Un certain Paul Darrigrand - Philippe Besson



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    Un certain Paul Darrigrand

    Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.

    D’un côté, le plaisir et l’insouciance : de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié.

    Après, Arrête avec tes mensonges, Philipe Bessons poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.

    Editions : Julliard – ISBN : 9 782260 052845 – Broché : 211 pages –

    Mon avis : Volodia

    L’histoire nous est racontée à la première personne du présent, ce qui à mon sens, donne plus de force au récit et met l’auteur dans une situation de confidence, même si celle-ci est publique.

    Une photo retrouvée, fait ressurgir le passé. Une période déterminée dans l’existence, ou deux jeunes gens à l’occasion d’une rentrée universitaire se rencontre fortuitement. L’un des deux, assez réservé et voulant s’intégrer au mieux avec ses condisciples. Le second plus hardi, faisant des avances au premier, ébloui par l’audace dont fait preuve son camarade.

    Une amitié s’installe avec une sorte d’admiration du premier pour le second qui fait preuve d’une certaine autorité dans leur rendez-vous pour quelques sorties que ce soit. Le premier tombe rapidement sous le charme du second et l’espoir d’une relation plus intime s’insinue dans son esprit.

    La douche froide intervient lorsque ce dernier lui précise être marié, et alors qu’il s’interroge sur ce qu’on attend de lui, le second lui fait l’aveu, dans un souffle se « sentir bien avec lui ». Leur relation évolue et lorsqu’il lui propose de rencontrer son épouse, c’est avec perplexité et fatalisme qu’il accepte. Un ménage à trois, voit le jour, le maître de ballet étant le second, l’épouse la dupe, et le premier, l’amant secret que l’on cache à l’épouse et au monde, le résigné……

    J’ai beaucoup aimé ce livre, qui en toile de fond d’une histoire sentimentale nous restitue les actualités de l’époque (1988), attentats, émergence du sida. Philippe Besson, je l’ai déjà dit est comme René de Ceccatti, à l’écoute de son moi intime, il est également le vecteur des sentiments des autres, de ceux que l’on garde enfouit au plus profond de soi. Dans ce livre, il y excelle. Il émerge une sensibilité exacerbée et un don total don de soi, lorsqu’il est amoureux (je l’avais déjà remarqué dans ses œuvres précédentes).


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