Libra : la France s’oppose au développement de la monnaie de Facebook


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    … « sur le sol européen »

    Bruno Le Maire a fait part de son hostilité envers ce projet de cryptomonnaie, estimant que « la souveraineté monétaire des Etats est en jeu ».

    « La souveraineté monétaire de nos nations est en jeu », a résumé Bruno Le Maire, jeudi 12 septembre, en introduction d’un long réquisitoire contre le libra, le projet de monnaie numérique porté par Facebook et vingt-sept partenaires. « Nous ne pouvons pas autoriser son développement sur le sol européen », a-t-il jugé lors d’une conférence à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les cryptomonnaies, ces devises qui utilisent la technologie de transmission d’informations sécurisée « blockchain ».

    « Le libra soulève des risques pour les consommateurs et les entreprises. Et aussi un risque systémique, à partir du moment où il y a 2 milliards de consommateurs », a argumenté M. Le Maire, en référence au nombre d’utilisateurs de Facebook. Libra promet d’adosser sa monnaie à des actifs jugés stables comme le dollar, l’euro, le yen, la livre britannique ou le dollar de Singapour, mais le ministre craint « des désordres financiers considérables ». Il a aussi cité des risques de blanchiment d’argent. Et estimé que, dans les pays à devises faibles, le libra peut mener à une « privatisation éventuelle d’une monnaie qui soulève des risques d’abus de position dominante ».

    Cette nouvelle charge s’ajoute à de nombreux signaux négatifs déjà émis par la France et d’autres autorités de régulation. Lors du G7 des ministres des finances, à Chantilly (Oise) en juillet, les participants avaient déjà exprimé des réticences, et chargé un groupe de travail d’examiner la question. Depuis, dans une initiative conjointe inhabituelle, six autorités de protection des données personnelles – des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie… – et un représentant de l’Union européenne (UE) ont aussi demandé des explications.

    Facebook seul en première ligne

    Parallèlement, la Commission européenne se penche sur les « risques d’atteinte à la concurrence » liés au libra, a révélé l’agence Bloomberg fin août. En effet, cette monnaie pourrait être intégrée aux messageries WhatsApp, Instagram et Messenger. Or, le rapprochement de ces services est préoccupant pour les autorités antitrust. « Libra est proche d’un cartel », a aussi jugé Yves Mersch, membre du comité exécutif de la Banque centrale européenne, le 2 septembre. « Le libra sera très centralisé avec Facebook et ses partenaires comme seuls émetteurs souverains de la monnaie », a-t-il commenté, en référence aux vingt-sept associés de Libra : Visa-Mastercard, Uber, Spotify, Lyft, eBay, Vodafone, Paypal, Free (dont le fondateur, Xavier Niel, est actionnaire du Monde)…

    Article complet : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/09/12/libra-la-france-s-oppose-au-developpement-de-la-monnaie-de-facebook-sur-le-sol-europeen_5509553_4408996.html



  • Décidément, le boulimique Xavier Niel bouffe vraiment à tous les râteliers qui peuvent lui profiter (du minitel de cul à Free et autres propriétés privées).

    Même si la mafia bancaire internationale est trèèèèès loin de ressembler à un modèle de vertu mais surtout génératrice de chaos, de crises et de fractures, remettre entre les mains de Mark Zuckerberg & Partners la gestion d’une monnaie serait synonyme d’emprise et d’absence de contrôle par les états qui déjà sont trop aux ordres des banques “conventionnelles” (en plus, le préfixe “crypto” n’inspire pas confiance, quand on “crypte” c’est qu’il y a anguille cachée sous coffre-fort et arnaques prévisibles à la clé).



  • Vu que c’est la guerre économique entre la zone Euro et les GAFAM, j’aurais trouvé ça étonnant que Lemaire dise le contraire. Il ne fait que suivre les tendances au niveaux du Conseil de l’Europe.

    Mais FB s’en fout je pense de ce que dit Lemaire : à partir du moment où ils font des annonce pour que le modèle économique soit perçu comme crédible par les actionnaires, l’action remontera, et c’est tout ce qui compte.