Faut-il aimer la France?


  • Team

    Petite réflexion que je me fais depuis un bout de temps.

    Le fait d’aimer la France ou non semble avoir pas mal d’enjeux à différents niveaux de la société.
    Pour faire vite, aimer la France, c’est bien, ne pas aimer la France quand on est français, c’est caca.

    Et vous, qu’en pensez-vous?
    Aimez-vous la France? Vous sentez-vous “patriote”? Quel sens donnez-vous à ce terme?
    Et quelle est votre opinion sur le patriotisme? C’est bien d’être patriote? C’est pas bien de ne pas l’être?
    Y a-t-il certains contextes où il est inacceptable de ne pas aimer la France?



  • Je ne demanderai pas aux autres français d’aimer leur pays autant que moi qui me considère patriote, simplement de ne pas le détester.


  • Team

    Petit supplément que je n’ai pas osé mettre dans le message d’intro.

    Le premier exemple qui me vient en tête est celui des footballeurs et sportifs en général, car très médiatique. Certains sportifs ont osé déclarer publiquement qu’ils n’avaient pas d’affinité particulière pour la France. Karim Benzema est souvent critiqué parce qu’il ne chante pas la Marseillaise en début de match. D’autres sportifs se sentent parfois obligés de déclarer leur amour pour la France, comme si c’était un pré-requis pour évoluer au sein de l’équipe de France.
    D’ailleurs, dans les délires journalistiques sportifs, ou dans les commentaires d’internautes, on va parfois parler de “l’amour du maillot”, un peu comme si le patriotisme permettait de gagner des matchs (donc, si on perd un match, c’est peut-être qu’on n’a pas assez prié aimé la France).

    Autre exemple qui me vient en tête, celui des “jeunes de banlieues” (ouuuuuh). Souvent, ceux que l’on appelle parfois les banlieusards sont des gens issus de l’immigration, à la deuxième ou troisième génération, qui se revendique parfois davantage de leur origine que du pays où ils vivent. Sans forcément aller dans les excès du type “Nique la France” ou autre, il est clair que le sentiment patriotique n’est pas prédominant dans ces quartiers-là.
    De ce fait, ne pas aimer la France devient un tort. En gros, la France, tu l’aimes ou tu la quittes (comme si c’était si simple). Il faut aimer la France, car ne pas l’aimer, c’est faire preuve d’ingratitude envers son pays qui nous a élevé. Ne pas aimer la France, c’est aussi être un peu un traitre. Il y aurait donc un devoir de loyauté envers la France qui s’imposerait à tous.
    Mais voilà, la France est-elle loyale envers chacun de ces citoyens? La France, c’est les Français, les politiques qui la représentent, l’État, la police, etc. Or, il est difficile d’aimer un pays qui nous rejette, qui fait de nous des victimes de racisme, d’abus policiers ou de déclarations politiques haineuses. Et pourtant, c’est souvent ces gens haineux qui réclament qu’on aime la France (donc en gros, je t’insulte, puis je te demande de m’aimer).

    La politique essaie de se mêler du sentiment patriotique. Mais parfois, cela se fait un peu sous forme d’incantation, car on peut avoir l’impression que quand un responsable politique dit “Aimez la France”, ça veut dire “Aimez-nous, les politiques”.
    Et ce n’est pas seulement une question de droite ou de gauche : Manuel Valls (qui est censé être de gauche) tentait à un moment d’attribuer la paternité de la “nation” à la gauche, même si historiquement, c’est un peu plus compliqué que ça, et qu’il vaut mieux ne pas affirmer que la nation est le fruit d’un camp ou d’un autre, vu que c’est un concept très flou qui a énormément évolué au fil des époques.
    À l’extrême droite, Marine Le Pen et le FN en général font régulièrement valoir leur amour pour la France (et le fait qu’ils aimeraient donc plus ce pays que les autres politiciens) comme qualité indispensable pour bien gouverner le pays.
    Du coup, à l’inverse, on a une certaine extrême gauche qui n’affirme pas particulièrement d’amour pour la France, puisqu’elle se veut plus portée sur l’international(e), ce qui lui vaut aussi des critiques.
    Et si on veut aller plus loin, on peut aussi évoquer la question des régionalismes, de ceux qui aiment plus leur région que leur pays, et parfois qui rejettent la France et demandent leur indépendance.

    Donc voilà, quelques réflexions que j’avais sur le sujet.
    Je vais peut-être prendre un peu de temps pour donner clairement mon avis sur le sujet, mais je préfère attendre que d’autres aient parlé avant de monologuer davantage. :sleep:


  • Team

    @Jake-Karsher a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Je ne demanderai pas aux autres français d’aimer leur pays autant que moi qui me considère patriote, simplement de ne pas le détester.

    Justement, c’est ce que j’évoquais dans mon message : est-ce qu’il n’y a pas des choses qui méritent d’être détestées en France?
    C’est sûr que détester la France, ça n’a rien de constructif, mais après, c’est un sentiment plus qu’autre chose, et c’est un peu difficile de “criminaliser” un sentiment.
    S’il y a un sentiment de haine envers la France, il faut se poser les questions de pourquoi cette haine est présente.

    Certains détestent la France pour des raisons clairement malveillantes (rejet de nos valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité des sexes, le respect des minorités sexuelles, etc.). Donc là-dessus, on n’aura pas de désaccord, je pense.
    D’autres, par contre, détestent la France parce que la France ne leur a pas fait du bien. On dit qu’il faudrait aimer son pays comme on aime ses parents, mais la France se comporte-t-elle comme un parent envers tous ses citoyens?


  • Présidente du Reboot et des endives

    Le patriotisme, c’est un truc que je trouve complètement stupide, je ne comprends pas. Qu’on aime la politique de son pays, les acquis sociaux, la culture ok. Mais qu’on aime son pays parce que c’est le notre non. Il n’appartient à personne, puis de toute façon c’est trop complexe pour tout aimer.

    Et je ne vois vraiment pas l’intérêt de brandir des drapeaux et tout…

    Perso, je vois ça d’un très mauvais œil, et je trouve ça dangereux, c’est être fermé sur soi-même, ça ressemble à du communautarisme,c 'est malsain. On le voit très bien chez les Le Pen, ça pousse à des choses bien moches.



  • Pour moi c’est pas une histoire d’aimer la France pour aimer la France et rejeter les autres, c’est plutot un moyen de communion nationale autour d’un destin commun, ouais tavu je m’exprime avec des mots trop puissant.

    Le meilleur exemple qui existe c’est la communion nationale lors de compétition sportive, ça fait toujours vibrer putain quand tu vois que tout le monde est unis lorsque 11 mecs court après un ballon contre 11 portugais.

    Ou même en ce moment lors des JO, c’est un super truc pour se rapprocher, le mec qui porte le drapeau français il peut être blanc ou noir, il peut avoir des parents ou grand parents qui viennent du magreb ou je sais pas ou, on s’en fout, tout le monde est mis à égalité sous la même bannière, y’a pas meilleur truc pour solidifier une société et casser dans l’oeuf les clivages communautaires. On vibre pareil pour Sofiane le boxeur que pour Jean-Alexandre le mec qui fait du cheval, tous égaux sous la même bannière.

    Après moi ça m’énerve un peu quand on dit France patrie des droits de l’homme blablabla, d’une parce qu’on n’a pas l’exclusivité de ça dans le monde, et de deux parce qu’on a beau être revenu à la démocratie en premier en europe, faut pas oublier que notre pays a fait pas mal de saloperie avec notamment l’esclavage ou la colocalisation. Et encore aujourd’hui, la politique étrangère de la France est assez détestable à bien des égards. Bref à chaque fois que quelqu’un dit patrie des droits de l’homme, j’y vois une énorme arrogance de la part d’un pays qui est loin d’être parfait.

    Après y’a un truc qui me saoule tellement c’est quand on vient critiquer la marseillaise sur ses soits disant paroles de guerre :lecid:
    C’est un chant de guerre ouais, mais faut quand même resituer, après la révolution française le pays a été attaqué par les royaumes autour qui voulaient mater la démocratie dans l’oeuf avant que l’idée se répande en europe, c’est dans cette guerre qu’est né la marseillaise. C’est un chant de défense et pas d’attaque, il y avait pas l’idée d’annexer un territoire voisin ou de massacrer un peuple, juste de défendre notre liberté fraichement acquise. Les gens la chantaient pour aller au front et le “sang impur” qui fait tant jaser, c’est celui des français justement, le sang est dit impur pour marquer l’opposition avec le sang dit pur des nobles. Voila, la marseillaise tu peux pas la test, dans son thème comme dans son texte, dans sa symbolique comme dans sa mélodie, y’a pas plus puissant comme hymne.

    Et sinon bien sur c’est dommage que le patriotisme soit vu comme un vecteur d’exclusion à cause des Le Pen and co, ça devrait être vu comme un vecteur de meilleur vivre ensemble.



  • @FionSuperstar a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Le patriotisme, c’est un truc que je trouve complètement stupide, je ne comprends pas. Qu’on aime la politique de son pays, les acquis sociaux, la culture ok. Mais qu’on aime son pays parce que c’est le notre non. Il n’appartient à personne, puis de toute façon c’est trop complexe pour tout aimer.

    Et je ne vois vraiment pas l’intérêt de brandir des drapeaux et tout…

    Perso, je vois ça d’un très mauvais œil, et je trouve ça dangereux, c’est être fermé sur soi-même, ça ressemble à du communautarisme,c 'est malsain. On le voit très bien chez les Le Pen, ça pousse à des choses bien moches.

    Moi je suis pas d’accord, la nationalité c’est notre dénominateur commun à tous, c’est le truc qui nous rapproche tous.

    Comme disait si bien Miaouss à la fin de “Pokémon le film” :
    “Peut être qui si on attachait plus d’importance à ce qui nous rapproche plutot qu’à ce qui nous sépare…”

    Après c’est con c’est que cette belle idée d’appartenance à la même communauté, elle est niqué à cause des Le Pen, Sarkozy, Morano et toute la clique des connards avec leurs déclarations médiatique à la con. Ils ont rendu l’idée patriote clivante alors qu’elle aurait du avoir le role inverse de rassembleuse.



  • @FionSuperstar a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Le patriotisme, c’est un truc que je trouve complètement stupide, je ne comprends pas. Qu’on aime la politique de son pays, les acquis sociaux, la culture ok. Mais qu’on aime son pays parce que c’est le notre non. Il n’appartient à personne, puis de toute façon c’est trop complexe pour tout aimer.

    Je ne vais pas répondre à la question de base du topic vu qu’elle ne me concerne pas mais concernant le patriotisme, je suis tout à fait d’accord avec ça.
    Je ne suis pas patriote pour deux sous. Il y a des choses que j’aime dans mon pays mais pas parce que c’est le mien.
    C’est comme pour le sport, je soutiens des sportifs que j’apprécie mais je ne soutiens pas des sportifs parce qu’ils sont de mon pays, je trouve ça assez ridicule et même plutôt égocentrique en fait.
    C’est comme se dire “être fier d’être français, belge, italien, américain, marocain, etc…” je ne comprends pas trop le concept. On peut être fier de quelque chose dont on est responsable mais être fier de sa nationalité alors qu’on n’a pas eu trop le choix, je comprends pas. Je suis contente d’être Belge ou plus largement d’être dans un pays avec certaines libertés, acquis sociaux, …mais pas fière car je n’ai rien fait pour contribuer à ça.


  • Banni

    bah moi j’aime mon pays. Il est loin d’être parfait mais j’aime y vivre. ça n’a absolument aucune valeur de “il est mieux que les autres etc…” C’est là où je suis née, où est ma famille. Comme j’aime ma ville, la campagne où j’ai grandi, la corrèze, terre de mes ancêtres. C’est un ensemble de choses.

    Je ne vois absolument pas le mal à aimer son pays :hum:
    des fois j’ai l’impression, sûrement à tort, qu’on est le seul pays à fonctionner comme ça. Je ne sais pas si c’est une des conséquences du french bashing (fait par les français, les quotidiens, les politiques)



  • @Madarjeen a dit dans Faut-il aimer la France? :

    @Jake-Karsher a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Je ne demanderai pas aux autres français d’aimer leur pays autant que moi qui me considère patriote, simplement de ne pas le détester.

    Justement, c’est ce que j’évoquais dans mon message : est-ce qu’il n’y a pas des choses qui méritent d’être détestées en France?
    C’est sûr que détester la France, ça n’a rien de constructif, mais après, c’est un sentiment plus qu’autre chose, et c’est un peu difficile de “criminaliser” un sentiment.
    S’il y a un sentiment de haine envers la France, il faut se poser les questions de pourquoi cette haine est présente.

    Certains détestent la France pour des raisons clairement malveillantes (rejet de nos valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité des sexes, le respect des minorités sexuelles, etc.). Donc là-dessus, on n’aura pas de désaccord, je pense.
    D’autres, par contre, détestent la France parce que la France ne leur a pas fait du bien. On dit qu’il faudrait aimer son pays comme on aime ses parents, mais la France se comporte-t-elle comme un parent envers tous ses citoyens?

    Remarque d’ordre général, donc pas en lien direct avec ce que tu viens de dire: Aimer son pays ne signifie pas détester les autres nations et cultures. Etre nationaliste signifie être attaché à sa culture et son pays mais également reconnaître les droits des autres peuples à exister et à s’épanouir sur la terre de leurs ancêtres. Je pense que ma posture est la plus respectueuse d’une certaine forme de diversité humaine.
    Contrairement à bien des progressistes, je n’ai pas envie qu’un africain ayant le potentiel pour être cadre ou médecin dans son pays d’origine, vienne vider les poubelles des français.

    Pour répondre à ta question y’a des choses en France qui ne me plaisent clairement pas.
    Je ne vais même pas parler des problématiques purement politiques sur lesquelles j’ai eu l’occasion d’argumenter plusieurs fois.
    J’ai lu un excellent article d’Eric Verhaeghe intitulé "Faut il quitter la France ?"
    http://www.eric-verhaeghe.fr/faut-il-quitter-la-france/
    Il aborde une partie de ces problèmes; Le fait qu’il est difficile pour les jeunes de trouver un emploi qualifié sans copinage ou cooptation, le fait que la génération issue de Mai 68 se soit emparée de tous les postes clefs et refuse de laisser la place. Toute initiative est écartée ou tournée en ridicule. Je ne compte plus les histoires de jeunes types méritants qui ont du s’expatrier pour obtenir un poste à la hauteur de leurs compétences ou donner corps à une idée à laquelle personne ne voulait croire en France.
    Quand tu est jeune, que tu enchaîne les stages et petits boulots en dessous de ton niveau de compétence (Ou que tu ne trouves rien et finisse au RSA), que ta situation financière ne te permette même pas de te loger correctement, que tu constate que des gens bien moins qualifiés et intelligents que toi occupent des postes plus élevés, je comprends les envies de départ.

    Si tu fais référence à l’animosité es banlieues vis à vis de la France, sache que le phénomène existe également dans des pays sans passé colonial comme la Suède, la Norvège et le Danemark, pourtant à fond dans l’idéologie de la diversité et du multiculturalisme.

    La question que ceux qui détestent la France devraient se poser est;
    “Est-ce que le pays ou je serai enterré et ou mes enfants grandiront mérite ma haine, ou ne ferais-je pas mieux de joindre le geste à la parole soit en faisant mon possible pour l’améliorer, soit en faisant mes valises ?”

    Comme l’a dit @Mahya, nous sommes l’un des seuls pays à se poser la question du patriotisme. Demandez à un américain, un chinois, un égyptien, ou un algérien si ils aiment leur pays. Tout le monde est attaché à sa terre, il n’y a qu’en France (Et dans d’autres pays d’Europe comme en Allemagne, Suède, etc…) que cette question suscite réactions gênées et réponses en “Oui mais”.



  • J’aime mon pays, évidemment… “Évidemment”, ça me paraît tellement évident d’écrire “évidemment”… Et puis quand je constate toutes les horreurs partout, je me dis : “Quel bol j’ai eu de naître en France, non mais quel bol !” :lecid:

    Mais bon, aujourd’hui mon pays me gonfle un peu. Je le trouve étriqué dans sa tête, petit bourgeois, pétochard et “pense petit” ! Mais bon, c’est en ce moment, la France s’en remettra car… La France, c’est la France ! :cesara:



  • Etant d’origine mixte, et ayant grandi en partie à l’etranger, j’ai pas eu ce conditionnement qui m’aurait fait “choisir” la France comme mon camp par defaut, ça m’a pas rendu plus intelligent, mais certainement moins con que les gens qui n’ont pas eu ce choix là.


  • Team

    Personnellement, j’aime la France, mais je ne me sens pas patriote. Je ne sais pas si ça a beaucoup de sens. :hum:

    Ce que je n’aime pas, surtout, c’est cette exigence de patriotisme qui existe dans certains domaines.
    Par exemple, on exige que les sportifs aiment la France pour pouvoir jouer dans l’équipe de France. Pourquoi? Un footballeur, on lui demande de bien jouer et de bien se comporter. Pourquoi devrait-il également aimer la France? Pourquoi devrait-on l’obliger à chanter la Marseillaise avant les matchs? À ce que je sache, on ne demande pas aux salariés d’une entreprise de chanter un hymne à la gloire de l’entreprise avant chaque journée de boulot.

    De plus, j’aime la France, mais j’aime aussi la Finlande et le Canada, vu que ce sont des pays où j’ai vécu. Si j’avais décidé de vivre définitivement en Finlande (ce qui est encore une option envisageable), je n’aurais pas arrêté d’aimer la France, et peu de personnes m’en auraient tenu rigueur. Pourtant, quand un Français d’origine étrangère affirme aimer son pays d’origine, on lui en fait le reproche (surtout quand il vient d’un pays à émigration forte).



  • @Madarjeen a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Pourtant, quand un Français d’origine étrangère affirme aimer son pays d’origine, on lui en fait le reproche (surtout quand il vient d’un pays à émigration forte).

    Mouais, c’est plus quand on parle de gens de deuxieme ou troisieme generation qui ont grandi en France toute leur vie, qui pretendent que le pays d’origine de leurs parents leur est plus favorable. Si c’etait le cas, les parents auraient pas emigré en premier lieu.


  • Team

    C’est un bête exemple, mais quand je discute avec des amis ou autre et que je dis soutenir l’Italie plutôt que la Belgique en foot, ou même dire que je préfère la culture italienne, beaucoup me tombent dessus, pourtant j’aime aussi la Belgique, mais il est clair que je ne suis pas du tout patriote. (et je serai bien incapable de fredonner l’hymne national alors que je connais l’italien)

    Bon après je pars du postulat que tu choisis pas où tu nais (comme on ne choisi pas sa famille), du coup je ne suis pas du tout non plus pour l’esprit patriotique, comme l’on développé @FionSuperstar et @nwanda.

    Bon finalement c’est pas vraiment la question de départ, mais je répondrai non. Comme on dit l’amour rend aveugle, aimer uniquement car c’est “son pays” c’est un peu léger, mais au contraire je pense qu’on ne pas non plus “détester son pays”


  • Team

    @DrRictus Oui, effectivement on peut se dire que c’est bizarre que quelqu’un se revendique de l’Algérie alors qu’il n’y a jamais vécu, qu’il y va juste une fois de temps en temps pour rencontrer ses cousins qu’il connait à peine.

    Après, d’un autre côté, quand quelqu’un grandit dans un contexte où tout lui rappelle qu’il est un “étranger” (même s’il est français), c’est difficile pour lui de ne pas s’affirmer algérien ou autre.
    C’est un peu comme quand les Noirs américains se font reprocher le fait de tout renvoyer à leur couleur de peau, alors qu’en réalité, c’est plutôt la société américaine qui leur rappelle sans arrêt qu’ils sont noirs, et qu’au final, il n’y a guère que les Blancs qui peuvent se permettre le luxe de faire abstraction de la couleur de peau.



  • @Madarjeen

    Je suis d’accord, je suis franco-tunisien, si je devais me faire controler tous les jours* par les flics ou être considéré avec suspicion par une partie non negligeable de la population, je me sentirais plus tunisien que ce que je pense être ma veritable identité, à savoir celle d’un batard.

    *la seule raison pour laquelle je me fais pas controler tous les jours, c’est parce que dans la famille, on a pas du tout des “têtes d’arabes”. Qu’on me dise pas que le controle au faciès est pas une realité harassante.



  • @Madarjeen a dit dans Faut-il aimer la France? :

    Personnellement, j’aime la France, mais je ne me sens pas patriote. Je ne sais pas si ça a beaucoup de sens. :hum:

    Pourquoi devrait-on l’obliger à chanter la Marseillaise avant les matchs? À ce que je sache, on ne demande pas aux salariés d’une entreprise de chanter un hymne à la gloire de l’entreprise avant chaque journée de boulot.

    La comparaison avec l’entreprise n’est pas forcément adéquate mais je suis d’accord avec le fait que c’est stupide. On aime pas tous la France de la même manière et au final, c’est juste 22 types qui courent derrière une balle, il n’y a pas d’enjeu la derrière.

    Que des racailles brûlent une école et caillassent les pompiers venus éteindre l’incendie parce que “Nique la France”, c’est autrement plus grave.

    Qu’un chef d’entreprise français déclare ne pas avoir d’attache particulière avec son pays et mette 5000 personnes au chômage à la suite d’un plan social, c’est un scandale.

    Qu’un homme politique français établisse un traité organisant le transfert de compétences de l’Etat vers une organisation supra-nationale qui ne représente en rien la volonté du peuple, c’est un acte de haute trahison.


  • Team

    @Jake-Karsher Là je ne suis pas franchement d’accord, le transfert d’autorité de l’État n’a rien à voir avec une histoire de loyauté ou de trahison, c’est juste une évolution du concept de l’État (concept qui d’ailleurs est beaucoup plus récent qu’on ne le pense, surtout sous sa forme actuelle). L’État souverain n’est qu’une fiction juridique comme une autre, pas un principe suprême gravé dans le marbre.

    D’ailleurs, ça montre aussi que les notions d’État et de patriotisme sont beaucoup plus variables qu’on ne le pense, que ce soit d’une époque à l’autre ou d’un endroit à l’autre.
    Nous vivons dans une région du monde où le pays est étroitement lié à la culture et au sentiment d’appartenance. Un Belge se sent belge, un Français se sent français, un Allemand se sent allemand (malgré le passif historique qui fait que s’affirmer patriote en Allemagne est compliqué).
    Un Américain se sent américain, mais un Texan va davantage s’affirmer du Texas que des États-Unis. Un Clermontois qui voyage ne va pas dire “je suis auvergnat” quand il va croiser un Espagnol. Un Texan qui voyage a des chances de plutôt parler du Texas que des États-Unis quand il va se présenter.

    Dans d’autres régions du monde, le pays n’est qu’une subdivision. Un Finlandais est finlandais, certes, mais il se revendique surtout d’une culture scandinave, et revendique facilement une culture commune avec la Suède ou l’Estonie.
    En Amérique du Sud, le patriotisme se fait plutôt de manière continentale : on est sud-américain avant d’être guatémaltèque ou costaricain, même si le pays reste important.
    D’ailleurs, les pro-Européens tentent d’avoir ce même sentiment sur l’Europe, même si ça marche moins bien (puis il y a le gros problème de démocratie dans l’Union Européenne, qui est très très loin d’être exemplaire).



  • @Madarjeen

    Et un français va se présenter en tant qu’humain en cas de contact avec une civilisation extra-terrestre, on a compris l’idée.
    Les identités et sentiments d’appartenances peuvent être multiples mais historiquement et constitutionnellement, c’est au sein de l’Etat-Nation que s’exerce la démocratie et que se délimite le concept d’intérêt général.

    Quand un homme politique fait adopter un traité organisant le transfert de souveraineté vers une organisation supranationale non-élue, il trahit la hiérarchie des normes qui place la constitution au dessus de tout traité international, il trahit son mandat qui lui impose de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays. Il trahit aussi la volonté du peuple qui s’est pourtant opposé à ce processus lors du référendum de 2005.

    80 % des lois adoptées à l’assemblée nationale sont des transpositions de directives communautaires, cet état de fait est le résultat d’un processus véritablement entamé en 1986 avec l’Acte Unique Européen. Vint ensuite Maastricht, puis Nice, puis Lisbonne.
    Il suffirait donc de transférer des attributs de pouvoir petit à petit pour qu’on passe de la trahison à “l’évolution du concept de l’Etat” ? Ca serait trop facile, surtout que le concept d’évolution fait référence a un processus naturel et spontané, la il s’agit de choix humains, ce sont des gens qui ont activement rédigé des textes normatifs qui déterminent l’Etat du droit constitutionnel et communautaire d’aujourd’hui.


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