L’intérêt de ce que le gars a fait, c’est de faire un plan de préservation en accord avec les connaissances écologiques locales : une espèce était menacée, il fallait réagir, il savait quoi faire, il l’a fait. Il est biologiste, ce n’est pas un quidam qui a choisi une espèce sur catalogue. Je ne dis pas qu’un non-biologiste n’est pas capable de prendre du recul pour avoir une vue d’ensemble sur le biotope qui l’entoure et la manière de restaurer un peu de santé écologique mais il est indispensable d’être dans cet état d’esprit. Si on veut aller dans ce sens sans faire un travail d’écologue en amont, il vaut mieux rester le moins interventionniste possible, c’est à dire mettre en place les conditions nécessaires pour qu’une nature (pas La nature) puisse s’installer dans un endroit où la pression anthropique était trop forte, votre jardin. Le plus “simple” et le plus durable pour entretenir une biodiversité, c’est de laisser pousser des plantes mellifères de la région. Il peut être difficile de trouver des plantes locales, certaines associations naturalistes en proposent (ils vont faucher dans des prairies alentours). Mais la nature qui prospère dans les prairies alentours n’est qu’une trajectoire de restauration écologique et la nature qui s’installerait spontanément sans pression anthropique en est une autre qui n’a peut-être pas une grande valeur patrimoniale (ie plantes invasives/rudérales) mais elle sera robuste tout comme le cortège d’animaux qui s’associera avec. Mais on ne se rend pas compte de la difficulté de maintenir un truc pareil avec la pression sociale actuelle. Les départements nature des diverses collectivités et entreprises suffisamment grosses essaient parfois de préserver des endroits d’intérêt (comme les zones humides) et d’aménager des espaces où on effectue ce qu’on appelle une gestion différenciée. Mais ces endroits sont économiquement improductifs à court terme et d’apparence sauvage. Le maintien de ce genre d’endroits rend bien des services écosystémiques qu’on peut plus ou moins chiffrer mais ceux qui en bénéficieront ne sont pas ceux qui sont spoliés de la relative improductivité à court terme. De plus, l’aspect sauvage rebute énormément de gens, j’ai pu le constater à mon boulot. Notre responsable développement durable a mis en place une gestion différenciée sur le campus et la majorité des gens sont offusqués par le fait que certaines parties sont fauchées moins souvent, ça va jusqu’aux emails d’insulte. Ca n’est pas présentable (+ ça attire les tiques/rats/serpents) et, là où je voulais en venir, ça ne le sera pas plus dans vos jardins. L’exemple typique, c’est le roncier : c’est une merveille ce truc, ça fournit un abri et des ressources pour plein de bestioles (oiseaux, rongeurs, etc.). Le parterre de plantes fleuries, c’est joli, c’est kikoo mais le roncier bien plus bénéfique, il résisterait combien de temps à notre envie de débroussailleuse ?