Boy Erased - Garrard Conley



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    Quatrième de couverture :

    Arkansas 2004, Garrard a dix neuf ans lorsque ses parents apprennent son homosexualité. Pour ces baptistes conservateurs, la chose est inconcevable : leur fils doit être “guéri”. Garrard est alors conduit dans un centre de conversion, où tout est mis en oeuvre pour le forcer à changer. Où la bible fait loi. Où Harry Potter est un livre pernicieux, où écouter Beethoven est interdit. Où on lui inflige une véritable torture mentale pour corriger sa prétendue déviance. Mais comment cesser d’être soi-même ?

    Boy Erased est une immersion glaçante dans l’intégrisme religieux, le portrait d’un jeune gay en plein doute, mais aussi un message d’espoir et d’affirmation de soi.

    Editions : J’ai Lu - ISBN : 9 782290 206416 - Poche : 411 pages -

    Mon avis : ChezVolodia

    Danc ce live autobiographique, Garrad Conley revient sur une période de sa vie d’adolescent et/ou de jeune adulte de 19ans.

    Issu d’une famille Baptiste intégriste très conservatrice d’une petite ville du Sud des Etats Unis, Garrad est un jeune homme semble-t-il sans problème. Il aime et est aimé tendrement par ses parents, ainsi que par sa communauté auxquels il s’efforce de faire honneur. Depuis son enfance, il fréquente une jeune fille Chloé que tout le monde considère comme sa petite amie. Et son père, prédicateur évangeliste est en passe de devenir le pasteur de leur congrégation.

    Au cours de sa première année d’université, un de ses condisciples le viole. Pour se dédouaner et éviter les conséquence de son acte ignoble, il téléphone aux parents de Garrard leur révélant l’homosexualité de leur fils. Inacceptable pour cette famille pieuse à la limite de la bigoterie. La menace est claire, soit leur fils change, soit il quitte leur domicile et renonce à l’avenir professionnel ambitionné, le père refusant de payer ses études.

    Bon gré, malgré, Garrad accepte de suivre une thérapie devant le remettre dans le “droit chemin”. Pour ce faire, il doit passer deux semaines, en journée, dans un centre privé spécialisé dans les addictions, quelles qu’elles soient. L’homosexualité menant à la pédophilie, la zoophilie, l’alcoolisme, la drogue et pour finir le sida, les méthodes employées pour “guérir” les patients, sont : l’humiliation, la haine et le dégoût de soi, pouvant aller jusqu’au suicide. Le tout mené tambour battant par des pseudos thérapeutes/coachs - sans diplôme de médecine, ni de psychiatrie - leur passé d’ex quelque chose faisant office de références.

    La discipline, ajoutée à la crainte de perdre l’amour de leurs parents et de celui de Dieu, sont telles qu’elles poussent les patients à s’autoflageller, remontant dans l’arbre généalogique de leur famille pour trouver les causes de cette homosexualité, s’inventant des péchés, lorsqu’ils n’ont plus rien à avouer sous l’insistance disons le perverse desdits coachs, constituent une pression psychologique mortifère. Considérant que l’homosexualité est acquise et non innée, la véhémence de leurs propos l’isole, le font douter de sa santé mentale.

    Au fil du récit, on ressent parfaitement le désarroi de Garrard, ses doutes, sa culpabilité, sa détresse et son désir de devenir “normal” afin de retrouver la fierté de ses parents, sa place dans la communauté. Mais également, son désir et son besoin d’affirmation de soi.

    J’ai beaucoup aimé ce livre, et j’admire l’auteur de m’avoir tenu en haleine pendant toute sa lecture. Moi qui ne suis pas religieux ce n’était pas gagné, car tout le récit tourne autour de la foi, du péché. J’ai ressenti, cependant un décalage entre l’année ou se passe ces évènements 2004, et les images que je voyais défilés en lisant ce livre. En effet, j’avais l’impression que l’histoire se passait en 1950 tellement cette communauté me paraîssait arriérée…


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