Annuaire Curlie, appel à volontaires



  • Bonjour tout le monde !

    Je voudrais vous parler d’un vieux projet web qui revient d’entre les morts : l’annuaire internet Curlie.org

    Fin avril, @Ratonhnhakéton vous présentait Needle, un projet de l’université de Lorraine qui propose une alternative aux moteurs de recherche. Je vous conseille de (re)lire ce topic qui présente bien les problèmes reliés à une exploration du web uniquement basée sur l’utilisation des moteurs de recherche.

    C’est un vieux problème qui avait été relevé : les moteurs sont bien plus performants maintenant mais ils ne sont pas suffisants quand on cherche à être un peu exhaustif, qu’on est un peu exigeant ou tout simplement qu’on ne maitrise pas les paramètres avancés de recherche (AND, OR, guillemets, verbatim, les fonctions site:, filetype:, etc). Assez tôt, on a trouvé sur le web ce qu’on appelle des annuaires ou des répertoires qui permettent de référencer et trier des sites en fonction de leur thématique et/ou de leur localisation.

    Il y a plusieurs années naissait DMOZ (acronyme de Directory MOZilla), officiellement appelé ODP (Open Directory Project). L’idée c’était de gérer et alimenter un annuaire gigantesque grâce à une communauté de volontaires, comme l’est Wikipedia. Il y a un cahier des charges assez conséquent qui induit une certaine qualité (même s’il y a eu des écarts au fil du temps… comme Wikipedia). Grâce à ce gage de qualité et comme cet annuaire est libre et que n’importe qui peut en reprendre le contenu sur son site internet, DMOZ a été repris pendant des années par Google pour son propre annuaire (annuaire qui a disparu il y a quelques années).

    Je ne vais pas vous le cacher, le concept de DMOZ a pris un coup de vieux et petit à petit, les soutiens techniques lui ont été retirés jusqu’à sa fermeture il y a une paire d’années. Mais son contenu et sa communauté a survécu et lentement mais surement, les outils ont été préservés et remis en service. Cet annuaire ne s’appelle plus DMOZ ni ODP mais Curlie (me demandez pas pourquoi, enfin, si mais là maintenant, je ne sais pas). On peut désormais proposer de nouveaux sites dans les différentes catégories et surtout de nouveaux éditeurs (les humains derrière) sont acceptés.

    Et là, on a besoin de sang neuf parce qu’il y a beaucoup de boulot. Au fil des épreuves que la communauté a subit, le contenu de l’annuaire a pris un coup de vieux.

    On a besoin de deux types de contributions :

    Du contenu : que de nouveaux sites soient proposés dans les catégories correspondantes. Si votre site internet n’y est pas, si celui de votre boulot n’y est pas, si celle de la boulangerie ou du dépanneur d’ordi du bas de la rue n’y est pas, vous pouvez l’ajouter. Il “suffit” (entre guillemets parce que c’est parfois compliqué) de trouver la bonne catégorie et d’ajouter le site en cliquant sur le bouton “Suggérer un site pour cette catégorie” et de suivre les instructions.

    De mettre à jour les sites qui y sont présents. Simplement en signalant les erreurs en cliquant sur le petit drapeau à droite du site en question (et en suivant les instructions).

    Idéalement, on a besoin de nouveaux éditeurs qui tiennent leur catégorie en ajoutant spontanément de nouveaux sites, en vérifiant ce qui est ajouté par les utilisateurs, en mettant à jour les sites déjà présents.

    Pour devenir éditeur, c’est à la fois simple et compliqué : il suffit de proposer 3 sites pour la catégorie pour laquelle vous voulez postuler. Proposer 3 sites dont proposerez des descriptions qui correspondent aux directives. Et c’est là que ça peut être chiant, à cause du cahier des charges, de ces directives. On tombe dans le wikipédien parfois obtus mais c’est une question de survie. Une fois que vos trois propositions sont acceptées par un vérificateur (qui deviendra votre tuteur), vous serez éditeur de la catégorie en question, vous aurez accès aux forums internes (il y a un forum externe d’ailleurs). Si ça vous gonfle, vous pouvez en rester là, votre compte sera désactivé au bout d’un moment (et sera réactivable si vous en avez envie). Les trois sites que vous aurez proposés seront déjà ça de gagné. Et si vous vous prenez au jeu, vous pourrez postuler pour d’autres catégories.

    Il y a quelques années de ça, je vous aurais simplement suggéré de proposer un site ici et là pour apporter votre pierre à l’édifice mais il y a beaucoup de boulot et un site suggéré risque de s’ensiler avec les autres pendant des semaines/mois/années selon la catégorie. Le plus constructif, c’est de postuler et de tester.

    Bien entendu, plus constructif encore, c’est d’utiliser l’annuaire. Ca n’a pas forcément de sens quand on cherche un hotel ou un bar, il y a des solutions plus interactives, il faut l’avouer. Ou pour prendre rendez-vous avec un médecin (ceci dit, tous ne sont pas sur doctolib). Mais pour avoir un aperçu d’un milieu associatif d’une ville ou sur un sujet scientifique en particulier, ça peut être utile.

    Si vous avez des questions, des remarques, des débats, je suis tout à vous. Si je n’ai pas réponse à tout, je transfèrerai à la communauté de Curlie.

    (Edit : le coup de flip, j’ai eu un message d’erreur quand j’ai validé la publication de mon topic xD)



  • En complément, j’avais écrit un billet sur DMOZ en 2015 sur mon blog, j’y raconte à peu près la même chose qu’ici (sans le côté “promotionnel” mais plutôt ce que j’en pensais). Je vous le transmets parce que je suis encore assez d’accord avec ce que je pensais à l’époque. http://codex.chassegnouf.net/2015/05/dmoz-en-2015/



  • J’y ai pensé pour le Reboot : c’est francophone (et pas franco-français), c’est un forum de discussions et les thèmes sont variés, il faut donc le proposer ici*. Pas besoin de le régionaliser (c’est à dire de le proposer dans une catégorie “France” ou “Europe”). On régionalise quand le sujet l’est (par exemple en sujet spécifiquement dédié à la France ou aux français) ou que l’objet du site est localisé (le site d’un salon de coiffure, d’une clinique, un site sur un parti politique ou sur une appellation d’origine contrôlée, etc.).

    Je précise que si le Reboot n’y est pas encore, c’est que je n’ai pas les droits sur la catégorie en question (ou une des catégories-mères). Je pense postuler pour un truc plus conséquent à moyen terme mais je souhaite finir de traiter les sites des catégories que j’ai déjà.

    *Ou à la rigueur ici mais sans conviction



  • Il va de soi que je suis dispo pour donner des conseils (où proposer un site, quelle description passera, où postuler, etc.).



  • Pas compris ?



  • @peanou a dit dans Annuaire Curlie, appel à volontaires :

    Pas compris ?

    IDem trop technique!



  • Oui mais si vous ne dites pas ce que vous n’avez pas compris, je peux pas vous aider…



  • @Fuong a dit dans Annuaire Curlie, appel à volontaires :

    Oui mais si vous ne dites pas ce que vous n’avez pas compris, je peux pas vous aider…

    C’est un forum?



  • Non, un annuaire web collaboratif. Suffit de cliquer sur le lien pour vite comprendre. Il y a deux forums mais, c’est pour que les bénévoles puissent discuter entre eux ou pour que les usagers puissent poser des questions aux volontaires.



  • @Fuong Et concrètement cela sert à quoi?



  • Ah voilà la vraie question… Pourquoi rester vague et tourner autour du pot ?

    Des annuaires, tu en connais déjà, les pages jaunes, blanches, jadis en version papier, maintenant en version web. Y a aussi les tripadvisor et compagnie, les guides divers. Peux être que tu n’as pas connu le chomage et ce moment où, au Pole Emploi, on t’oriente vers l’annuaire Kompass, un incontournable. Cet annuaire liste les entreprises de France en fonction de leur localisation et de leur thématique et ça te permet d’avoir une liste d’employeurs potentiels. C’est aussi utilisé dans le BtoB (Business-to-business) pour trouver des clients quand on vend du matériel à des professionnels. Etc., je peux décliner encore longtemps les exemples d’annuaires.

    L’intérêt des annuaires, c’est de ne pas perdre du temps à chercher, d’avoir un aperçu rapidement de l’ensemble du champ recherché.

    Là tout le monde utilise les moteurs de recherche quand on cherche quelque chose mais d’une part il faut utiliser les bons mots clés et d’autre part, ce qu’on cherche est souvent noyé dans la masse. Comme le site Raton[…] dans son topic que je cite au début, en utilisant un moteur de recherche, on n’exploite que 0.03% du net. Il y a beaucoup de pertes en ligne.

    Pourquoi un annuaire collaboratif ? Parce que tu dois te douter que constituer ces annuaires prend de l’énergie et que cette énergie se rétribue : soit c’est une utilisation payante, soit il y a de la pub, soit les gens qui veulent figurer sur ces annuaires qui payent d’une façon ou d’une autre (avec de l’argent ou en faisant de la pub en retour, etc.). En étant collaboratif, on se passe de tout ça, c’est du bénévolat.

    En plus il est ouvert et libre, ça veut dire que tout le monde peut réutiliser le contenu sur son propre site. Il suffit que ce soit à jour sur Curlie et que les autres webmasters fassent les choses bien pour que ce soit à jour sur leur propre site à eux.

    Exemple concret : Les établissements (bar et boites) et associations LGBT de Bordeaux. Si tu fais des recherches sur internet, tu vas trouver quelques sites qui parlent en partie de ces sujets (soit les bars, soit les assos) ou qui ne sont pas tous à jour, loin de là. On peut trouver un exemplaire du guide de la pride de 2018 où c’est référencé mais les liens sont pas cliquables, c’est du pdf. Bref, c’est la galère. Ce qui manque, c’est un annuaire qui référence ces sites et met à jour quand il y a des bar/assos/boites qui ouvrent ou ferment. Je parle de cet exemple parce que c’est un besoin réel, mal satisfait, et que je vais probablement m’y coller.



  • @Fuong Ah merci j’ai compris mais c’est que pour les admins/patron de quelque choses alors?



  • Toute initiative contributive est la bienvenue du moment qu’elle ne soit pas convoitée et appropriée par qui-qu’on-sait.

    MZ.png
    — Prems ! J’achète la base sitôt que les bénévoles l’auront bien garnie.

    JB.jpg
    — Pareil. Je surenchéri plus que l’autre tocard ?



  • Les vrais question c’est à mon sens :

    Quelle est le sens d’un annuaire à l’époque ou les moteurs de recherche existent ?

    Quelle chance de réussite a un travail collaboratif de fourmi à l’échelle d’internet et ce à l’époque des algorithmes ?

    Je suis désolé, j’admire ton enthousiasme mais j’ai l’impression que c’est une bataille perdue d’avance contre un moulin à vent.



  • Ben ta première question Ratonhnhakéton y apporte un élément de réponse dans son topic sur Needle (cf lien en haut), je ne vais pas paraphraser.

    Concernant la deuxième question, sache que c’est une pratique toujours utilisée même si c’est peu connu. D’ailleurs, certains annuaires ont été/sont encore repris par certains algorithmes de moteurs de recherche. D’ailleurs, ces algorithmes nécessitent des phases d’apprentissages basés sur du travail vérifié/validé par les humains. C’est peu connu du grand public mais il y a une revalorisation de ce genre de travail (pas que pour les moteurs de recherche, pas que pour internet).

    Ensuite, y a pas bataille, c’est complémentaire, c’est une offre de plus et comme dit précédemment, les annuaires/catalogues ont encore une utilité. Ils changent de forme, c’est tout mais la classification ontologique a encore de beaux jours devants elles.

    Je reconnais que Curlie aurait besoin d’un coup de jeune avec par exemple un système de commentaires (retour d’expérience des utilisateurs), d’un système de localisation/régionalisation basée sur les SIG (systèmes d’information géographiques, des cartes… ) plutôt que cette double classification thème/localisation (concrètement, on met des coordonnées XY/un lieu à un site et on le représente sur une carte) et compléter la classification ontologique par une classification sémantique (par tags/mots-clés) si possible de manière semi-automatisée.



  • Ça me rappelle ces plate-formes (un nom exemple va me revenir, il contient “factory”) qui emploient des personnes pour vérifier/valider des bases de données que les algos ne peuvent faire. Les Indiens (d’Inde) en sont très friands. Pour quelques centimes, c’est à qui choperait le plus vite une mission de ce genre. Ce qui n’empêche pas que les jobs pour casser des cailloux existent toujours, c’est juste un équivalent numérique.



  • Oui, c’est ça !
    https://www.foulefactory.com
    Ou comment profiter de la foule affamée pour morceler les tâches de façon rentable pour le donneur de mission. Une sorte d’uberisation en mode confettis.



  • C’est le retour à ce qu’on appelait autrefois les “journaliers” qui vendaient leur bras aux métayers contre un quignon de pain et un bol de lait rance.



  • Y a des boites françaises où il y a des salariés qui font ça, des agents de saisie qu’ils appellent ça.



  • Maintenant, il font pareil chez Amazon. Pour faire des économies de transporteurs pros, ils sollicitent les voitures de particuliers pour livrer les colis contre quelques pièces. Résultat, toute une foule rafraîchit son appli chaque seconde pour être le premier à choper une oourse.


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