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Écriture automatique


  • Team

    Je tente de ressusciter un classique.

    Petit rappel sur le concept : l’écriture automatique est un exercice qui consiste à laisser parler sa plume (ou son clavier, ici, en l’occurrence).
    En clair, le but est de se laisser écrire sans prendre le temps de réfléchir à ce que l’on veut dire, sans se reprendre et sans se corriger.
    Aucune exigence de style, de taille ou de thème.

    Donc voilà, lâchez-vous et/ou lisez les créations des autres.


  • Team

    Encore une fois, je suis fatigué du monde. Le monde est si grand, si lent, si pétri dans ses certitudes. Saleté de création et d’existence.
    Pourquoi vit-on? Pourquoi meurt-on? Merde, j’ai l’impression d’être dans Starmania avec mes questions à la con.

    Mon clavier parle-t-il vraiment à ma place? Parce que l’idée de laisser parler sa plume ou son clavier est une figure rhétorique pour le moins ubuesque. J’aime bien dire “pour le moins ubuesque”, ça fait classe.
    En fait, c’est l’essence même de la littérature : la résistance. La prolifération. La réticence. Les figures de style qui s’imposent avec classe, avec grâce, et grâce à elles, l’écrit prend ses ailes, et crie superbement sur les toits du monde. Ce fameux monde, toujours là, dont on est tous fatigué.

    Le monde se fatigue peut-être aussi de nous. Ne sommes-nous pas un peu chiants, après tout. On piétine le monde. On pollue le monde. On lit le Monde. Le pauvre, mont d’imagination, mon imagination si féconde, si nauséabonde, si moribonde. Un peu comme James Bond, with whom I like to bond. C’est immonde et innommable. Un nomade qui raconte des fables s’attable à mon étable. Je lui mets un coup de câble entre les gencives, il saigne et s’ensuit alors le seigle du pain qu’il me met dans la tronche. Ronchon que je suis, je clonche.
    Non, ce mot n’existe pas. C’est aussi ça, la littérature.

    Et je titube. Et je m’entube. Je rentre dans un pub, je bois une bière, et je jette une pierre sur le premier qui a posé une pêche sur le comptoir. Car le comptoir, c’est les discussions les plus merdiques qui existent dans ce foutu monde. Le comptoir, c’est un peu comme si je ne savais pas comment finir cette phrase car je l’ai commencée n’importe comment. Me voilà bien.
    Bien entendu, j’ai vu, senti et ouï que ma poésie te touchait profondément. La poésie, ce n’est pas la rime. C’est l’émotion. L’émotion de te voir si heureux. L’émotion de te voir si triste. Les motions que le PS adopte. Les motions que les Républicains n’adopteront pas, car l’argent fait loi là-bas.

    Putain de forum de gauchistes, c’était bien la peine d’élire les Pays-Bas. Pays-Bas de merde qui s’oppose aux Hauts-de-France de merde. Merde, merde, merde. Et j’emmerde la réforme. Et j’emmerde la révolution. Et j’emmerde les nuits que je passe debout en restant assis sur ma chaise. Et j’emmerde les jours où je suis oisif alors que j’ai besoin d’être occupé.
    Et j’emmène avec moi les enfants d’une génération maudite, condamnée à ne pas vieillir, car si elle vieillit, elle mourra. La génération dégénérée, générant insultes et mépris, générée par les cons, ceux qui étaient là avant nous et qui paieront rien de ce qui se passe après eux.

    Bref, bref, bref, que dire de plus? Tout ça, tout ça, des balivernes et des salopettes. Des calomnies et des caleçons. Des conneries et moi. Mon écriture. Mon entreprise. Mon égo. Mon égo trip. Nous revoilà dans la manie des étoiles, ces étoiles du passé, du futur, qui tombent sur nous, qui nous tuent, nous muent, nous ruent, nous suent, nous guent. Gluant destin qu’est le nôtre. Un peu comme nos faux pas.
    Et nos vrais pas, dans tout ça? Nous marchons, ensemble, réunis, ouais. Nos pas nous mènent à la destination. La destination inconnue et fantasmée, la destination crainte et espérée. Pas de dieu, pas de créateur, pas d’épiphanie. Le vide, le monstre, le nuage de néant, le souffle de soufre qui souffre de ne nous voir essoufflés par notre bêtise.

    Et c’est trop long, trop long. Trop con. Trop chiant. Trop bêta. Trop alpha. Et même pas drôle.
    On se tape dessus, on se crie dessus, on se bave dessus. Les uns contre les autres, mais putain de merde, les années 80 vont-elles me foutre la paix aujourd’hui?

    Un paragraphe de cinq mots.

    Je crois que je l’avais déjà faite, celle-là. Non pas qu’elle était inoubliable, la preuve, je l’ai oubliée. De quoi je parlais, déjà? Pourquoi je me demande de quoi je parlais? Bloup. Bloup.

    Monde de merde, comme disait l’autre.

    Mais la merde.

    C’est nous.

    C’est vous.

    C’est tout.

    C’est tout. Vos gueules.


  • Admin

    Le ficus poussait péniblement au gré des maigres lueurs qu’il parvenait à capter. Il criait, criait encore. “Bouge de là, négro !” disait-il au nuage balourd et moribond. Oui, lui, là, celui qui faisait pipi sur la chaussée et qui ne daignait même pas arroser son balcon de fortune.

    Alors le ficus sortit sa planche à repasser et se mit à rêver d’autres horizons. Surfer sur des vagues de chemises hawaïennes, sur ces houles de bérets basques dont on vantait la douceur et l’authenticité. Son esprit était agile comme le chat ninja mais enfermé comme du parmesan en sachet. Il était temps. Il se dépota, mit de la terre partout de mon salon (quel connard ce ficus), me fit une feuille d’honneur et partit avec son fer à repasser sous les fanes.

    J’allais vers le pot, esseulé, marron de terre boueuse, un fond de chiure de ficus pour accompagner ma douleur. Il avait laissé un mot : “Le roseau est pliable, le saule est pleureur, mon coeur est cubain et chante Guantanamera. Adieu, grand con !”

    Et je me replantai à côté de mes collègues géraniums.


  • Team

    Il avait fini de jurer. Il s’était fait avoir, et remettait maintenant en cause son existence. Satané renard. Le voilà bien, maintenant, délesté de son bien le plus précieux. Précieuse entité que cet aliment volé, calamité! Vous n’avez pas idée, c’était si choquant, si traumatisant, me voilà alité dans un torrent de sanglots, cloué dans le lit d’une rivière mélancolique.

    Ma question, ma raison. J’en suis meurtri, malade. J’en vomis. J’en pleure. J’en fais des ulcères. On m’a piqué mon fromage, bordel de merde! Et maintenant, je veux mourir. Je veux changer. Je veux devenir poussière, et retourner à la terre, moi le phénix. Je brule sur place, et je ne renais point.
    Mais je veux renaitre.

    Renaitre pour être mieux? Non. Renaitre pour être moi. Moi-même. Ce que je suis. Ce que je ne suis pas.
    J’ai des plumes, il me faut des poils. J’ai un bec, il me faut un museau. J’ai des ailes, il me faut des griffes. Moi vouloir être chat.
    Je veux dormir dix-huit heures par jour. Voire plus. Fini le fromage, je veux boire du lait. Fini les renards, je veux des coups de balai. Fini de voler, je veux me prélasser. Et les arbres, je les garde. Précieux arbres. Je monterai dessus, encore et encore. Mais je ne me ferai courtiser, cette fois. On m’enverra des camions rouges pour me déloger.

    Je suis malade de n’être moi. Je suis malade de n’être chat. Même si l’on me dit que je suis un corps beau, je me trouve laid.

    Prenez-moi en pitié. C’est un peu tard. Mais je n’en demande pas plus.



  • je connaissais l’écriture automatique pour communiquer avec les esprits mais pas celle-ci :p ça a l’air cool à l’occasion je vais m’y essayer 🙂


  • Team

    L’imprudence.

    L’imprudence exige l’importance d’une impudence incompétente. La bonté latente ne mange pas de pain, ni de seigle, ni de sein, ni de paigle.
    L’imprudence t’impose l’impétueux impératif d’imprégner pleinement et âprement l’imprévu imprévisible.
    L’imprudence t’emmerde, plus que tout, au plus haut des cieux, comme l’équipe roquette. Les quiproquettes (petits quiproquos entre amis). Lait qui proquête (quand le lait fait la promotion de la quête). Lek ipro keyt.

    Mais dans tout cela, je m’oublie et je m’enfuis. Plus loin que toi, plus loin que moi, je fais des phrases qui ne veulent rien dire, mais elles expriment entièrement de ma poésie intrinsèque, celle qui donne du sens à ce qui n’en a pas, celle qui donne du sens à ce à quoi l’auteur n’a pas voulu en donner, celle qui donne du sens à la boussole de mon destin et le cardinal de mon univers (probabilité que quelqu’un comprenne cette phrase : à peu près 0,03).
    Mais il ne faut pas abandonner, et ne pas s’abandonner. Et ne pas m’abandonner. L’abandonner. La bande au nez.

    Qui sont aujourd’hui tes prophètes inutiles? Quelle est ton ambition profonde et oubliée? Où sont passés tes rêves de jeunesse? Quand penseras-tu à ne plus penser, ne plus dépenser? Et panser les blessures du paon saigné. Gné. Gné!
    Tout cela est tombé dans les oubliettes. Celles de l’abysse du trou du souterrain du puits de la crevasse dans laquelle tu chutes, tu chois, pas par choix, mais par chance. La chance de laisser derrière toi (enfin, au-dessus de toi (quoique, si tu tombes la tête en face du trou, tu laisses effectivement derrière toi (mais de toute manière, c’est métaphorique, fait pas chier (bon, j’arrête avec les parenthèses, ça devient difficile à suivre)))) cette existence optimiste qui te tuera.

    L’objectif sera inavoué, car inavouable. En tout cas, pour tout de suite. Si demain a lieu, car nos deux mains pourraient être coupées si nous continuons de voler chaque jour à ceux qui méritent la continuation. Le temps est d’argent, littéralement. L’argent d’un peuple permet de lui acheter du temps, de l’espérance, au détriment des dépossédés, ceux qui profitent de chaque minute car ils en ont moins. Tic. Tac. Tic. Tac. Boum. T’es mort.

    Les fragments de mon existence, les fragments de mon corps, ma chair éparpillé sur les yeux humides de cette madame au bonnet phrygien. Et ce gros tas de guimauve qui se déplace péniblement sur mes fragments, pour constituer ses propres fragments de politeia. Et nos fragments de souveraineté, nous les confions à ces fragments d’intégrité. Les fragments de fragments se fragmentent en ce fragment de compréhension de phrase trop fragmentée pour être comprise.
    Il est temps de défragmenter mon esprit, et de reformater mon âme.

    Et désormais, à présent, maintenant il est temps de tenter l’attente dans la tente de la tante de la tantouze qui gazouille frénétiquement et frêlement ses tangentes dans la tajine du Taj Mahal. T’es sérieux, là, auteur?

    Il est surtout temps d’en finir.



  • Un peu marre…

    Un peu marre de ne pas savoir que ce qui va se passer les prochains mois sera facile à vivre ou pas, parce que je sais que de toute façon, ce ne sera pas facile, mais je ne sais pas encore si ça va être très difficile ou juste difficile.

    Le couperet va tomber bientôt, et s’il ne tombe pas, ce sera difficile aussi.

    ah c’est chiant de ne pas savoir “tout court”, de ne pas savoir “comment faire” parce que je ne sais pas encore “quoi faire” ; être dans l’expectative comme on dit, même si je ne sais pas tout à fait ce que ça veut dire, mais j’associe ça à “perplexe”, ce qui est, je sais, un peu débile.

    Oui, marre d’attendre, parce que dans l’attente, on ne peut rien prévoir et que ça m’énerve de faire des hypothèses sur des trucs qui ne vont peut être pas arriver, mais qu’il faut prévoir quand même.

    Et présenter tout cela aux enfants de façon joyeuse et agréable, sortir les bons côtés, qu’elles ne se rendent pas compte de mes doutes, de mes difficultés, de mes angoisses.

    Bref, un peu marre en ce moment, mais ça va passer, ça passe toujours ; en convaincant les filles, j’arrive à me convaincre aussi, un peu.

    Une pensée forte aux amies, copines qui seront là.


  • Team

    C’est reparti, honte à nous tous. Nous ne sommes plus là pour se targuer d’avoir réussi dans ce que nous entreprenions, maintenant nous vociférons à l’envi sans vraiment savoir contre quoi on se bat. La volonté de faire le bien se substitue au désir de mansuétude qui justifie toutes les exactions.
    Les rêves se mêlent aux fantasmes et les épreuves s’invitent dans le quotidien. Nous ne sommes plus les idiots utiles du système, nous ne sommes plus les connards de la majorité, maintenant nous sommes une minorité de moustiques tout juste prêts à se faire bouffer par les plus gros prédateurs qui soient. Qui sont-ils? On ne les voit pas, ils nous bouffent, c’est tout.

    Maintenant, je regarde au loin le ciel et l’horizon, et je me pose toujours cette question : qu’est-ce que nous avons fait pour mériter cela? Et pourquoi donc devrions-nous laisser faire toute cette injustice qui s’installe jour après jour dans notre vie? Notre famille ne vaut-elle pas mieux que tout cet argent volé et jeté par les fenêtres? Notre patrie ne… non, je ne vais pas finir cette énumération. Ça démarrait pas trop mal, ça évolue un peu trop bizarrement.

    Bref, nous sommes des merdes. Je suis une merde, et toi qui me lis, tu es une belle grosse merde. Tant pis si tu es vexé, c’est fait exprès pour te faire chier. Chiure de merde. Zut, je deviens vulgaire. Quelle honte. Quelle impudence. Mais quelle audace.
    Je ne réfléchis même plus. Je vomis sur l’écran. Voilà maintenant que le carquois se remplit des flèches de ton ignorance. Je te méprise, ô mais tellement. Je me méprise moi-même, en fait. Je nous méprise. Dans ma méprise, je maitrise l’expertise qui rejoint ma hantise. Et je me suspends à la tour de Pise, tout en mangeant une pizza à l’ananas.

    D’ailleurs, faut-il prononcer le “s” de ananas? Moi je le fais. Je ne supporte pas d’entendre ce mot sans son “s”. C’est moche. Ça me donne l’impression d’un snobisme recherchant des grosse baffes dans sa gueule. Bon, en vrai, je sais que dans certaines régions francophones, ça se prononce naturellement comme ça, donc c’est pas pour se donner un style. Mais ça m’énerve quand même.
    C’est comme ces branquignoles qui disent “scénarii” au lieu de “scénarios”. Putain, “scénario” est un mot français, et “scenario” est un mot italien qui se prononce “chénalio”, arrêtez de vous la péter et d’utiliser la terminaison italienne! Surtout qu’en plus, les gens qui font ça sont persuadés que c’est du latin. Mais ta gueule, sérieux, fais pas style que tu parles latin quand t’as juste repris un mot qui aurait pu être prononcé par ce bouffon de Materazzi. Allez, va bouffer des gérania et étouffe-toi avec!

    (T’as vu au moins à quel point ça serait con d’utiliser les terminaisons du latin sur des mots intégrés à la langue française?)

    Clé USB. Ce n’est pas une phrase, mais je ne savais plus quoi dire. Il faut dire que l’écriture automatique, c’est quand même un exercice bien débile. On dit des choses qui nous passent par la tête, parfois ça ne veut plus rien dire, comme plusieurs phrases faussement profondes du début de ce texte, alors que c’est juste de la diarrhée claviérale qui m’est sortie comme ça. Et j’invente des mots, aussi, parce que je fais ce que je veux.

    Je peux même faire des paragraphes avec une seule phrase si j’en ai envie.

    Je.
    Peux.
    Même.
    Ne.
    Mettre.
    Qu’un.
    Mot.
    Par.
    Ligne.
    Prout.

    L’inspiration, ça se commande pas, mais ça se monnaye. Je monnaye ton cul aussi. Slurp.
    Je deviens dégueulasse, là.
    On voit que je n’ai plus vraiment d’imagination.
    Plus d’inspiration.
    Plus de valeur.
    Plus de mise.
    Plus de héros.
    Plus de plus-value.
    Plus de plus de plus de plumes.

    Pluie.
    Orage.
    Tempête.
    Nuage.
    Herbe.
    Faucille.
    Marteau.
    Cintre.

    Citron.
    Orange, banane, pamplemousse, matriochka. Triumvirat.
    C’est joli, comme mot, ça, triumvirat.
    Toi aussi, t’es joli.
    JOLIIIIIIIII.
    Et Jolio, dans tout ça? Il est mort?
    Il devient quoi?
    Ses histoires dégueulasses étaient marrantes.

    Dommage, on a tout perdu. Webi a tout effacé. Il a abusé, franchement. J’avais plein de souvenirs sur Livenet. J’avais plein de textes que j’avais pas encore enregistrés sur l’ordi. J’avais plusieurs topics que j’aimais bien relire de temps en temps.
    Webi, t’es méchant.
    Tout ça parce qu’il s’est vexé qu’on décide de migrer de son forum qu’il avait laissé à l’abandon.

    Est-ce que je vais utiliser l’écriture automatique pour régler mes comptes? Sans doute pas une bonne idée.
    Je sens que je suis une bombe à retardement, ceci dit. Je suis plus irritable depuis que j’ai perdu mon boulot. J’ai envie d’engueuler tellement de gens. J’ai envie d’être méchant, odieux, d’insulter des gens. J’ai envie de régler mes comptes. J’ai envie de péter un câble.
    Mais je sais que je n’aime pas ça. Je n’aime pas m’énerver, je n’aime pas me mettre en colère, je n’aime pas me disputer avec les gens. Je ne me suis jamais battu.
    Mais purée que ça me ferait du bien de casser la gueule à quelqu’un, de temps en temps.

    Allez, je vais pas m’énerver sur le clavier, ça n’aurait aucun intérêt.
    Ma vie est chiante. Et je suis aussi chiant que ma vie, à peu de choses près.
    J’ai trente ans, j’en ai déjà marre, j’aimerais que tout rentre dans l’ordre.
    J’en ai marre, je n’aime pas bosser et je n’aime pas ne pas avoir de boulot.

    Je ne vais pas pleurer sur le clavier.
    Je ne vais pas crier sur le clavier.
    Je ne vais pas hurler sur le clavier.
    Je ne vais pas m’endormir sur le clavier.
    Je ne vais pas écrire sur le clavier.
    Je ne vais pas revivre sur le clavier.
    Je ne vais pas revivre sur le clavier.
    Je ne vais pas.

    Je ne vais pas.

    Je vais mieux.

    Je crois.


  • Team

    Écriture automatique, écriture thérapeutique?

    On m’avait dit que la poésie, c’était écrire en exprimant ses émotions. On m’avait dit que les introvertis avaient du mal à exprimer leurs émotions.
    En vieillissant, j’ai l’impression d’être davantage en phase avec mes émotions. Je m’exprime, je mets des mots, je mets des expressions, je mets des gestes, je mets des larmes, du sang, de la sueur, des soupirs. Les simples soupirs. Les longues respirations pour se calmer.
    Et les fantasmes. Les fantasmes qui tournent dans la tête, les scénarios que l’on se fait intérieurement pour imaginer ce qu’on ferait dans telle situation. Comment on aurait pu gérer telle situation, tel évènement.
    Le désir de refaire son enfance, parfois, de saisir des occasions manquées, de régler ses comptes, puis la réflexion. Finalement, cette enfance est très bien comme elle est, car c’est elle qui nous a construit.
    Mais quels regrets, que de choses laissées derrière moi. Que d’oubliés. Que d’oublis. Que de renoncements. Et quelle difficulté pour renouer, quand on souhaite le faire.

    Écriture automatique, exutoire? Pas toujours. Mais écriture automatique, écriture hypothétique?
    Je ne sais pas si ça fait sens.
    Ça fait du bien de se lâcher, parfois, il y a besoin. On en a besoin. J’en ai besoin. Et mes besoins sont complexes, de plus en plus. Je suis en perdition, retrouvez-moi. Je serais presque prêt à croire en Dieu si je n’étais pas convaincu que c’est une connerie.
    Je crois au destin, mais parfois je ne comprends pas ma vie. Ce que je suis censé être, censé faire, censé avoir.
    J’ai des hontes, j’ai des regrets, j’ai des reproches. Parfois j’ai l’impression d’être méchant. Je suis gentil, humaniste. Mais méchant. Salaud. Je fais du tort.
    Je n’aime pas tout le monde. J’essaie d’être aimable avec tout un chacun, dans la vraie vie du moins. Mais il y a tellement de gens que je n’apprécie pas. Je déteste très peu de monde, hein. Mais je règle mes comptes dans ma tête avec pas mal de gens.
    Je m’imagine en train de péter mon câble contre certaines personnes qui m’ont irrité. Je ne le fais jamais, pourtant.
    Est-ce par manque de courage? Je ne suis pas sûr, au contraire j’ai l’impression de faire preuve d’une certaine maturité en ne m’engueulant pas facilement avec les gens ou en ne tentant pas de corriger les défauts des gens autour de moi. Peut-être aussi parce que je n’aime pas qu’on essaie de corriger mes défauts.
    Pourtant je les corrige, mes défauts.
    Mais je n’aime pas être coaché. Raah, je déteste être coaché. Je déteste que quelqu’un se mette en tête de décider de mon planning, de comment je dois organiser mon temps libre, de ce que je dois faire, de comment je dois me sentir.
    Foutez-moi la paix, sérieusement. J’ai besoin de soutien, pas de contrôle.

    Je déteste les pep talks, je déteste qu’on essaie de me booster, de me secouer, il n’y a rien de plus efficace pour me paralyser complètement. Je suis une machine bizarre, dès qu’on me secoue un peu, je ne fonctionne plus. Je me braque sans rien dire.
    Une façon de gérer le stress? J’ai déjà entendu parler d’une gamine, une toute petite, qui bougeait très lentement parce qu’elle avait des parents très speed. Est-ce que je suis comme cette gamine? J’étais un gamin lent, après tout, ça m’a valu pas mal de baffes de la part de mon instit de CE2.

    Exutoire? J’en ai rédigé, des exutoires. Dont un que je n’ai jamais relu, qui traine quelque part sur mon ordi. L’idée était de sortir de ma tête des faits qui me torturaient, qui m’envahissaient quotidiennement, une sorte de traumatisme qu’il fallait que j’évite de me remémorer sans arrêt parce que j’étais sans arrêt en train de me justifier sur les malheurs qui m’arrivaient.
    Et pourtant, je continue d’y penser. Ça fait presque trois ans que j’y pense tous les jours, je pense. Enfin, à force, je ne me souviens plus si j’y pense réellement tous les jours, mais j’ai encore cette impression-là.
    Ceci dit, ça m’avait quand même permis d’aller mieux, donc ça n’a pas été une perte de temps.

    Écriture automatique, écriture nostalgique. Non, pas tout à fait, mais la nostalgie s’est effectivement installée il y a quelques semaines. Bon, ça commence quand même à passer. Mais l’idée était de refaire un peu le tri dans mes souvenirs et mes idées.
    C’est fou, j’ai réanalysé certains évènements de mon enfance et de mon adolescence, et avec le recul, je n’en ai plus du tout la même interprétation. C’est pas inintéressant de se replonger dans ses souvenirs de temps en temps et d’écrire tout ça, avec le prisme du jugement.
    Ça m’a fait du bien aussi.

    Maintenant je balance plein de mots, de phrases, sans me relire, sans vraiment réfléchir, juste pour me défouler.
    Ça fait pas de mal.

    Je pense que je vais arrêter là, quand même, ça devient un peu long.