul décideur ni responsable de son suicide dans le cas d’une euthanasie.
    Actuellement, il me semble que beaucoup de médecins sont encore très résistants à la fin de vie, à la mort et donc au suicide assisté.



  • Je ne sais pas s’il existe des sondages pour ça, mais dans les conférences et ma petite pratique, j’ai rencontré une majorité de médecins encore réticents à donner la mort, plutôt qu’à essayer de sauvegarder la vie.


  • Banned

    Ce doit être aussi parce qu’ils considèrent que c’est un échec si le suivi se termine par la mort du patient, qu’elle ait été volontaire ou non. En quelque sorte que si on en est arrivé là c’est que le boulot n’a pas été bien fait.



  • Je généralise probablement très grossièrement, et je pense que si les professionnels du soin me lisaient ils feraient un bond, mais les soignants sont un peu conditionnés pour soigner, et donc guérir.
    Que la cause soit explicable, rationnelle ou je ne sais quoi, n’empêche pas le sentiment d’échec qu’on peut voir dans la mort de son patient.

    Dans le cas d’un psychiatre, par exemple, si son patient se suicide, il pourrait se sentir en échec parce qu’il n’a pas pu le sauver.
    Alors qu’en étant rationnel (ce que le conscient fera dans la plupart des cas, en rejetant éventuellement le sentiment d’échec éprouvé à un moment donné - et c’est tout l’intérêt des défenses psychiques), le médecin sait très bien que si son patient est mort, il n’en est aucunement raisonnable.

    Mais peut-être que je suis dans le tort.
    On manque de médecin dans l’assistance 😞



  • Je n’avais pas compris que quand tu parlais de suicide assisté c’était pour des personnes qui n’avaient ni critère d’âge ni maladie incurable.

    Sauf erreur dans les pays où il est autorisé le suicide assisté ne se fait qu’à partir de critères stricts ; évidemment pour les pathologies incurables mais, et je trouve ça très intéressant, pour certains pays l’âge arrive en ligne de compte. Une vieille personne qui estime avoir fait le tour, finit ce qu’elle avait à faire, etc. peut prétendre au suicide assisté.
    (Ce sont des souvenirs de conférence, parce que j’ai la flemme de chercher des sources plus fiables que ma mémoire.)



  • Pour la Belgique voilà les critères/

    Une euthanasie ne peut être pratiquée que si les conditions suivantes sont remplies :

    La demande écrite est formulée de manière volontaire, réfléchie, répétée et ne fait l’objet d’aucune pression extérieure.
    Le patient se trouve dans une situation médicale sans issue.
    La souffrance physique et/ou psychique est constante, insupportable et inapaisable.
    L’état du patient est dû à une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable.
    Le patient est une personne majeure capable d’exprimer ce qu’elle veut.
    Le patient est une personne mineure capable de juger par elle-même. Le psychologue ou pédopsychiatre décide de la capacité de jugement du mineur.


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