L'Aurore (Sunrise)



  • Que dire sur ce film ?
    Que c’est juste superbe, c’est ça le 7e Art.

    1 heure après son visionnage j’étais encore ému, ça fait tellement longtemps qu’un film ne m’avait pas fait ça ! :fock:

    Car oui ce qui domine c’est l’émotion, car tout est construit sur des contrastes qui basculent nos sentiments d’une extrême à l’autre Un mélodrame aux images superbes, et surtout l’actrice est vraiment formidable, au delà de sa beauté, elle est surtout très douée pour transmettre ses sentiments.Elle dégage une douceur angélique qui évidemment s’oppose à la dureté de la maitresse. L’allégorie de l’homme confronté au choix entre le bien et le mal. Une blonde vs une Brune, vêtue de blanc comme une colombe vs tout en noir de l’autre, etc… Le brave paysan, ensorcelé par la beauté du diable vivra tout le catalogue des émotions, la passion, la colère, la folie meurtrière, le remord, la honte, la joie, l’allégresse, la douleur, etc…

    la ville

    Comme quoi le muet n’a pas fini d’épater des générations de cinéphiles.

    Il y a de nombreux thèmes abordés, mais je pense que Murnau a surtout voulu provoquer de l’émotion et c’est bigrement réussi. Il est évident qu’il a inspiré de nombreux réalisateurs avec forcément “l’ange bleu”, qui traite aussi des ravages des femmes fatales. Mais esthétiquement on a l’impression de voir du Carné, avec “le jour se lève” , l’aurore quoi .=|

    Ce qui est beau dans cette histoire c’est que le désastre du début aboutit en fait à la renaissance de l’Amour des époux qui passent une journée de réconciliation qui ressemble aux premiers instants d’un amour neuf, ils sont comme des jeunes tourtereaux et rient sans cesse, probablement le cerveau qui vit une allégresse du fait des douleurs endurées auparavant, un peu comme une épine qui vous fait souffrir, puis qu’on vous retire, il s’en suit une euphorie de fin de la douleur.

    Formidable scène du mariage où l’homme réalise sa trahison, le gros plan où il pleure est tout simplement le 1er homme qui pleure du cinéma. Les mots du prêtre cinglent dans sa tête comme des couteaux: [i]“tu l’aimeras, tu la protègeras, etc…” [/i] sincèrement ému et repentant, la femme décidera de la pardonner.

    Tordante scène chez le photographe, avec la statue sans tête qu’ils croient avoir cassée.

    Désopilante fête foraine, notamment la traque du porcelet 😃

    Le film bascule du triste au tragique puis dans le carrément loufoque, du coup nos émotions n’ont aucun temps mort.

    De toute façon, je n’ai pas assez de talent scripturaire pour exprimer clairement ce que j’ai ressenti :love:

    François Truffaut le qualifiait:"le plus beau film du monde"

    ⭐ ⭐ ⭐ ⭐ ⭐